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ITW Shekinah Munanga : « Je veux être une baleine dans la mer »

Publié par le 10 décembre 2016               
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Jeune ailier-fort congolais très prometteur, Shekinah Munanga (2m01, 18 ans) a créé la sensation lors de la première journée de championnat de France Pro A, participant grandement à la victoire du Limoges CSP à Beaublanc face à la JDA Dijon. Nous sommes allés à sa rencontre pour en savoir plus sur son parcours et ses ambitions.

Quand et à quel âge avez-vous débuté le basket ?
Il y a cinq ans à Kinshasa. L’entraîneur de basket était un ami de ma mère et m’a cherché pour aller dans un camp de basket de Didier Mbenga. Il cherchait des grands, pas forcément des basketteurs. Je ne suis pas allé mais le coach a continué de me rechercher tout le temps car j’étais grand dans mon quartier. C’est parti comme ça. Quelques mois après, j’ai commencé à aller jouer à l’école et m’y intéresser petit à petit, il y avait des tournois d’organisés. Avant je n’avais jamais joué au basket. Puis j’ai commencé à sauter et mettre ma tête dans l’arceau, je contrais des gens aux tirs à trois-points, etc.

En 2013, vous avez participé à l’AfroBasket U16, compétition au terme de laquelle vous avez terminé meilleur rebondeur (17 rebonds/match en moyenne) en plus de vos 18 points/match et 4.4 contres/match. Comment avez-vous été sélectionné pour l’équipe nationale ? Quels souvenirs conservez vous de ce championnat ?
Après avoir débuté à l’école, j’ai commencé à m’entraîner avec l’équipe de mon coach. J’y allais deux fois par semaine. Pour composer la sélection nationale, le Congo a organisé un camp en invitant plein de jeunes. On était environ soixante, et à la fin, il en reste 15. Moi, j’ai été convoqué en retard et quand je suis arrivé, ils n’étaient plus qu’une vingtaine. Au final, le sélectionneur m’a pris au poste 5. Je prenais beaucoup de rebonds et je ne mettais que des dunks et des contres. Cette compétition m’a permis de connaître des joueurs de ma génération qui y ont aussi participé comme Fall de Chalon-sur-Saône et Doumbe de Orléans.

Vous avez également participé deux fois au NBA Without Borders Africa. A ces occasions, avez-vous attirez l’attention de joueurs, coachs ou dirigeants de la NBA ?
J’ai été dans les All-Stars les deux fois. La première année, en plus de nombreux agents présents, il y avait Kyrie Irving, Bismack Biyombo, Serge Ibaka, deux intérieurs du Miami Heat, pleins de coachs NBA, le président des Toronto Raptors ainsi que le directeur général de la NBA. J’ai eu trois bourses pour aller aux Etats-Unis mais je n’ai pas pu y aller pour des problèmes de visas. J’étais trop jeune pour pouvoir voyager tout seul. La première proposition, c’était un lycée à Toronto. La deuxième offre, je ne l’oublierai jamais, c’était Kentucky Christian School.

Beaucoup de basketteurs professionnels sont natifs de Kinshasa. Avez-vous grandi avec certains d’entre eux ?
Quand j’étais petit et que je ne jouais pas encore au basket, Serge Ibaka évoluait dans le même club où j’ai été quelques années plus tard. Je l’ai vu jouer un peu. Aussi, il y avait Christian Eyenga et Romaric Belemene, qui joue maintenant en Espagne. Pleins d’autres sont dans des universités américaines.

Votre parcours est aussi assez atypique puisque avant de venir en France, vous avez joué en Hongrie. Comment êtes-vous arrivé là-bas ? L’environnement était-il dépaysant ?
J’allais venir à Limoges mais je n’ai pas pu avoir mon visa. J’en avais marre de rater les Etats-Unis donc j’ai essayé la Hongrie et ça a marché. Je ne connaissais personne, c’était difficile mais je n’avais pas le choix. Je savais que ce n’était que pour un petit moment. Au bout d’un moment, je commençais à parler un peu anglais donc je faisais avec. Tout était compliqué pour comprendre, notamment les entraînements, mais petit à petit ça a évolué et j’étais normal, je me sentais bien.
En junior, on a été deuxième de la ligue et on a perdu en finale. L’équipe professionnelle a failli descendre en troisième division mais on a remporté le dernier match décisif. L’année d’après, le club a été champion et est monté en première division.

Vous êtes donc ensuite arrivé au centre de formation de Limoges l’an dernier. Votre premier match en espoirs restera dans les annales puisque vous avez tout simplement réalisé votre meilleure performance de la saison avec 27 points (13/14 aux tirs), 8 rebonds et 4 contres pour 34 d’évaluation en 33 minutes. Comment l’expliquer ?
Je ne sais pas (sourires). J’étais peut être impatient de jouer vu que ça faisait longtemps et que j’ai été qualifié en retard. J’avais la chance et la réussite avec moi.

Vos statistiques au cours de la suite de la saison 2015/2016 ont ensuite été en dents de scie…
Franchement, je n’arrive pas à l’expliquer. L’année dernière, pour d’autres matchs, il m’a manqué de la régularité et de l’expérience peut être. J’arrivais à faire de bons et des moins bons matchs. Cette année, j’essaye de faire des matchs constants, avoir à peu près les même stats. J’essaye d’être régulier et jusqu’à présent, je le suis.

A titre personnel, vous avez réalisé quatre double-double depuis le début de la saison et êtes l’un des leaders de l’équipe. Quelles sont vos ambitions pour cette saison ?
Je veux être toujours là pour mon équipe, lui apporter ce dont elle a besoin. C’est aussi d’être présent à tout les matchs, autant offensivement que défensivement. Je veux être une baleine dans la mer. Le monde du sport est comme un océan. Soit tu es un petit poisson, soit tu es un gros poisson. J’essayerai d’être un grand.

Cet été, votre compatriote congolais Merveille Muninga vous a rejoint à Limoges et votre entente semble fonctionner parfaitement dans la raquette limougeaude. Le connaissiez-vous avant sa signature au CSP ?
Oui, on s’était en fait affronté lors de la coupe du Congo. Je suis content que l’on soit ensemble. Jusqu’à présent, ça se passe bien. J’espère et je sais que ça continuera comme ça. Il fait de bons matchs, avec 10 points et 6 rebonds de moyenne.

En Espoirs, vous êtes troisièmes au classement et vous venez d’enchaîner avec une sixième victoire consécutive. Comment est la dynamique du groupe ?
Oui on est troisième avec un match de moins et on a gagné face au deuxième. On est bien, ça fait toujours plaisir de gagner, mais on sait que l’on peut encore faire mieux. On a encore quatre ou cinq matchs avant le début de la phase retour donc on va voir ce que ça peut donner.

Qu’est-ce qui a changé en Espoirs cette année par rapport à la saison passée, où vous avez terminé à la 11ème place ?
Si on regarde bien, ce n’est pas la même équipe. Le staff de l’équipe n’est plus le même et on a presque tout changé. On n’a pas le même style de jeu et la même défense. C’est normal qu’il y ait une autre histoire. Je ne pense pas que le club ait déjà été troisième en Espoirs car ce n’était pas l’objectif. Cette année, on essaye de faire vraiment une bonne chose pour le club et pour nous aussi.

Le trophée du futur se déroulera à Limoges cette année. Comment a réagi l’équipe suite à cette annonce ?
On est content mais comme le coach nous dit tout le temps, il faut être concentré sur le moment présent. Actuellement, on pense au match face au Portel samedi et on ne joue pas pour le Trophée du Futur pour l’instant. Puis la semaine prochaine, on va se préparer pour Le Mans, puis la semaine d’après pour Antibes. On attend le moment. On sera prêt pour le Trophée du Futur mais on n’y est pas encore arrivé.

Vos débuts en pro ont également été glorieux cette année. A l’occasion de votre premier match officiel face à Dijon, vous avez participé à renverser la rencontre, qui plus est télévisée, alors que le CSP était malmené. Pouvez-vous revenir sur cette épisode ?
En pré-saison, j’avais déjà joué avec l’équipe professionnelle et j’émergeai à une moyenne de 4 points en 15-20 minutes. J’avais aussi été une fois dans le cinq majeur contre une équipe de Pro B. Le championnat est complètement différent des matchs de préparation. Face à Dijon, je savais que j’allais jouer mais je ne savais pas à quel moment. Quand le coach m’a appelé pour entrer sur le terrain dans le quatrième quart-temps, je me suis dit : « Whoa, ça va être chaud ». L’équipe perdait et avait besoin de remonter. J’étais un peu froid mais si tu veux être un gros poisson, il ne faut pas avoir peur. Je suis rentré et j’ai fait ce que j’avais à faire. Ca m’a donné envie de travailler plus.

Ensuite, le club a pu aligner DaShaun Wood (ndlr : en remplacement de Zamal Nixon, blessé) et vous êtes retourné dans l’anonymat puisque vous êtes considéré comme cotonou et êtes donc en forte concurrence avec les joueurs étrangers. Est-ce difficile à vivre, de passer de la lumière à l’ombre ?
Franchement, ça ne me dérange pas et je ne me plains pas. A la base, je suis encore espoirs donc ça ne doit pas me déranger. J’aurai pu faire plus de matchs en pro si j’étais JFL mais je ne peux pas. Depuis cette saison, je ne fais plus que les matchs avec les espoirs et le reste du temps, je suis toujours avec les pros. Je fais les entraînements et les déplacements avec eux, et je suis aussi sur le banc des professionnels lors des matchs. Les entraînements se passent bien, j’ai du temps de jeu, et j’essaie de montrer avec les espoirs ce que j’ai appris avec les pros.

Pour conclure, votre surnom est Air Shek et il parait que sur un simple saut, vous êtes capable d’embrasser le cercle. Est-ce un mythe ?
Il y a une vidéo sur Instagram où je saute et mets ma tête au cercle. Ce sont mes amis qui ont trouvé le surnom, il y a longtemps. Je ne savais même pas que des gens pouvaient m’appeler comme ça. Quand je jouais et que je faisais quelque chose de bien, on m’appelait Air Shek. Plusieurs fois dans des journaux, c’était écrit Air Shek pour me mentionner et ça m’a étonné.

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