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Youri Morose, l’intrigant prospect guyanais de Cholet

Publié par le 19 mai 2017               
Youri Morose
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Dans le monde du basket professionnel, ils sont une poignée d’individus d’origine guyanaise à s’y être fait leur place. Parmi eux, on retrouve Kévin Séraphin et Damien Inglis, évoluant tout deux aux Etats-Unis respectivement en NBA et en D-League, mais aussi d’autres joueurs un peu moins médiatisé comme Livio Jean-Charles en Pro A, Christophe Léonard et Ywen Smock en Pro B, Yannick Gaillou en NM2 et le désormais retraité Claude Marquis. Le jeune espoir Youri Morose (2m01, 19 ans) sera certainement le prochain à passer chez les pros, suivi par son coéquipier Karlton Dimanche.

Ayant finalement choisi de persévérer dans le basket après s’être d’abord essayé au foot puis avoir concilié les deux sports, Youri a effectué ses premiers dribbles à l’âge de 10 ans à l’USL Montjoly. Avant lui, ce club guyanais est réputé pour avoir notamment accueilli dans ses rangs Claude Marquis, Kévin Séraphin et Christophe Léonard, qui auront été par la suite trois éléments majeurs et réussites du centre de formation du club des Mauges. Devenu spécialiste dans la détection et la formation de jeunes talents issus de la France d’outre-mer, Cholet Basket a attiré Morose dans ses filets dès ses 15 ans. Mais contrairement à la majorité de ces prédécesseurs, le natif de Montjoly n’a pas été démarché par Jean-François Martin (ancien entraîneur des espoirs, promu en 2015 directeur du centre de formation choletais). « Celui qui m’a repéré, c’est Sylvain Delorme, qui est mon coach en espoirs actuellement » explique le prometteur Youri, qui a séduit le technicien de par son potentiel mais aussi probablement ses qualités morphologiques, avant d’évoquer le processus rapide quant à son arrivée en Métropole. « Il m’a recruté sur le camp de Kévin Séraphin. Ensuite, je suis venu faire le camp de Cholet puis je suis entré au centre de formation ».

Ayant donc posé ses valises dans le Maine-et-Loire en 2013, ce véritable athlète espère alors bien suivre les traces de ses aînés. « Ce sont des exemples à suivre. Ils sont partis et ont réussi. Si on veut jouer au haut niveau, il faut essayer de marcher dans leurs pas » assure-t-il. Même si le changement de son quotidien a sans doute été un peu brutal à son arrivée à Cholet, l’adolescent n’a pas tardé pas à s’acclimater à sa nouvelle vie sur et en dehors des parquets. Basketballistiquement parlant, « le jeu est très différent. En Guyane, ça court un peu partout, ça shoote à n’importe quel moment. Ici, en France métropolitaine, c’est beaucoup plus structuré, réfléchi et cadré » compare aujourd’hui Youri, désormais éloigné de sa famille depuis près de quatre ans pour poursuivre son ambition de devenir basketteur professionnel.
Dès sa deuxième année dans les Mauges, ce joyau restant encore à polir survole la compétition et est sacré champion de France cadets 1ère division. Lors de la finale disputée à domicile sur le parquet de la Meilleraie face au BCM Gravelines-Dunkerque, Morose s’avère être l’un des tauliers de la formation choletaise en terminant la rencontre avec 17 points et 6 rebonds à son compteur. Dans son sillage, Cholet Basket s’impose aisément sur le score de 73 à 56. « Franchement, cette finale avait été assez facile. On avait mis beaucoup d’intensité dès le départ. Après, c’était un peu plus facile pour nous de jouer vu que l’on a essayé de tuer le match dès l’entame. On avait vraiment des éléments pour dominer le championnat » se souvient l’intéressé.
Cette même année, parallèlement à ses belles performances réalisées face à adversaires de sa catégorie d’âge, Youri Morose a aussi régulièrement été convoqué pour compléter le groupe espoirs. « J’allais simplement donner un coup de main quand ils voulaient bien. » mentionne-t-il. Ses premières apparitions sont encourageantes (5 points et 3 rebonds en 17 minutes en moyenne) et laissent entrevoir un avenir radieux. Mais personnellement, comme il l’explique, son utilisation en tant qu’ailier-fort a été difficile à gérer. « Ma première année espoirs, je jouais au poste 4 alors que j’avais l’habitude d’évoluer au poste 3. En U18, je dominais physiquement donc c’était beaucoup plus facile pour moi. En Espoirs, je dominais pas tant que ça et il fallait faire face à des joueurs avec beaucoup de talent et de physique ».
Repositionné sur son poste de prédilection depuis l’exercice 2015/2016, l’ailier guyanais tient alors un rôle plus important dans le dispositif désormais dirigé par Sylvain Delorme depuis 2016, promu coach principal des espoirs en remplacement de Régis Boissié.
Opposé à des adversaires disposant pour la plupart deux ou trois ans de plus que lui, Youri confirme sa progression ainsi que les attentes placées en lui à la suite d’une seconde période d’ajustement nécessaire, et termine la saison avec 6 points, 4 rebonds et 2 passes décisives en 22 minutes de temps de jeu.
« A partir de l’année dernière, j’ai principalement joué à l’aile. C’était un peu compliqué au départ parce que je devais me réhabituer à jouer au poste 3 et c’était différent des cadets. » indique-t-il.
Pour sa troisième saison chez les Espoirs Pro A, 2017 était donc censé être l’année de l’explosion pour cet ailier particulièrement polyvalent de nature réservé en dehors des terrains, mais néanmoins très efficace lorsqu’il entre en jeu de par son apport certain dans tout les secteurs.
Même s’il fait partie des cadres du groupe, le fait que l’effectif des U21 choletais soit pléthorique l’a empêché d’augmenter significativement ses statistiques individuelles (7 points, 5 rebonds, 3 passes décisives et 2 interception pour 9 d’évaluation en 24 minutes). Dans un centre de formation moins huppé, il ne fait aucun doute qu’il sortirait du lot… « Cette année, c’est mieux que ma saison précédente mais je ne suis pas vraiment satisfait de ce que je fais. Pour relativiser, c’est vrai que l’on ne peut pas tous mettre 20 points à tous les matchs donc il faut faire autre chose » commente celui qui a grandi à Montjoly.
Présent au scoring, dans la bataille aux rebonds, à la passe, aux interceptions et aux contres, Morose possède offensivement un tir fiable à trois-points, tandis que son envergure et ses mains XXL en font une arme de dissuasion redoutable en défense. Il s’agit en définitive d’une perle rare, qui plus est apprend rapidement et écoute attentivement les consignes de l’entraîneur. « Mon coach veut que je sois un joueur assez polyvalent qui puisse monter la balle, prendre des rebonds, faire des passes, organiser le jeu. J’essaye d’appliquer ce qu’il me dit et ça porte ses fruits » ajoute-t-il.

Concernant les prochaines échéances, le Trophée du Futur attend désormais Morose et ses coéquipiers, qui viennent de terminer à la troisième place de la saison régulière avec un bilan de 24 victoires pour 10 défaites, et retrouveront Gravelines-Dunkerque en quart de finale de la compétition. Leurs ambitions affichées pour ces playoffs de trois jours, se disputant en matchs couperets, sont précises. « L’objectif, vraiment, c’est de gagner. On n’y va pas pour passer le premier tour. On y va pour gagner (il le répète). Il ne faut pas se dire que l’on va arriver en bon deuxième ou en bon quatrième et que les équipes qui sont dans la deuxième partie de tableau vont nous laisser gagner. On a vraiment l’équipe pour faire un résultat : on a du physique, du talent offensif et on est bon défensivement » martèle le poste 3 titulaire des espoirs de Cholet.
Puis, il sera l’heure de prendre une décision quant à son avenir concernant la prochaine saison. Avec le départ de plus en plus fréquent de jeunes espoirs vers la Pro B suite à l’application de nouveaux règlements dont la fameuse règle des moins de 23 ans, Youri Morose espère légitimement intégrer un effectif professionnel. « Pour l’instant, je n’ai pas la moindre idée de ce que je vais faire l’année prochaine. Je sais ce que j’ai envie, mais cela va dépendre de si les opportunités vont se présenter ou non. J’aimerai bien intégrer soit le groupe pro de Cholet Basket, soit partir dans un autre club mais pour être considéré comme un joueur professionnel. Si une telle opportunité se présente, je pense que je l’a saisirai sans réfléchir. Mais il faut que ça vienne » dévoile l’ailier choletais, dont le plan de carrière idéal serait avant tout d’évoluer « en Pro A puis en Euroleague, (son) objectif. »
Entre temps, ce prospect qui est étrangement passé sous les radars de la FFBB aimerait logiquement bien connaitre sa première sélection avec les Bleuets cet été, le prochain championnat d’Europe des 20 ans et moins étant sa dernière opportunité de porter le maillot des Bleuets. Même s’il ne figure pas sur la liste de la première pré-sélection dévoilée par le sélectionneur Jean-Aimé Toupane pour préparer cette compétition internationale, Youri laisse la porte ouverte à une convocation. « En ce qui concerne l’équipe de France, c’est vrai que c’est une expérience que j’aimerai bien tenter. Si l’opportunité se présente, je pense que je l’a saisirai ».

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2 Commentaires

  1. fanicia

    20 mai 2017 at 0 h 52 min

    Vous avez quand même oublié Livio jean-Charles dans la liste des guyanais Basketteur professionnel!!!

  2. VINCENT René-Claude

    22 mai 2017 at 13 h 53 min

    2 ans au Pôle Espoir de Guyane

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