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ITW Anthony Goods : « Quand je suis rentré à la maison, toutes les universités m’appelaient »

Publié par le 20 février 2018               
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L’arrière shooteur américain du PB86, Anthony Goods (1m91, 30 ans), raconte sa carrière sans langue de bois mais parle aussi de ses activités extra-sportives, comme la création et la gestion de son podcast « Eurostep ».

Peux-tu te présenter ?
Je suis Anthony Goods. J’ai été à l’Université de Stanford aux Etats-Unis. Après Stanford, j’ai joué en D-League, en Italie, au Vénézuela, en Ukraine, Israël, en France – à Cholet deux fois, et j’ai joué à Pau aussi – en Pologne, en République Dominicaine. J’ai été partout.

Comment as-tu commencé à jouer au basket ?
J’ai commencé quand j’étais jeune. J’avais l’habitude de jouer avec mon père. Dans mon quartier, il y a beaucoup d’enfants qui jouent régulièrement au basket-ball. Je voulais être le meilleur joueur. On faisait des 1 contre 1. J’ai simplement continué à jouer. Ma mère m’a inscrit dans une ligue. J’ai adoré, je n’ai jamais arrêté de continuer à jouer au basket. Et je suis devenu bon.

En NCAA, tu as joué pour l’Université de Stanford. Comment as-tu été recruté ? Quel a été le processus ? As-tu joué en AUU?
J’ai joué en AAU. C’est quelque chose de très politique. Parce que j’ai toujours été recruté par Stanford. Quand j’étais jeune, durant ma deuxième année de lycée, Stanford était déjà là. Ma troisième année au lycée, Stanford réalisait une superbe année, ils étaient classés numéro 1 du pays. J’ai été à un tournoi AAU et j’ai très bien joué. Je ne sais pas qui était dans les autres équipes. Tout ce que je sais est quand je suis rentré à la maison, tout le monde appelait sur mon téléphone: Kansas, Georgia Tech qui venait tout de remporter le championnat national, Arizona, toutes ces grandes écoles venaient pour me parler. Ils ne m’avaient jamais parlé avant. Après un week-end, tout le monde était en train de venir vers moi. Je disais quelque chose du genre « je ne vous connais pas, vous m’aimez maintenant mais allez-vous m’aimer plus tard ? ». Donc j’ai décidé d’aller à Stanford parce que ils étaient toujours là, et c’est une école superbe et très intelligente. Quand tu arrives à l’Université, tu dois recommencer à zéro. En tant que jeune gars, tu dois travailler, travailler, travailler. Je n’ai pas vraiment commencer à jouer avant la fin de ma première saison. J’ai commencé à avoir un petit peu de temps de jeu, mais la ligue dans la laquelle j’évoluais était très difficile. Chaque nuit, il y avait au moins un joueur NBA sur le terrain : Russell Westbrook, Kevin Love, James Harden, Darren Collison, etc. Je peux continuer de citer des noms les uns après les autres, la liste est longue. C’était très compliqué mais fun. J’ai apprécié.

Au début de ta carrière pro, tu as principalement joué en D-League. A cette époque, pourquoi n’es-tu pas allé à l’étranger ?
Ma première année, quand j’ai quitté l’Université, j’ai eu une blessure. J’ai eu une offre pour aller en Espagne. Je n’y suis pas allé car avec ma blessure, je ne savais pas si j’étais en mesure de jouer ou non. Donc j’ai été en D-League. J’ai essayé de jouer là-bas mais ma blessure me faisait trop mal, donc je me suis fait opéré et été out durant la majorité de ma première année. Ensuite, lors de ma seconde saison, je n’avais pas reçu d’offre de l’étranger car je n’avais pas joué. Je suis retourné en D-League, j’ai eu une superbe saison cette année-là. J’ai décroché mon premier travail à l’étranger au Vénézuela. L’année suivante a été l’année du lockout NBA. Beaucoup de joueurs NBA sont partis à l’étranger, c’était fou. Le marché était fou, je n’ai pas eu d’offre. Donc je suis de nouveau allé en D-League, et j’ai été au camp d’entraînements NBA d’Oklahoma City. J’ai été le dernier coupé. Ils m’ont renvoyé à la maison lors du tout dernier jour. Après ça, j’ai signé en Italie et suis arrivé en Europe. Voilà comment ça s’est passé.

Penses-tu que la D-League est un bon choix pour un basketteur dans l’objectif d’atteindre la NBA ?
A cette époque, c’était plus facile d’aller en NBA parce que maintenant, les règles ont changé avec le « two ways contract ». Aujourd’hui, chaque équipe a deux rookies et deux « two ways contract ». Pour être appelé, tu dois attendre que quatre gars se blessent. Avant, si quelqu’un se blessait, ils t’appelaient et tu y allais. J’avais un coéquipier, je me souviens que nous nous entraînions avec lui à 10h du matin, et ensuite à 19h, nous étions en train de la regarder jouer avec les Celtics sur la chaîne TNT à la TV. Ca s’est passé très rapidement. Ils l’ont appelé à midi, ils a pris un avion pour Denver et il était en train de jouer. C’était mieux avant pour aller en NBA. Désormais, je pense que ça va être plus dur, plus difficile, mais je pense que la D-League est bonne car il y a beaucoup de talents. Les coachs et les ressources que tu as là-bas sont très professionnels. Les équipes NBA essayent d’en faire de petites équipes NBA. Cela peut être bon pour ton développement pour t’aider à devenir meilleur, mais les salaires sont mauvais. C’est différent.

Depuis le début de ta carrière de basketteur professionnel, tu as toujours joué pour au moins deux équipes durant la même année. Comment l’expliquer ?
Oui, c’est fou. C’est super pour mes podcasts. Je connais tellement de joueurs parce que j’ai été dans tellement d’équipes. J’ai eu dix ou douze coéquipiers dans chaque équipe où j’ai joué. Parfois, les gens me demandent des choses comme « oh, es-tu fou ou es-tu un mauvais garçon ? » tu sais. La majeure partie du temps, les choses sont différentes. La première fois que je suis allé en Italie, ils ne m’ont pas payé pendant des mois. Je n’avais pas d’argent, j’avais tout dépensé, je ne pouvais pas rester là-bas. Donc je suis parti. L’année suivante, j’ai été en Ukraine, et l’équipe nous a dit « nous n’avons plus d’argent, vous êtes libres, partez ». Donc tout les américains sont partis. Il y a eu deux ou trois fois où je ne jouais pas bien, et ils m’ont coupé. Je comprends ça. Mais beaucoup de fois, ce n’est pas de ma faute. Chaque année, c’est une situation différente. Je souhaite et j’espère que cette année sera l’année où je resterai avec une équipe du début à la fin de la saison. Mais chaque année, quelque chose se produit. Peut être que c’est ma vie. C’est la vie, je ne sais pas. C’est simplement comme ça que ma carrière s’est déroulée jusqu’à présent.

Tu as joué en Europe mais aussi en Amérique du Sud. Comment ça fonctionne là-bas ?
Le championnat en République Dominicaine se déroule durant l’été, au Vénézuela ça commence en Janvier/Février et ça finit en Juin/Juillet. Tu peux jouer dans ces ligues durant l’été. C’est différent. Le jeu est plus physique, il n’y a pas beaucoup de fautes sifflées. Partout où tu vas, c’est un basket-ball différent. Ici, en France, c’est très structuré, on pratique un basket intelligent. Pour la majeure partie, c’est un jeu très réfléchi, c’est un bon basketball et j’apprécie. En République Dominicaine, ça joue plus en un contre un, c’est plus axé sur le talent individuel. Ils veulent que tu fasses des actions et que tu scores. Mais c’est vraiment physique. Les arbitres ne sifflent pas les fautes, ils laissent les joueurs te donner des coups, c’est fou. En NBA ou en D-League, chaque contact est une faute, tu ne peux toucher personne. Tous les pays sont différents, donc tu dois t’ajuster un petit peu partout où tu vas. Mais c’est le basket-ball, c’est fun.

Et quel est ton pays favori ?
Israël, j’adore tout en Israël. Si je pouvais, je finirais ma carrière en Israël. J’adore aussi la France. Israël en premier, la France en deuxième. J’adore les deux.

Il y a plusieurs semaines, tu as inscrit le panier de la gagne pour ton équipe au retentissement du buzzer. Quel est ton sentiment sur cette incroyable action et aussi le début de cette nouvelle saison en France ?
J’étais fier que l’on ait gagné, mais j’étais furieux parce qu’on aurait jamais dû en arriver là. On menait de 16 points ou quelque chose comme ça, et nos adversaires sont revenus au score. C’était la même histoire la semaine précédente, nous avons perdu à Denain. Nous étions devant de 16 points au tableau d’affichage, ils sont revenus et nous avons perdu. Le panier de la gagne au buzzer était une bonne chose parce que tu veux toujours gagner. Mais en même temps, je me disais « Okay, nous devons être meilleurs ». Nous sommes toujours dans le match, mais soit quelque chose de mauvais arrive et nous perdons, ou quelque chose de bien arrive et on gagne. Collectivement, nous devons être plus consistant en faisant de bonnes choses. Nous avons suffisamment de talent pour être l’une des meilleures équipes de Pro B. Nous devons simplement être plus consistent, c’est la chose principale.

Quelles sont les principales différences entre évoluer en Pro A et en Pro B ?
L’expérience des joueurs est différente. En Pro B, il y a des gars plus jeunes. En Pro A, les joueurs sont généralement plus vieux, ils ont joué plus de matchs à un haut niveau donc ils comprennent le basket un peu mieux. Mais il y a beaucoup de très bons joueurs en Pro B qui pourraient jouer en Pro A. Je pense juste que collectivement, la Pro A a plus de joueurs expérimentés.

En Europe, comment expliquer les différences entre jouer à domicile et à l’extérieur ?
C’était toujours difficile de jouer à l’extérieur. A la maison, pour n’importe quelle raison, ce n’est pas seulement notre équipe, c’est chaque équipe. Quand tu es à domicile, tu as les fans avec toi. Tu joues sur le même terrain tout les jours, tu te sens plus en confiance. Les fans te donnent plus de confiance et tu joues généralement mieux à la maison. Je pense que c’est la plus grande différence.

Tu as créé ton propre podcast de basket : Eurostep. Comment as-tu eu cette idée ? Quel est le concept ?
Je voulais simplement donner un terrain d’expression pour les joueurs à l’étranger comme moi et les autres joueurs. Parfois, tu peux seulement parler à un journaliste. Peut être que tu ne te sens pas à l’aise, que tu n’as pas envie de parler, ou tu sens qu’il ne comprend pas parce qu’il ne joue pas au basket-ball. Donc, dans mon podcast, j’essaie de créer un environnement confortable où, OK, tu veux parler du fait que ton équipe ne te paie pas, parlons-en. J’ai été dans la même situation, j’ai connu ça. Vous savez, j’ai simplement créé un environnement fun. Je connais un gars, Charles Thomas, il m’a raconté qu’à une époque, un propriétaire d’une équipe a mis un pistolet sur sa tête. Pour certains des autres gens, il n’y a pas quelque chose de mauvais qui est arrivé, ils apprécient juste le basket à l’étranger. Et c’est bien aussi. Je veux donner la parole à tout le monde, pas seulement les joueurs mais aussi les coachs, assistants-coachs, journalistes, rappeurs, tout le monde peut partager. Le monde du basket est composé de plus que simplement les joueurs.
Je viens tout juste de finir une interview actuellement, avant de venir pour cet entretien. Le gars était en fait un rappeur mais il a joué au basket à l’Université de Caroline du Nord. Il a remporté un titre national en 2005, avant qu’il essaie d’aller en NBA. Il s’est blessé au genou mais il a toujours rappé. Son CD est parvenu à un producteur connu, ils l’ont appelé. Il a été au rendez-vous et désormais c’est un grand rappeur. Il vient de sortir un album la semaine dernière. J’ai fait un autre podcast avec un autre gars qui a eu des ennuis à l’Université. Ils ont dit qu’un parieur l’a payé pour perdre un match, pour truquer le match. Il s’agit d’un gros problème et il a été envoyé en prison. Il joue à l’étranger maintenant. Il a joué en Allemagne et il est désormais au Monténégro actuellement. J’essaie d’interroger différents types de gens, c’est amusant.

Une fois que tu seras retraité en tant que basketteur professionnel, est-ce que ça pourrait devenir ton métier à temps plein ?
j’adore regarder le basket-ball et parler de ça. J’adorerai avoir un travail où je pourrai être payé pour parler de basket. Même si c’est en Europe, je peux rester en Europe pour le restant de ma vie. Si je peux faire quelque chose comme ça pour une entreprise telle que l’Euroleague, ça pourrait être génial. Je suis ouvert à tout.

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