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ITW Guy Prat : « Presque un titre remporté tous les ans »

Publié par le 31 août 2016               
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Issu d’une famille de basketteurs et lui-même ancien basketteur pro, Guy Prat (1m78, 52 ans) s’est reconverti dans le coaching en 2002. Depuis que cet ancien meneur de jeu occupe le poste d’assistant-coach au BLMA en LFB, le club montpelliérain ne cesse de soulever des trophées en fin de saison. Entretien avec cet homme ambitieux, souhaitant désormais passer un cap et voler de ses propres ailes.

Comment as-tu découvert le basket ?
J’ai commencé à l’âge de 5 ans dans un club de quartier de Lyon, qui s’appelle Saint-Just. Toute ma famille a joué au basket : mes oncles, mon père, ma tante, ma mère, ma soeur. J’ai suivi tout petit. J’ai adoré ça et c’est devenu ma plus grosse passion.

Quel a été ton parcours avant d’atteindre le niveau professionnel ?
J’ai joué dans un petit club de quartier à Saint-Just, mon père m’entraînait jusqu’à l’âge de cadets 2. Après, je suis parti à Villeurbanne pour y effectuer mes deux années juniors. J’ai eu l’opportunité de m’entraîner avec les pros et de disputer mes premiers matchs en Pro A. Ensuite, Jean Galles m’a repéré lors d’un match et je suis parti à Mulhouse.

Peux-tu énumérer les clubs pros par lesquels tu es passé au cours de ta carrière de joueur ?
En Pro A : Villeurbanne, Mulhouse, Vichy, Lorient, Montpellier et Gravelines. Puis j’ai été à Avignon en Nationale 1 avant de rejoindre Saint-Etienne avec qui on était monté en Pro B. J’ai mis un terme à ma carrière à 36 ans à la CRO Lyon avec un titre de meilleur passeur de Pro B en 1999. J’ai effectué cette dernière saison avec deux anciens coéquipiers et amis de l’époque où j’évoluais à Vichy : Olivier Hergott qui était toujours joueur, et Jean-Pierre Morateur qui était devenu l’entraîneur de la CRO Lyon. On était donc trois anciens joueurs de Vichy et on s’est retrouvé pour notre fin de carrière.

Tu as donc mis un point final à ta carrière de basketteur là où tout a commencé pour toi…
Exactement, j’ai fait la boucle. J’ai joué au haut niveau de 18 ans à 36 ans en ayant fait 12 années en Pro A et 2 ans en Pro B. Et puis pendant toutes ses années, j’ai fait la coupe d’Europe, l’équipe de France espoirs, A’, militaire. J’ai aussi participé à des stages avec l’équipe de France A, avec qui j’ai souvent été le dernier joueur à être coupé. J’aurai pu continuer à jouer en Pro B mais à un moment, il faut trouver ta reconversion.

Justement, comment s’est déroulée cette période après ta retraite sportive ?
J’ai d’abord travaillé pour une agence d’agents de joueurs. Et puis après, j’ai eu le diplôme et suis passé entraîneur en Nationale 2 à Frontignan. C’est comme ça que j’ai débuté ma carrière d’entraîneur.

Tu as donc d’abord exercé au niveau du coaching dans le milieu du basket masculin afin de passer de l’autre côté, celui du basket féminin ?
Oui, en NM2. Comme je suis rigoureux, j’ai des valeurs, etc., j’ai connu quelques difficultés car quand tu entraînes des gens qui sont étudiants ou qui travaillent, tu n’es pas toujours au complet aux entraînements. Ce n’est pas forcément évident de trouver la bonne alchimie entre les joueurs qui ne viennent pas aux entraînements car ils sont fatigués et ceux qui s’entraînent à 200%. C’est ce qui est plus dur à ce niveau-là. Par rapport au haut niveau garçon où il n’y a que des pros, il faut être beaucoup plus psychologue. Parfois, je me demande même si ce n’est pas plus compliqué de coacher à ce niveau-là qu’en Pro A.
Tandis que chez les filles, où j’ai fait 1 an à Mourenx et là actuellement 8 ans à Montpellier, il y a des pros, c’est vraiment le métier des joueuses. C’est vraiment très plaisant. Les filles adorent travailler individuellement, reproduire les moves des garçons. C’est là où je rentre en action pour les faire progresser individuellement, démontrer, expliquer, corriger, leur parler du placement des pieds, des mains, et surtout pourquoi. C’est-à-dire leur expliquer pourquoi en fait ça, quand on le fait, les raisons. C’est vraiment intéressant.

Tu participes également à beaucoup de camps de basket durant l’été, où le perfectionnement et le travail individuel des fondamentaux auprès des jeunes sont très présents. C’est vraiment le genre de choses que tu affectionnes ?
Rester à la maison, ce n’est pas trop mon truc. Je fais des camps pour faire progresser les gamins individuellement. Ce que je dis aux parents, c’est de les corriger et surtout de leur expliquer pourquoi on le fait. Je pense que les jeunes aiment ça, quand tu leur apprends des moves, etc. Ils sont demandeurs.

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Plus globalement, quel est ton rôle en tant qu’assistant-coach à Montpellier ?
Je m’occupe des montages vidéo. Valéry (Demory) regarde les matchs et me donne ensuite les montages à faire. Ensuite, j’ai en charge tout ce qui est fondamentaux individuels, tout les échauffements. Pendant la séance d’entraînement, je regarde en défense et en attaque s’il y a des choses à corriger, à ajouter, et je le dis aux joueuses ou à Valéry. Il y a une bonne osmose entre lui et moi.

Envisages-tu de devenir coach principal d’une équipe dans les années à venir ?
Oui être n°1 car c’est mon caractère et je ne veux pas avoir de regrets plus tard si c’est possible. Cette année, j’ai eu deux offres pour être n°1 mais ça ne s’est pas fait pour diverses raisons. Après 9 ans de « vie commune » avec Valéry, les gens savent désormais que s’il y a un projet intéressant de n°1, je peux partir. Mais je ne partirai pas non plus pour n’importe quoi.

Effectivement, la situation semble intéressante au BLMA puisque le club est monté en puissance ces dernières années et a remporté pas mal de trophées…
Exactement. De mon côté, je suis arrivé à Montpellier en 2008. De 2008 à 2010, j’étais deuxième assistant et directeur technique du centre de formation. En 2010, je suis devenu le seul assistant-coach. Depuis 2010, on a gagné 4 titres de vainqueur de la coupe de France et 2 titres de champion. Ca fait pratiquement un titre tous les ans. Donc c’est vrai qu’après, si je veux partir, il faut que ça soit dans de bonnes conditions et que ça soit un projet intéressant, chez les garçons ou les filles.

Tu n’écartes donc pas la piste Pro A ou Pro B ?
Avant de penser être coach en Pro A, j’ai les pieds sur terre. Il faut d’abord faire le maximum pour être coach n°1 chez les filles. On voit très bien que les dirigeants ont des a priori pour faire venir un coach des filles chez les garçons. Me concernant, je pense que c’est surtout une histoire de caractère des coachs. Je sais que c’est difficile mais si j’ai une ouverture, pourquoi pas.

Revenons à la saison à venir. Le BLMA a deux titres de champion à défendre (championnat et coupe). L’objectif sera de réaliser le back-to-back ?
L’objectif, je pense que ça va être le même que cette année, c’est-à-dire gagner au moins un titre même si on sait que ça sera difficile. Beaucoup d’équipes se sont renforcées : Charleville, Villeneuve, Bourges, Basket Landes. Il y a aussi toujours une équipe inconnue qui sort à ce moment-là. Et puis en Euroleague, c’est d’aller le plus loin possible. En jouant contre des équipes très fortes, c’est là aussi que tu progresses. C’est vrai que c’est compliqué physiquement, mais ce sont ces matchs-là qui font progresser un groupe et les joueuses individuellement, même si le travail individuel est aussi très important.

Bourges et Montpellier se partagent la plupart des trophées sur le territoire français depuis plusieurs saisons. Existe t-il une rivalité naissante entre les deux clubs ?
Bourges a un palmarès extraordinaire depuis de nombreuses années. Nous, on arrive pour faire le maximum pour gagner des titres chaque année. c’est vrai que depuis quelques saisons c’est souvent Bourges-Montpellier ou Montpellier-Bourges en finale. Mais il n’y a pas plus de rivalité que si c’était une autre équipe. Le but du championnat est de gagner des titres, peu importe contre qui. Cette année, c’est vrai que les deux finales, championnat et coupe, on a joué contre Bourges. A part ça, il n’y a rien d’extraordinaire. C’est vrai aussi que quand tu les retrouves chaque année et que tu perds, tu te dis : « Bon allez ça serait bien que ça soit nous ». Il faut mettre en oeuvre tout ce qui est possible pour gagner. Cette année, on a d’abord remporté la coupe à Bercy puis gagné le championnat avec l’avantage du terrain, ce qui a été un élément important contrairement aux autres années. Il y a eu une superbe communion avec le public. Etre champion chez soit, devant son public, c’est vraiment très agréable.

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1 Commentaire

  1. Basket CRO Lyon

    24 octobre 2016 at 0 h 32 min

    Superbe interview d’une des légendes de notre club.

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