Pas encore majeur et après deux ans passés au Centre Fédéral, la jeune pépite Juhann Begarin (1m95, 17 ans) poursuit cette saison son développement du côté de Paris Basketball. Dans l’antichambre de l’élite du basket français, il a été placé en couveuse auprès du coach Jean-Christophe Prat. Ce dernier est réputé pour avoir fait éclore de nombreux jeunes talents au plus haut niveau.

Begarin, leader de la génération française 2002, possède un avenir radieux qui se dessinera certainement aux Etats-Unis. Conscient de son potentiel, l’équipementier Adidas l’a récemment recruté dans ses rangs. L’intéressé fait désormais partie de ses ambassadeurs à travers un contrat de sponsoring. Nous sommes allés à sa rencontre, à la sortie d’une victoire importante de son équipe en championnat face à l’Ujap Quimper.


Juhann, tu as participé au Basketball Without Borders à Chicago au mois de février en marge du NBA All-Star Weekend. As-tu pu t’évaluer face aux meilleurs autres jeunes potentiels mondiaux de ta génération ?
Juhann Begarin : J’ai pu m’évaluer en jouant contre eux, voir quel était le niveau. En revanche, je ne peux pas me situer par rapport aux autres, ce n’est pas moi qui décide de ma place dans les classements. Ce que je peux dire, c’est que je ne me rabaisse pas par rapport à d’autres joueurs. Aussi, c’est toujours un plus de pouvoir affronter des joueurs venant de partout dans le Monde.

Parmi 44 joueurs, tu as été sélectionné dans l’équipe « All-Star » au terme du camp. Comment s’est globalement passé l’évènement pour toi ?
Juhann Begarin : J’ai réalisé de bonnes performances, mais je n’étais pas satisfait de moi. Les deux premiers jours, je n’ai pas pu évoluer à mon vrai niveau. En conséquence, je n’ai pas pu montrer tout ce que je sais faire. C’est un peu dommage. Mais ensuite, les deux derniers jours, j’ai pu remonter la pente et montrer mon vrai niveau.

 

“Je ne me rabaisse pas par rapport à d’autres joueurs”

 

Durant ce séjour, as-tu pu bénéficier de conseils de coachs ou de joueurs NBA présents pour l’occasion ?
Juhann Begarin : Non, pas forcément. Les coachs ne sont pas vraiment là pour nous conseiller. Ils sont plus présents pour nous gérer. Quand on joue les matchs, ils nous expliquent certaines choses mais ce ne sont pas vraiment des conseils pour l’avenir ou la continuité en général.

Est-ce que tu as pu profiter du week-end en assistant aux concours du samedi soir ou à l’un des matchs ? Si oui, quel a été ton moment préféré ?
Juhann Begarin : Oui, c’était super. Même s’il y avait le show au concours de dunks, que les joueurs qui y participaient étaient de haut niveau, j’ai préféré le match du dimanche. Je pense que c’était l’un des meilleurs All-Star Game que j’ai vu. Il y avait de l’intensité, les gars jouaient sérieusement. Franchement, c’était un beau match. C’était la première fois que je voyais un All-Star Game durant lequel les gars jouaient vraiment et se donnaient pour essayer de gagner.

De retour en France, à quoi ressemble le quotidien d’un prospect NBA de 17 ans ?
Juhann Begarin : On va à la salle, on s’entraîne, on rentre chez soi, on mange et on revient s’entraîner. C’est pareil dans tous les clubs, il n’y a pas de particularité. Je vis un quotidien normal, identique à n’importe quel basketteur évoluant dans un club professionnel. Cependant, puisque j’ai encore le baccalauréat à obtenir, j’ai également des cours avec un professeur une fois par semaine.

 

“Je vis un quotidien normal, identique à n’importe quel basketteur”

 

Comment gères-tu toute cette attente et pression au quotidien liées à ton avenir ?
Juhann Begarin : Je ne gère rien du tout. Je ne m’occupe que du basket, je travaille pour atteindre mon objectif. On verra où ça me mène. Je sais juste qu’il faut que je bosse dur. Après, que les gens me voient d’une manière ou qu’ils attendent des choses de moi, je ne m’en préoccupe pas. Je sais ce que j’attends de moi et c’est ce qui compte.

Ton club actuel, le Paris Basketball, possède de fortes ambitions et de puissants moyens financiers pour la Pro B, mais parvient difficilement à confirmer sur le terrain en obtenant des résultats sportifs en demi-teinte depuis le début de la saison. En tant que plus jeune joueur de l’effectif mais élément responsabilisé, comment vis-tu ces moments-là ?
Juhann Begarin : On joue au basket, on écoute les consignes du coach. Nous sommes payés pour jouer au basket et être performants, tout simplement.

Comment vois-tu la fin de saison au niveau individuel et collectif ? Quelles vont être tes objectifs pour toi et ton équipe ?
Juhann Begarin : On va essayer d’accrocher les playoffs, ce qui est l’objectif numéro 1. Après, on verra bien par la suite pour jouer la montée en Jeep Élite. Individuellement, je veux montrer ce que je vaux au niveau de la Pro B. J’ai envie de montrer que je suis un bon joueur, me faire voir par les scouts et toutes les franchises NBA.