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Entretien avec Alan Le Bolloch, fondateur de Basket-BallWorld

Publié par le 19 juin 2017               
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Fondateur du site internet basket-ballworld.fr en 2012, je retrace mon parcours, ma progression et dévoile mes nouvelles ambitions dans le monde du basket professionnel à travers d’une auto-interview.

Quel a été votre parcours ?
Passionné de basket depuis mes 7 ans, j’ai été licencié en club en tant que joueur pendant une douzaine d’années avant de me consacrer pleinement à la rédaction d’articles sur le web et la presse aux alentours de 2013. La majorité des matchs ayant lieu le samedi soir, il devenait compliqué et souvent impossible d’allier les deux tous les week-ends. Malgré tout, je continue de pratiquer le basket de temps en temps. Concernant ma passion pour la rédaction d’articles, j’ai d’abord toujours été grand lecteur de la presse spécialisée basket. Avant d’avoir été abonné successivement aux 5 majeur, Mondial Basket, BasketNews, etc. durant mon adolescence, je lisais toutes les semaines l’un de ces magazines. Pendant longtemps, je me suis surtout intéressé au basket américain avec la NBA. Au fil des années, j’ai développé de nombreuses connaissances sur ce championnat et ses joueurs, ce qui m’a amené à partager mes connaissances et ma passion à travers la rédaction d’articles. Ensuite, j’ai vraiment commencé à m’intéresser de très près au basket français et les divisions à la Pro A après l’obtention du bac, lorsque j’ai débuté à couvrir des matchs de niveau régionaux et nationaux dans mon département, puis dès lors que l’on m’a confié la rédaction de la partie Nationale 1 du guide de la saison 2013/2014 pour le compte du premier hors-série de Basket Hebdo. Parallèlement à mes études, j’ai effectivement eu des opportunités afin de réaliser des stages, piges, etc. pour divers journaux et magazines dont Basket Hebdo. Ecrire dans cet hebdomadaire national était l’un de mes rêves étant plus jeune. En outre, je n’ai pas fait que rédiger des articles dans cette structure puisque j’y ai aussi vendu des encarts publicitaires et des abonnements annuels à la travers la promotion du magazine. Désormais diplômé d’un Master en Management du Sport et disposant également d’un DUT en gestion des entreprises et des administrations, je suis à la recherche d’un emploi dans le milieu du sport professionnel et plus particulièrement du basket si possible.

Quel bilan tirez-vous de ces cinq dernières années ?
J’ai rédigé plus de 5 000 articles, interrogé plus de 200 personnalités du basket, que cela soit des joueurs, joueuses, entraîneurs, dirigeants, etc. : du niveau régional à la NBA. Le basket m’a permis de voyager un peu, découvrir de nouvelles villes et personnes que je n’aurai pas visité et rencontré sans cette activité dans ce sport. Naturellement, j’y ai donc créé un réseau de contacts assez important.
Mes connaissances sur le basket mondial n’ont cessé de se développer au fil des ans, des discussions que j’ai pu avoir avec des acteurs du basket provenant de divers horizons. Parallèlement, Basket-BallWorld a continué à grandir et a atteint son sommet à l’été 2015, avec plus de 25 000 pages vues par jour pendant deux mois. Ce site a contribué à me faire connaitre auprès des différentes personnes impliquées dans le basket en France.
Aussi, ces années m’ont permises d’ouvrir les yeux quant à l’envers du décor dans le milieu du basket professionnel, qui en coulisses n’est pas forcément l’image que les instances veulent dégager auprès du grand public. Certaines choses ont pu entacher ma passion, notamment pour l’équipe nationale, mais ça fait partie du business. Il faut l’accepter et rester professionnel en toute circonstance.

Quelles rencontres vous ont le plus marqué ?
Il y en a pas mal et je ne vais citer que des athlètes NBA car l’impact qu’ils peuvent avoir sur les gens et la société, directement ou indirectement, peut être très important et je pense que beaucoup d’individus n’en ont pas conscience. Certains d’entre eux m’ont apporté source de motivation, d’autres m’ont permis de franchir une étape. La première rencontre marquante est sans doute celle avec Tony Parker en 2008, le jour de mes 14 ans. Je participais à la première édition de son camp de basket en Normandie et il y est arrivé ce fameux mercredi après-midi en provenance de San Antonio. En cinq contre cinq avec ses frères Pierre et TJ, son père Tony Senior ainsi que ses amis Alexis Rambur et Gaëtan Muller, il a affronté tous les joueurs du camp. TP était aussi venu me parler avant le match pour discuter un peu, me souhaiter un bon anniversaire, prendre une photo, etc. Des souvenirs mémorables ! J’ai eu l’occasion de le revoir plusieurs fois ensuite et de l’interroger à travers des conférences organisées par la NBA, mais cette première rencontre restera gravée à jamais.
Plusieurs années plus tard, à 18 ans, j’ai eu l’opportunité d’assister aux dernières minutes d’un entraînement du Cep Lorient, qui avait été promu en Nationale 2 l’année d’avant. C’était une séance très spéciale puisque Nicolas Batum était présent. La saison régulière NBA était terminée avec Portland et il était venu faire une surprise à Camille Eleka, qui est son meilleur ami d’enfance et qui a joué là-bas une saison avant de retourner à Caen. Les deux se rendaient quelques dunks et à la fin du match d’entraînement. Puis, avant de répondre aux questions de quelques fans et de la presse locale, Batum a commencé à rentrer quelques « trick shots » assez loin derrière le panier. J’ai donc eu la chance de l’interviewer pour le quotidien Le Télégramme, l’article est passé en pleine page dans le journal et il y avait même un encart sur la Une parmi les gros titres. Ce papier a fait son effet, j’ai commencé à couvrir l’équipe fanion du Cep Lorient dès la saison suivante et en même temps tapé dans l’oeil de Didier Le Corre, pionnier dans la presse spécialisée basket en France. Avec Pascal Legendre, c’est lui qui avait fondé le premier magazine basket dans les années 1980. Le même jour que la parution de cette fameuse interview, il m’a confié être tombé par hasard sur mon blog et plus particulièrement un article sur Kilian Incrédule. Didier avait bien aimé. Kilian est un meneur de jeu qui évolue maintenant à Cognac en NM2 et qui aurait pu passer par un centre de formation d’une équipe Pro A. A l’époque, il avait 16 ans et je l’avais vu coller une vingtaine de points dont des paniers à trois-points très difficiles et lointains avec l’équipe réserve de l’Etendard de Brest face à une bonne équipe de Pré-Nationale. C’était assez déroutant sachant qu’il mesurait à peine 1m70 et qu’il était tout maigre. J’avais donc décidé de lui consacrer un article. Donc, je pense qu’en partie grâce à ces deux articles, c’est ça qui m’a permis d’intégrer la rédaction de Basket Hebdo quelques mois plus tard, lors de la création du magazine suite à l’arrêt de BasketNews.
Autre anecdote : en ayant fait une demande pour interviewer Rodrigue Beaubois, on m’a proposé un stage pour travailler sur la première édition de l’Appart City Cup, qui a rassemblé le Partizan Belgrade, le Barça et de nombreux NBAers tels que Tony Parker, Boris Diaw, Nicolas Batum, Thabo Sefolosha, Kévin Séraphin, Michael Finley, Corey Maggette. Le dernier trophée de champion NBA remporté par les San Antonio Spurs avait également été ramené dans l’Arena de Montpellier et j’ai pu m’en approcher de très près. C’était assez énorme. Pour la deuxième fois dans ma jeune carrière pro, il fallait être là au bon endroit au bon moment.
Aussi, l’un des deux ou trois premiers joueurs que j’ai interviewé en direct et en face à face est Rudy Gobert. Il était encore espoirs à Cholet, commençait juste à être sur le banc avec les pros et participait alors à un tournoi de pré-saison réunissant des équipes Pro A à côté de chez moi. Sur le match, il avait peu joué si mes souvenirs sont bons mais il avait claqué un énorme contre. C’était le premier événement pour lequel j’étais accrédité, j’avais à peine 17 ans. Je m’en souviens encore très bien et je crois que Rudy était tout aussi intimidé que moi au moment de l’interview. Par la suite, jusqu’à ce qu’il intègre la NBA, on a réalisé d’autres interviews dont la dernière à ce jour pour Basket Hebdo. Ca me tenait à coeur d’en faire une avec lui pour ce journal car à ce moment là, on avait tous les deux beaucoup progressé et réalisé notre rêve depuis notre première rencontre. Entre temps, j’avais assisté à quelques uns de ces matchs avec Cholet, j’avais créé ses highlights qui avaient pas mal fait le buzz sur YouTube (plus de 40 000 vues sur une vidéo avant sa draft). Apparement, il appréciait mon travail. Sa dernière année à Cholet, avant son départ pour les Etats-Unis, il nous arrivait de s’affronter ou jouer ensemble en ligne aux jeux vidéos, à Call of Duty. Il était bien entraîné et c’était amusant. Ce sont de bons souvenirs avec celui qui sera certainement le meilleur pivot de l’Histoire du basket français, mais aussi un athlète qui va marquer l’Histoire du sport français.

Quel regard portez-vous sur le basket dans le monde ?
Je pense que le niveau de jeu entre l’Euroleague et la NBA va continuer de se resserrer au fil des ans. On voit déjà en pré-saison que des équipes européennes sont capables de battre des franchises américaines. Malgré tout, la NBA devrait rester supérieure puisqu’elle attire chaque année à la draft de plus en plus de joueurs internationaux, et l’inflation constante des salaires devrait convaincre les meilleurs européens de quitter leur confort sur le Vieux Continent.
De même, avec la hausse programmé des salaires en D-League, je pense que les équipes de Pro A et Pro B auront plus difficultés à recruter de bons américains, qui préféreront rester dans leur pays avec leur famille et amis au lieu de partir à l’étranger. Aussi, ce changement pourrait attirer en masse des basketteurs européens à la quête de leur rêve américain et de la NBA. A ce sujet, je pense qu’avant cette année, il n’y a jamais eu autant de joueurs passés par la Pro A à y évoluer (Damien Inglis, Livio Jean-Charles, Axel Toupane, Boris Dallo, Gracin Bakumanya sans compter Carl Ona-embo et Ron Mvouika qui ont été coupés en cours de saison).
Une meilleure attractivité de la D-League alliée à une rupture perpétuelle entre la LNB et l’Euroleague pourrait faire très mal au basket français, qui se fait déjà piller chaque année ses meilleurs talents. Pour le championnat Espoirs Pro A, je constate également que le niveau de jeu est clairement en baisse. Depuis deux ans et plus particulièrement cette année, la plupart des meilleurs jeunes ne vont plus au terme de leur cursus, passant directement professionnel en Pro A ou Pro B pour un certain nombre sans une vraie garantie de temps de jeu. Certains décident même de sécher complètement leur trois ou quatre ans d’éligibilité dans cette compétition alors qu’ils bénéficient au mieux de quelques minutes en professionnel. C’est dommage pour le championnat Espoirs français, qui pourrait être très attractif et donc plus exposé.
En outre, la généralisation des passeports de complaisance pourrait également changer le visage des compétitions en clubs mais surtout les championnats d’Europe à travers les équipes nationales qui naturalisent des scoreurs américains.
Aussi, de nouveaux territoires tels que les Philippines sont en pleine émergence. En termes de nombre de fans de basket, leur potentiel est énorme. Enfin, en ce qui concerne plus le côté tactique et technique, le jeu poursuit sa mutation avec le tir à trois-points qui prend de plus en plus d’importance.

Pourquoi avoir décidé de faire une pause l’été dernier ?
Suite à une accumulation d’événements négatifs et une grande part d’incertitude quant à mon avenir, j’avais besoin d’un break pour repartir de l’avant et m’orienter vers une nouvelle direction par rapport à mon activité de rédacteur et mon projet professionnel. Consacrer des heures de travail par jour pendant plusieurs années à quelque chose sans être récompensé au final est très décevant. Au lieu de tout arrêter, j’ai décidé de persévérer tout en prenant du recul et en attendant une véritable opportunité qui me permettra vraiment de lancer ma carrière professionnelle dans le milieu du sport.

Quels sont vos projets à venir ?
Puisqu’il est malheureusement de plus en plus difficile de vivre du journalisme sportif en France, surtout en couvrant le basket-ball qui est quand même le deuxième sportif collectif dans l’Hexagone en termes de licenciés, je pense m’orienter vers un domaine qui diffère un petit peu. Effectivement, à moins d’être salarié à L’Equipe ou de suivre une équipe de Pro A pour un quotidien régional, le job est précaire et il est donc difficile de vivre uniquement de cette activité.
La solution la plus stable et l’un de mes souhaits serait d’intégrer un club ou une agence de marketing sportif, mais j’ai conscience que les places y sont chères. Promouvoir un produit me plait et je pense avoir fait mes preuves à plusieurs reprises dans des structures sportives. De même, travailler pour un équipementier sportif tels que Nike, Adidas, Peak, Under Armour etc., ou alors plus spécifiquement sur la communication et le marketing d’un ou plusieurs athlètes en particulier pour développer sa notoriété et ses revenus commerciaux par exemple, sont des activités qui font parties de mon domaine de compétence à mon avis.
Sinon, faire du scouting, c’est-à-dire repérer les talents de demain pour le compte de clubs ou autres, est quelque chose qui m’intéresse vraiment. Avec la sélection à la draft NBA de plus en plus de joueurs internationaux, les enjeux économiques pour les clubs européens sont importants.
Au niveau du journalisme, mon plus gros rêve reste d’écrire un jour dans un grand média sportif américain à l’instar de SLAM, Sports Illustrated ou ESPN. Les Etats-Unis sont le pays du basket, l’engouement y est nettement plus fort. Je ne sais pas si j’arriverai à concrétiser ce rêve un peu fou, mais au vu de ce que j’ai déjà pu vivre et accomplir jusqu’à présent, je me dis que rien n’est impossible.

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