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La vie d’un joueur NBA est-elle vraiment enviable ?

Publié par le 27 octobre 2018               
carmelo anthony

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De l’extérieur, le strass et les paillettes de la grande ligue américaine de basket-ball font rêver de millions d’individus sur la planète. Ces derniers, principalement attirés par la gloire et la fortune que possèdent les athlètes NBA, ne s’imaginent pas à quel point la vie d’un basketteur évoluant dans le meilleur championnat au Monde peut être difficile. Surtout pour les sportifs étrangers, éloignés de leur famille et amis pendant 7 à 9 mois de l’année…

Malgré les millions de billets verts qu’ils brassent à chaque nouveau contrat professionnel paraphé pour pratiquer leur passion et même s’ils ne sont pas à plaindre de leurs conditions de vie qui sont optimisées pour leur performance sur les parquets (les déplacements aériens se font en jet privés, les hébergement ont lieu dans des hôtels de luxe), les joueurs NBA sont soumis à de nombreuses contraintes qui peuvent leur peser à la fois mentalement et physiquement. Parmi elles, l’enchaînement de 82 matchs officiels (dont 41 en dehors de la ville d’appartenance de leur équipe) en six mois et demi, sans compter les rugueux matchs playoffs pour les seize équipes qui ont réalisé le meilleur parcours au terme de la saison régulière, constitue sans doute l’épreuve la plus difficile à surmonter physiquement pour un nouvel arrivant en NBA, dont le corps est peu habitué à tenir ce rythme de compétition sur la durée. Par ailleurs, une fois que les athlètes se sont accommodés à leur nouveau quotidien, une certaine routine s’installe et cette dernière est très difficile à briser. Ils mènent une vie à cent à l’heure, rythmée par trois aspects : des déplacements à travers les Etats-Unis (accompagnés de décalages horaires différents à affronter selon les destinations), des entraînements et des matchs.

« Les premières années en NBA, j’étais très excité de découvrir les villes, les salles, etc. Aujourd’hui, mis à part les très grandes villes que j’apprécie, je reste dans ma chambre lorsque l’on est en déplacement » déclarait en mai dernier Evan Fournier, l’arrière international français du Orlando Magic, sur le plateau de l’émission Le Vestiaire diffusée sur SFR Sport. « On voyage dans de très bonnes dispositions, dans les meilleurs hôtels tels que les Four Seasons. Simplement, on s’y habitue et ça reste un business trip. On y va pour notre boulot. On va quand même au restaurant, on s’organise des petites soirées entre coéquipiers. On fait ce que l’on veut en dehors du planning imposé. Le matin, il y a un petit déjeuner à disposition de l’équipe. Que l’on y aille ou pas, c’est notre problème. Puis a lieu une séance vidéo collective, suivie d’un entraînement, avec également un buffet à disposition. Le match arrive en soirée, dès son terme on décolle pour atterrir dans la ville suivante. Et ainsi de suite… » poursuivait celui qui était le meilleur scoreur français de NBA au cours des deux dernières saisons, avec plus de 17 points marqués en moyenne par match, pour décrire sa vie de basketteur professionnel aux USA.

Bien que certains athlètes NBA soient considérés comme des demi-Dieu par leurs admirateurs, ils n’en restent pas moins que des êtres humains et ne sont donc pas à l’abri d’une possible dépression. Les cas de Kevin Love et de DeMar DeRozan entre autres le prouvent. Il semble même évident qu’au bout d’un moment, une forme de fatigue physique et mentale s’installent forcément dans le corps et l’esprit de ces compétiteurs nés, qui sont peu nombreux à évoquer publiquement leurs faiblesses et moments de doutes. Car il faut prendre conscience aussi les joueurs sont sans cesse en concurrence entre eux pour obtenir plus de temps de jeu et de responsabilités, qui se traduiront par la possibilité de signer un contrat financier plus juteux au moment des renégociations ou de l’ouverture du marché des agents libres. De plus, ils sont quotidiennement sollicités par les médias et les fans, respectivement à la recherche d’une exclusivité pour créer le buzz et d’une petite attention, comme un autographe, un selfie ou encore quelques mots échangés. S’ils n’ont pas d’autres occupations que le basket et qu’ils ne sont pas bien accompagnés par leur entourage, ces cracks de la balle orange peuvent malheureusement sombrer, ou du moins se sentir isolés du Monde. Et ce, peu importe leur richesse économique… Carl Herrera, premier joueur vénézuélien à avoir foulé les parquets NBA, et sacré double champion NBA avec les Houston Rockets en 1994 et 1995, a témoigné de son expérience. « En allant en NBA, j’ai du m’ajuster pour différentes choses : comprendre le jeu NBA, la difficulté de chaque voyage, comprendre la mentalité du coach, les changements d’heures d’une ville à une autre, etc. Les gens ne voient que les parties glamours de la vie, la façon dont tu t’habilles, la voiture que tu conduis, mais ils ne savent vraiment pas comment est ta vie. Tu te sens seul, éloigné de ta famille, et sans cesse en déplacement. C’était vraiment difficile, et je pense que les joueurs doivent avoir un gros mental. Tellement de choses au Vénézuela m’ont préparé pour la vie en NBA ».

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