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Pro B : L’incroyable success story de Thomas Cornely

Publié par le 11 novembre 2017               
Thomas Cornely
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Révélé sur le tard, le meneur de jeu Thomas Cornely (1m90, 26 ans) n’a jamais eu la tâche facile pour parvenir à son objectif de devenir basketteur professionnel, atteint en 2014. Aujourd’hui titulaire en Pro B avec le promu Caen, le natif de Saint-Jean-de-Braye est tout simplement l’un des meilleurs Joueurs Formés Localement de la deuxième division française. Après cinq journées de championnat, son équipe a empoché quatre victoires auxquelles il a grandement contribué avec 11.8 points, 6 rebonds, 6.6 passes décisives et 2.8 interceptions pour 18.4 d’évaluation en 29 minutes de temps de jeu en moyenne par match. Pour Basket-BallWorld, Cornely raconte son parcours, parsemé d’embuches et de galères.

« J’ai connu un peu tout les niveaux. Il n’y a pas si longtemps que ça, quand j’avais 17 et 18 ans, j’étais en Pré-Nationale à Orléans. A la fin de la première de ces deux années en régional, Limoges voulait me recruter. Mais comme l’équipe pro a perdu la finale de Pro B à Bercy, il n’y avait pas d’équipe espoirs. Je me suis retrouvé à rester une année de plus en Pré-Nationale, où tout était déjà assez dur.
L’année suivante, à 19 ans, j’ai finalement disputé ma première et unique année espoir à Limoges, avant que l’équipe pro du CSP ne redescende en Pro B. A mon arrivée, les dirigeants du club avaient parié sur moi et c’était compliqué. J’avais 0€, le logement était particulier. J’étais en collocation avec Lucas Durand, un bon ami à moi. On était sous les combles. On en rigole maintenant mais je n’avais pas de chambre, j’avais mon lit dans l’entrée et c’est tout. Il a vraiment été top pour moi à ce moment là. Le club a ensuite fait un effort la deuxième année. Frédéric Sarre a voulu que je reste dans le groupe des pros. J’ai donc signé un contrat, j’étais censé être le dixième homme au départ, mais ça s’est avéré un peu compliqué en raison de l’engagement de renforts supplémentaires. J’ai donc évolué en Nationale 3 avec l’équipe réserve, avec qui on est monté en Nationale 2. Cette année-là, la Pro B est remontée en Pro A. Le problème qui se posait alors était que je n’étais plus éligible pour évoluer en Espoirs à la rentrée suivante.
Limoges, je dois néanmoins vraiment les remercier, Claude Bolotny le premier. C’est lui qui m’a repéré lors d’un tournoi, c’est lui qui a tout fait pour que je vienne et qui a été là dans les moments durs pour moi. Je ne peux pas leur en vouloir, c’est grâce à eux que j’ai pu faire mon année pro. Ca m’a lancé un peu, j’ai enfin pu découvrir ce milieu professionnel et m’entraîner tout les jours. Je me rappelle que la première année, je m’entrainais une fois par jour et rarement avec la Pro A le matin. L’année précédente, en Pré-Nationale, je m’entraînais deux à trois fois par semaine. Pour moi, s’entraîner tout les jours était déjà un truc de fou au niveau du rythme. A la fin de l’année, le président Frédéric Forte m’a convoqué dans son bureau pour faire le point sur ma saison et me dire « tu as perdu une année ».  Sur le coup, je n’ai pas compris car j’avais des statistiques correctes pour une première année et je m’entraînais tout les jours. Il me répond qu’il ne m’a jamais vu à la salle avant les entraînements et que je ne suis jamais resté après. Au final, je m’en suis rendu compte l’année d’après en côtoyant des bosseurs comme Joseph Gomis et Kyle McAlarney qui s’entraînaient matin et soir. Tu prends le rythme, tu te dis qu’il va falloir s’y mettre aussi. J’étais déjà rentré tard dans le cursus, il fallait donc que je me retrousse les manches pour me donner le maximum de chances pour jouer à haut niveau.
A la suite de ces deux années au CSP, je pensais pouvoir intégrer une équipe en Nationale 1 mais ça ne s’est pas fait. J’ai donc signé un peu tard à Ormes, en Nationale 2, car je n’avais rien d’autre. Ca me faisait bizarre de revenir vers chez moi, j’avais l’impression qu’il ne s’était rien passé entre ces deux années passées à Limoges. C’était comme si je redescendais à zéro. J’ai hésité avant de signer mais je l’ai finalement fait au dernier moment, sinon je ne pouvais pas jouer en N2 et je n’aurai pas eu de club. C’était particulier. Je suis retourné vivre chez ma maman pour ne pas payer de loyer et je sortais d’une saison à Limoges où j’avais connu deux montées. Ce changement a été assez fou, ça m’a mis un coup. J’ai signé pour rien du tout, le club me payait uniquement l’essence pour le mois. On s’entraînait seulement quatre fois par semaine. Le week-end, je n’étais même pas dans le cinq majeur car il y avait déjà la hiérarchie. Ca a été une année très difficile. Le coach de Coulommiers, Benjamin Avon (qui est actuellement l’assistant coach de Blois en Pro B), me connaissait et m’a proposé de les rejoindre pour la saison d’après. Kévin Tshefu, un ami d’Orléans à moi qui jouait là-bas, m’a aussi conseillé de venir. Le club était promu de Nationale 3 à Nationale 2. J’y suis donc allé la saison suivante et je ne regrette pas, car ce que l’on m’a dit s’est avéré vrai. Je suis arrivé prêt pour jouer et montrer que je pouvais aller plus haut. Je me rappellerai toujours qu’en début d’année, le coach m’a dit « Thomas, on va tout faire pour qu’à la fin, tu puisses aller en N1 ». Je sais qu’il a tout fait pour que j’y sois. Il a fait des vidéos pour moi, il était là tout les matins pour mes entrainements individuels. J’avais repris le rythme de deux entraînements par jour. Je le remercie beaucoup car on était dans un contexte pas du tout professionnel. Il n’y avait pas de kiné, pas de médecin. C’était juste lui et nous. C’était lui le conducteur du bus, etc. Cette deuxième saison en Nationale 2 m’a vraiment fait du bien dans la tête et dans mon basket. J’ai joué pour un coach qui m’a vraiment donné les clés du camion. Ca m’a permis de me montrer, et, à la fin de la saison, j’ai attiré deux ou trois équipes de Nationale 1. J’étais vraiment content. Au final, je me casse le scaphoïde mais Blois est quand même resté sur moi. Ils m’ont signé deux ans et ont préféré me laisser opérer tranquillement. Ca a été dur au début avec mon poignet, j’ai manqué les entraînements, les premiers matchs amicaux. C’était dur mentalement, car quand tu sors de Nationale 2 et que tu vois les gros joueurs qu’il y avait dans l’effectif, je me suis dis que je n’allais jamais être à la hauteur. Je me suis mis un peu de pression la première année, pendant laquelle je pense que j’aurai pu apporter un peu plus. On avait été jusqu’en finale des playoffs. Je me suis rattrapé sur la deuxième année, avec la montée en Pro B au bout. Durant l’intersaison, je me suis ensuite retrouvé en Nationale 1 à Caen, avec qui j’ai connu une deuxième ascension consécutive en Pro B la saison passée. Je suis reconnaissant des dirigeants du CBC, qui m’ont prolongé durant la trêve. Les paroles ne vont pas toujours jusqu’aux actes. Là, ça n’a pas été le cas et j’en suis très content. Actuellement, pour ma deuxième année en Normandie, j’ai également les clés du camion en Pro B donc je suis content de ce parcours et j’espère ne pas m’arrêter là. Pour l’instant, je me sens vraiment bien dans mon basket. On a une équipe, un coach et un staff qui ont confiance en moi, je le sens. Ca compte beaucoup pour un joueur. Du fait que j’étais déjà là l’année dernière, je connais les lieux, le public. Tu te sens bien quand tu commences un match. Je me revois un peu à Coulommiers, où c’est moi qui fait jouer mon équipe. Ca fait du bien. A Blois, j’avais le rôle du deuxième meneur qui devait rentrer, ne pas faire de bêtise et défendre fort. Meneur de jeu titulaire, c’est un rôle que j’ai apprécié mes premières années et c’est vrai que j’espérai le retrouver. Tu rentres sur le terrain et tu créés pour les autres. J’ai cette confiance là de tout le monde ici donc ça fait du bien. On va espérer que ça continue. Le championnat commence plutôt bien donc je suis satisfait. Mais la saison est longue, il va falloir que je sois sérieux jusqu’au bout et que l’on continue à gagner les matchs. On vise le maintien. Si l’on continue dans ce sens là, ça ne peut être que positif par la suite.
Concernant la Pro A ? Il se passera ce qu’il se passera. Si j’attire des équipes, tant mieux. Si non, ce n’est pas grave. J’espère avoir d’autres opportunités. Pour l’instant, je me sens très bien à Caen et c’est déjà très important. Je vais effectuer cette saison et on verra après. Même si c’est sûr que j’ai des objectifs, je n’ai jamais trop fonctionné à me mettre des choses dans la tête. Quand j’étais en Pré-Nationale, déjà jouer en N3 était pas mal. Une fois en N3, on a fait la montée avec Limoges donc je me suis dit que ça serait cool d’aller en N2. Ensuite, ça a été la N1 puis la Pro B. Je vois qu’au final, je ne suis pas ridicule en Pro B. C’était une appréhension avant le début du championnat, de savoir si j’étais capable de faire de bonnes choses à ce niveau là. Ca s’avère que oui et je me fixe encore des objectifs pour la suite.
(Affronter Cholet en coupe de France), c’était un contexte un peu particulier, sans véritable enjeu. C’est cool, on n’a pas beaucoup l’occasion d’affronter des équipes de Pro A. C’était un bon petit challenge, même si l’on ne l’a pas abordé comme un match de championnat ».

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