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Entretien avec Joseph Gomis, entraîneur perso de Nicolas Batum

Publié par le 28 juillet 2017               
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Ancien meneur de jeu au palmarès bien garni (vainqueur de la coupe Korac en 2002, champion de Belgique en 2011, champion de France et MVP de Pro B en 2012, champion de France Pro A en 2014, vainqueur de l’EuroChallenge en 2015), l’ex-international français Joseph Gomis (39 ans) s’est reconverti depuis plus d’un an dans le coaching individuel de basketteurs professionnels. Avec pour mission principale de développer Nicolas Batum, toujours en quête d’une première sélection au All-Star Game NBA. Au cours d’une interview, il nous a parlé de son nouveau quotidien, partagé entre les Etats-Unis et la France.

Tu as récemment lancé ta structure « Jo Go Training ». En quoi consiste-t-elle ?
Je me suis spécialisé dans le coaching individuel, ce qui est beaucoup développé aux Etats-Unis. Ce qui m’intéresse, c’est de faire progresser les joueurs techniquement, que ce soit le shoot, le dribble, etc. tout les aspects du jeu. Mon travail consiste aussi à voir ce qu’il leur manque, l’analyser, étudier le jeu.

Comment s’est déroulé cette mutation professionnelle au terme de ta carrière d’athlète ?
Après ma retraite en tant que basketteur pro, je me suis vite occupé de Nicolas (Batum) aux USA, à Charlotte. Petit à petit, j’ai travaillé avec pas mal d’autres joueurs à Paris durant les étés. Mais principalement, je travaille à l’année pour Nicolas en accord avec l’agence Comsport de Bouna N’diaye, qui est son agent et aussi le mien. On a commencé à travailler ensemble lorsqu’il s’est fait transférer. J’étais avec lui cette année à Charlotte, et normalement je vais repartir là-bas au mois d’octobre.

Est-ce Nicolas Batum qui est venu vers toi pour collaborer, ou bien lui as-tu proposé tes services ?
Bouna N’diaye savait dans quel secteur je voulais me diriger à la fin de ma carrière, on en avait déjà parlé. Ca s’est fait naturellement. Nico en avait besoin, et pour moi c’était l’opportunité de le découvrir, le faire progresser et de passer ce cap qui lui manque.

La période estivale est particulièrement propice au développement individuel des joueurs. Quel est le programme concernant Nicolas Batum ?
Actuellement, Nico revient de vacances. On a travaillé directement en fin de saison à Charlotte. Quand on est arrivé en France, c’était plus axé sur le physique. Lorsque l’on va reprendre les entraînements, ça va être un peu un mix des deux (physique et technique) pour repartir et essayer d’être le plus prêt possible pour le début de saison. Cela va durer de août jusqu’à mi-septembre à peu près. Ensuite, il va repartir aux Etats-Unis pour le training camp.

S’agit-il d’un perfectionnement quotidien ?
On s’entraîne quasiment tout les jours. Si ce n’est que de temps en temps, tu ne progresses pas. Si tu veux progresser, il faut mettre du temps. C’est ce que la majorité des joueurs font, et c’est ce que Nicolas fait. Bien sûr, il a le droit de prendre quelques vacances, c’est l’été. En plus, avec les Hornets, ils ont fini tôt la saison, il n’y a pas eu de playoffs. Il faut regarder le calendrier et bien gérer le temps d’entraînement et de repos car c’est important. On a fait des blocks d’entraînements et de récupération.

Pendant la saison, en quoi le travail est-il différent que durant la trêve ?
Durant la saison, c’est vrai que la façon de travailler est différente. Ca va être beaucoup de vidéo, des petits rappels assez courts sur le terrain après des entraînements collectifs. Avec l’accumulation des voyages, des matchs et des décalages horaires, c’est très compliqué en NBA. Les joueurs qui jouent beaucoup ne s’entraînent pas énormément durant la saison, contrairement à ceux qui ont un faible temps de jeu.

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L’accompagnes-tu lors des déplacements ?
De temps en temps, je le suis lors des matchs à l’extérieur. C’est surtout lors des matchs à domicile que je suis présent.

Dans l’approche du perfectionnement individuel, en quoi les Etats-Unis sont-ils très différents par rapport à la France ?
Aux USA, le pays est beaucoup plus grand, c’est très développé avec la NBA. Chaque joueur quasiment a son coach personnel, et ce, depuis tout jeune. Même les jeunes investissent dans des coachs. C’est un secteur qui est très développé aux Etats-Unis. Je ne dis pas qu’ils ne le font pas, mais dans un groupe, le coach est beaucoup axé sur le collectif. Il y a deux coachs pour douze joueurs, ce n’est pas assez et n’ont pas vraiment le temps pour le travail individuel. En tant que joueur NBA, tu es obligé de prendre de ton temps pour progresser individuellement. C’est là que l’on intervient pour pallier un peu les défauts, améliorer par exemple le shoot, le dribble, le jeu dos au panier, la vision.

Envisages-tu de rejoindre à terme le staff d’une équipe professionnelle en Europe ou en NBA ?
Pourquoi pas, c’est dans un coin de ma tête. C’est comme dans tout, j’aimerai évoluer. J’ai des perspectives, notamment de voir en haut et d’intégrer pourquoi pas un staff NBA. Maintenant, je ne connais pas tout du basket. Je continue à apprendre, notamment en NBA. Je continue à donner le maximum pour faire progresser Nicolas et les joueurs que j’entraîne en France.

Avec cette nouvelle activité professionnelle, continues-tu toujours à pratiquer le basket en parallèle ?
J’ai arrêté le basket en compétition. Quand j’ai pris ma retraite, je ne me suis pas engagé pour un autre club. Ca me manque même si ça reste que du basket. Ce que je fais maintenant, c’est autre chose bien sûr, mais j’essaye de rester le plus en forme possible. Lors de mes séances de coaching, je ne dis pas juste aux joueurs « fais ci, fais ça », il faut aussi être capable de montrer, de défendre, de proposer autre chose. Je dois rester en forme.

En tant que basketteur professionnel, tu as presque effectué 20 saisons professionnelles, de tes premiers pas en Pro B en 1994 à ta retraite en 2015. Comment expliquer une telle longévité ? Quels conseils donnerais-tu aux sportifs pour durer aussi longtemps ?
Il faut prendre soin de son corps. Le basket et le sport de haut niveau en général, c’est difficile. J’essaye d’avoir une hygiène de vie parfaite, de ne pas trop sortir, de bien manger et récupérer.
Je me renseignais sur la nutrition, sur la récupération, le sommeil, sur pleins de choses pour être au top tout le temps. Quand on a l’opportunité de jouer à haut niveau, je me dis qu’il faut se donner tout les moyens pour être au top. Aujourd’hui, on me dit que je peux encore jouer. Mais être sportif professionnel demande beaucoup d’heures d’entraînements également. Je suis parti sur un autre projet.

Utilises-tu cette expérience accumulée en dehors des parquets dans ton nouveau métier ?
C’est un tout. Quand j’entraîne, je transmets aussi l’expérience que j’ai acquise durant ma carrière, ainsi que celle que je continue à acquérir en NBA et dans d’autres situations. On me dit que j’ai fait une bonne carrière. Pour moi, j’ai réalisé une carrière correcte. J’aurai voulu aller en NBA et gagner un titre, à la Tony Parker. C’est ça une grande carrière. J’ai fait une petite carrière en essayant de tout donner. Aujourd’hui, j’essaie de redonner ça pour que les joueurs arrivent le plus haut possible en étant le meilleur joueur possible, et fassent la meilleure carrière possible. Une carrière est courte, donc il faut la rentabiliser rapidement.

Personnellement, quelles sont les meilleurs souvenirs de ta carrière ?
Les meilleurs souvenirs, c’est de gagner. Quand tu pratiques un sport collectif, c’est vraiment difficile de gagner. Quand tu gagnes, c’est un soulagement vis à vis de tout le travail que tu as fourni. Que cela soit la coupe Korac avec Nancy, après avec Nanterre et Limoges, ce sont vraiment de grands moments quand tu soulèves un trophée. Derrière tout ça, il y a un sacrifice, du travail, toute une ville, un peuple.

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