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ITW Maleye N’Doye : « Représenter son pays, c’est le mérite le plus fort que l’on peut avoir »

Publié par le 11 septembre 2015               
Maleye Ndoye - Paris Levallois

Ayant effectué la quasi-totalité de sa carrière en Pro A, Maleye N’Doye (2m03, 35 ans) est aussi le capitaine de l’équipe nationale du Sénégal avec laquelle il évolue depuis pas moins de 13 ans et a échoué au pied du podium lors du dernier championnat d’Afrique des Nations. Il est notamment revenu avec nous sur cette compétition, son avenir en sélection et son amour du maillot sénégalais. Entretien !

Le parcours du Sénégal à la CAN 2015 s’est arrêté en demi-finale face au Nigéria, le futur vainqueur de la compétition. J’imagine qu’il y a beaucoup de regrets…
Oui, c’est sûr, car l’on était pas loin de l’emporter. On avait la balle pour la gagne à 23 secondes de la fin du match. On l’a mal géré, on a été en prolongation. Il y avait de la fatigue et de la pression. On s’était un peu précipité, nos adversaires étaient un peu plus frais que nous et ça s’est joué à ça. Et après, avec la déception et tout, les gars n’étaient pas prêts à jouer le match pour la troisième place. Ca ne s’est pas joué à grand chose. C’est dommage car l’on était parti pour gagner la coupe, on avait quand même une belle équipe. On n’était pas loin, le Nigéria était l’un des favoris et on les a tenu jusqu’à la fin. Malheureusement, on a mal géré la dernière possession et c’est dommage.

Vous aviez une belle équipe compétitive composée autour de plusieurs basketteurs évoluant en Pro A et d’un joueur NBA dominateur, Gorgui Dieng. Peux-tu nous parler de l’effectif ?
Exactement, on a Gorgui qui est maintenant notre leader, on se base sur lui dans le jeu. C’est quand même un point de fixation assez intéressant. A presque tous les matchs, il a fait des « double-double ». Il tournait à plus de 20-25 points et 15 rebonds par match, c’est assez rare de voir ça dans un championnat d’Afrique. Il a joué à son niveau de la NBA. Des joueurs qui évoluent en pro en France, il y avait moi, Antoine (Mendy), Xane (D’Almeida). Il y avait des joueurs assez expérimentés qui ont fait que l’on avait une bonne ossature. Derrière, il y avait aussi des joueurs qui jouent un peu partout en Europe mais également au Sénégal. Je pense que c’est un bon mélange, on avait un bon groupe et c’est dommage que l’on n’ait pas réussi à aller jusqu’au bout.

Ce championnat d’Afrique des Nations était-il une passation de pouvoir entre les générations, et plus particulièrement la tienne et celle de Gorgui Dieng ?
Gorgui, ça fait longtemps qu’il est dans l’équipe et que je le connais. Maintenant, c’est vrai que l’on se base sur lui mais j’ai joué avec lui, la passation de pouvoir va être plus facile. Je sais qu’en lui, on a un très bon joueur qui peut assurer le leadership lors des années à venir. Il faut essayer de l’entourer de bons joueurs pour lui faciliter la tâche, car ce n’est pas toujours évident pour un joueur d’accepter qui est le leader, avec les problèmes d’ego et tout ça. Il faudra donc essayer de gérer ça. Le fait que j’étais là bas a aidé à apaiser tout ça parce qu’il y a des joueurs qui ont du mal à accepter ce leadership. A un moment donné, comme on dit, l’histoire et les joueurs évoluent, donc il faut accepter. Je pense que c’était plus facile pour lui de faire la transition avec moi plutôt que d’autres individus. Maintenant, il faut s’assurer que tous les joueurs qui vont venir en sélection nationale vont accepter ce rôle, que Gorgui est le leader maintenant. Après, il faut essayer de mettre de bons joueurs autour de lui pour que le Sénégal continue à avoir une très bonne équipe.

Etait-ce l’un de tes derniers AfroBasket ?
Oui, c’est ce que j’ai dit. Mais après, en tant que sportif, on ne peut pas se fixer de limite. Dans ma tête, je m’étais dit que ça allait être ma dernière coupe d’Afrique. Je voulais donc tout faire pour gagner et derrière jouer les Jeux Olympiques, et ensuite arrêter en équipe nationale. J’ai toujours le même objectif. Maintenant, on est qualifié pour le tournoi pré-olympique. Je vais faire la saison avec Paris, voir ce qui va se passer et essayer de participer au tournoi si on s’y rend car peut être que l’on ne va pas y aller.

Le mois dernier, tu as disputé ton septième AfroBasket ! Comment expliquer le fait que, contrairement à de plus en plus de joueurs qui déclinent l’invitation du sélectionneur, tu reviennes chaque été en équipe nationale ?
Pour moi, l’amour du maillot a commencé depuis très jeune. J’ai vu l’impact que ça peut avoir sur les jeunes, surtout ceux de mon quartier à Médina où j’ai grandi. C’est pourquoi à chaque fois qu’il y avait une sélection, je ne me posais pas de question quelque soit les conditions. J’ai toujours essayé de m’adapter, de trouver des solutions autour, et de venir. C’est vrai que ce n’est pas évident pour tout le monde car il y a des joueurs qui ont un standing à respecter et qui ne peuvent pas faire avec certains détails et du coup, c’est ça qui fait que certains viennent et ne reviennent plus. Moi, c’est dans ma tête, c’est un engagement personnel que j’ai fait vis à vis du Sénégal, aux jeunes, pour être comme un modèle. Comme on dit, c’est tout ce que l’on a. Représenter son pays, c’est le mérite le plus fort que l’on peut avoir. On peut changer de club à tout moment, mais le maillot de l’équipe nationale reste toujours le même. Je prends l’exemple sur les Tony Parker et Boris Diaw qui font des saisons pleines en NBA et qui reviennent quand même représenter la France. Ce sont des choses qui sont plus fortes que l’argent et de beaucoup de choses. Parce que tu représentes ton pays et tu aides à le développer, à faire rêver des jeunes. Pour moi, c’est le plus important qu’autre chose et c’est pourquoi j’ai tenu à répondre présent. J’ai même essayé de faire venir certains joueurs qui jouent en Pro A, mais ce n’est pas facile parce que ce sont des choses qu’ils ne connaissent pas, donc ce n’est pas évident pour eux. Je les comprends mais pour moi c’est différent. J’ai commencé à un jeune âge, c’est pourquoi j’ai toujours répondu présent.

Un AfroBasket est toujours très intense avec 7 matchs espacés en 11 jours. Comment gères-tu cela pendant et après la compétition ?
Ce n’est pas évident, on a enchaîné les matchs. En plus, je pense que cette année, c’est la compétition internationale durant laquelle j’ai le plus joué. Je tournais à presque 30-35 minutes en moyenne par match. Le coach a beaucoup fait jouer le cinq majeur, chacun a enchaîné des centaines de minutes en l’espace de quelques jours et au haut niveau, ce n’est pas évident. Lors de la demi-finale par exemple, quatre joueurs ont joué 45 minutes, c’est-à-dire tout le match. Puis, on a rejoué le lendemain. Le corps a besoin de repos. J’ai profité de notre retour au Sénégal pour me reposer mais je n’y suis resté que deux jours et demi. Il faut récupérer petit à petit. Nous avons un bon staff au Paris-Levallois, je vais certainement suivre un programme un peu différent des autres pour me mettre à jour et, petit à petit, rentrer dans le bain. Je suis arrivé à Paris vendredi dernier (ndlr : le 4 septembre), et après avoir été laissé au repos lors du tournoi de Vannes, j’ai repris les entraînements avec le groupe en début de semaine.

En club, tu va entamer ta quatrième saison consécutive au Paris-Levallois. Peux-tu revenir sur la qualification en 1/4 de finale de l’Eurocup, une performance plus ou moins historique pour le basket français.
C’est quelque chose qui n’a pas été fait depuis un bon moment en France. C’est dommage que l’on ait raté les demi-finales de deux points à Banvit. Je pense que ça a marqué un coup sur l’équipe. Mentalement, ça nous a un peu rabaissé. En conséquence, on s’est un peu lâché sur certains matchs qui auraient pu nous qualifier pour les playoffs. Malheureusement, on ne l’a pas fait. C’était la déception totale, parce que l’on pouvait au moins accrocher les playoffs. Sans les playoffs, la saison a été une déception.

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