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Ces basketteurs NBA américains devenus stars en Europe

Ces basketteurs NBA américains devenus stars en Europe

450 places étant disponibles chaque année en NBA, les Américains poussés vers la sortie décident de se tourner vers l'Europe.

Mis à jour le 9 août 2026
Ces basketteurs NBA américains devenus stars en Europe

Seulement 450 places étant disponibles chaque année dans le plus prestigieux championnat de basket-ball au Monde, les Américains poussés vers la sortie ou en manque de temps de jeu décident pour la plupart d’exporter leurs talents en Europe ou en Chine.

Quitter le confort de leur pays et les paillettes de la NBA pour vivre convenablement de la pratique de la balle orange dans un autre Continent n’est pas une décision forcément aisée à prendre pour ces athlètes. Tous ne s’adaptent pas à un autre style de jeu qui est pratiqué, de même qu’à la culture locale. Cependant, certains deviennent des basketteurs incontournables, au point parfois de disposer du statut d’icône.

Shane Larkin

Malgré un « petit » gabarit de 1m80 pour 80 kg, qui fait penser à Allen Iverson, Shane Larkin affole les défenses adverses qui n’ont pas encore trouvé la solution pour le stopper. Scoreur né, le 18ème choix de la draft 2013 n’a pourtant pas réussi à s’imposer durablement en NBA de la façon dont il souhaite. Ce n’est pas grave pour lui, le natif de Cincinnati a trouvé une deuxième maison au bord du Bosphore.

Portant le maillot de l’Efes Istanbul depuis 2018 après une première expérience en Euroleague avec Vitoria lors de l’exercice 2016/2017, l’ancien joueur des Mavericks, Knicks, Nets et Celtics s’y est imposé en tant que véritable superstar. Sacré champion de Turquie après un dernier match à 38 points, il a également emmené les siens jusqu’en finale de l’Euroleague. Ses 59 points inscrits en 62 minutes à l’occasion du Final Four resteront dans les annales. Les fans turcs étant littéralement tombés amoureux de ce formidable attaquant, la Turquie l’a dernièrement naturalisé afin qu’il puisse défendre les couleurs de ce pays lors des compétitions internationales.

Anthony Randolph

Ayant débarqué en NBA à l’âge de 19 ans à la suite de sa sélection en 14ème position de la draft par les Golden State Warriors, Anthony Randolph était à ce moment là un prospect de premier rang. Ses deux premières saisons dans la grande ligue étaient alors très encourageantes. En 2019/2010, il y compilait 11.6 points et 6.5 rebonds en 23 minutes de temps de jeu en moyenne par match. Ensuite trimbalé de franchise en franchise (Knicks, Timberwolves, Nuggets, Bulls et Magic), cet intérieur gaucher longiligne et très bon défenseur a vu son rôle ainsi que ses performances décroitre.

Son départ en Europe l’aura totalement relancé. A Kuban d’abord, où il aura passé deux saisons, puis au Real Madrid avec qui il évolue depuis 2016 et a remporté pas moins de trois titres (vainqueur de l’Euroleague en 2018 et double champion d’Espagne en 2018 et 2019). Naturalisé slovène en 2017, ce coéquipier de Goran Dragić et Luka Dončić en sélection nationale a été sacré champion d’Europe la même année. Il a été un élément essentiel de la Slovénie dans la quête de ce titre obtenu un peu à la surprise générale. Pour l’anecdote, Randolph possède la particularité d’être né en Allemagne, puisque son père était un soldat de l’armée américaine y ayant officié quelques années.

Norris Cole

Sacré double champion NBA en 2012 et 2013 avec le Miami Heat à l’époque où LeBron James portait les couleurs de la franchise floridienne, Norris Cole est un meneur de jeu expérimenté que toute équipe européenne souhaiterait avoir dans son effectif. Sa mentalité de gagnant en fait un joueur convoité. Doté d’excellentes qualités athlétiques et offensives, leader sur les parquets et ne rechignant pas à défendre avec intensité, il fait figure de joueur rêvé pour un coach.

Après six saisons plus que correctes passées de l’autre côté de l’Océan, c’est donc désormais sur le Vieux Continent que le natif de Dayton (Ohio) soulève des trophées. Cole a effectué ses premiers pas à l’étranger à Israël avec le Maccabi Tel-Aviv, avant de rejoindre successivement Avellino en Italie, Podgorica au Monténégro, Monaco et dernièrement Villeurbanne en France où il évolue actuellement.

Greg Monroe

A une époque pas si lointaine, Greg Monroe a été un intérieur dominant en NBA. Sa carrière dans la ligue nord-américaine avait d’ailleurs très bien débutée. Retenu en 7ème position de la draft par les Detroit Pistons, ce pivot formé à la prestigieuse université de Georgetown a participé à la mi-saison au Rising Stars Challenge. Signataire en 2015 d’un contrat faramineux de 60 000 000 dollars sur trois ans, l’intéressé a réalisé cinq saisons quasi complètes à près de 15 points et 10 rebonds de moyenne par match.

Son impact en NBA diminuant et un peu à la surprise générale au vu de son pedigree, il a décidé à 29 ans de traverser l’Océan Atlantique. Ne faisant pourtant pas des plus gros mastodontes de l’Euroleague, le Bayern Munich a pu s’offrir ses services dans un premier temps. Durant la dernière inter-saison, il a pris la direction de la Russie et du Khimki Moscou où un contrat plus lucratif l’attendait. Sur le Vieux Continent, Monroe a retrouvé sa grande efficacité dans la peinture.

Malcolm Delaney

A la différence des quatre autres basketteurs mentionnés dans cet article, cet élégant arrière shooteur a d’abord effectué ses débuts professionnels en Europe avant d’évoluer plus tard en NBA. Non drafté à sa sortie de l’université de Virginia Tech, Malcolm Delaney est passé par des chemins de traverse loin de son pays natal pour atteindre son objectif ultime. Après avoir réalisé un triplé historique avec l’Élan Chalon-sur-Saône lors de son année rookie, l’enfant de Baltimore a remporté le titre de champion d’Ukraine la saison suivante. Puis le championnat allemand encore un an plus tard. Le tout en étant élu MVP de la compétition au terme de chacune de ces deux expériences en dehors de la France.

Le club russe de Kuban le signera alors pour deux saisons. Son association avec son compatriote Anthony Randolph aura fait des ravages en Euroleague. Connaissant une ascension exponentielle, Delaney finira par rejoindre la NBA. Et ce, en signant un contrat de deux ans en faveur des Atlanta Hawks. Il est aujourd’hui l’un des meilleurs joueurs de l’Euroleague à son poste, si ce n’est le meilleur. Les plus grandes écuries se l’arrachent. Membre du FC Barcelone la saison passée, il évolue actuellement au sein de l’ambitieuse formation de Milan.

Quand la NBA n'est qu'une étape : les Américains qui deviennent rois d'Europe

Chaque saison, des dizaines de joueurs américains formés dans les universités NCAA et passés, parfois brièvement, par la NBA franchissent l'Atlantique pour tenter leur chance dans les championnats européens. Pour beaucoup, ce qui devait n'être qu'un plan B se transforme en carrière majuscule. Loin des projecteurs nord-américains, ils deviennent des figures incontournables de l'EuroLeague, la deuxième compétition de clubs la plus relevée de la planète derrière la NBA, et gagnent un statut de vedette qu'ils n'auraient jamais atteint outre-Atlantique. Tour d'horizon de ces Américains devenus des stars du Vieux Continent, à l'heure où la NBA elle-même s'apprête à débarquer en Europe.

Le rôle central de l'EuroLeague

L'EuroLeague structure le basket de clubs européen depuis 2000. Elle rassemble les meilleures formations du continent au cours d'une longue saison régulière disputée en matchs aller-retour, avant des play-offs et un Final Four qui couronne le champion. Le niveau de jeu, l'intensité défensive et la richesse tactique y sont tels que de nombreux joueurs passés par la NBA affirment y avoir progressé sur le plan du basket pur. Contrairement à la Grande Ligue nord-américaine, où le talent individuel prime souvent, l'EuroLeague valorise le collectif, la lecture du jeu et la constance sur une saison exigeante entre championnat national, coupe et matchs continentaux.

Pour un joueur américain, s'imposer en EuroLeague signifie apprendre un basket différent : moins de systèmes en isolation, davantage de jeu de passes, une gestion millimétrée de l'horloge et un rapport très particulier au public, souvent bouillant dans les salles turques, grecques, serbes ou espagnoles. Ceux qui s'y adaptent y trouvent une reconnaissance immense et une longévité que la NBA, impitoyable, leur refuse.

Mike James, l'archétype de la star américaine d'Europe

Aucun exemple n'illustre mieux ce phénomène que Mike James. Passé par plusieurs franchises NBA sans jamais s'y installer durablement, le meneur est devenu l'un des visages de l'EuroLeague sous les couleurs de l'AS Monaco, qu'il a rejointe et portée pendant cinq saisons. Scoreur d'exception, capable de créer son tir dans n'importe quelle situation, il est devenu le meilleur marqueur cumulé de l'histoire de la compétition et détient le record du classement d'efficacité (PIR) cumulé, avec plus de 5 600 points d'indice. Élu MVP de journées, régulièrement au sommet des classements individuels, il a incarné la montée en puissance du club de la Principauté sur la scène continentale avant d'entrer en agent libre à l'issue de la saison 2025-2026.

Shane Larkin, la légende d'Istanbul

Autre trajectoire emblématique : celle de Shane Larkin. Fils de la star du baseball Barry Larkin, l'ancien joueur de Miami, Dallas, New York et Boston a trouvé sa véritable dimension en Turquie. Arrivé à l'Anadolu Efes en 2018, il y a conduit le club stambouliote à deux titres consécutifs d'EuroLeague, en 2021 et 2022, formant l'ossature d'une des grandes équipes de la dernière décennie. Naturalisé turc, meneur explosif et adroit, il est devenu une idole locale. Après huit saisons et malgré une fin de parcours gênée par des blessures, il a quitté l'Efes pour rejoindre le grand rival stambouliote, le Fenerbahçe Beko, preuve que son statut de superstar reste intact sur les rives du Bosphore.

Les artisans de l'ombre devenus indispensables

Tous les Américains stars d'Europe ne sont pas des scoreurs flamboyants. Kyle Hines, intérieur au gabarit atypique passé par l'Olympiacos, le CSKA Moscou puis l'Olimpia Milan, s'est bâti une réputation de champion et de défenseur d'élite, l'un des joueurs les plus titrés de l'histoire de la compétition, avant de prendre sa retraite. Nick Calathes, meneur passeur au QI basket rare, ancien de Memphis en NBA, a marqué de son empreinte le Panathinaïkos, le Barça puis Monaco, et continue de circuler entre les grands clubs européens, rejoignant en cours de saison 2025-2026 le Partizan Belgrade et son emblématique entraîneur Zeljko Obradovic.

D'autres exemples confirment cette tendance de fond :

Salaires, culture et art de vivre

Pourquoi ces joueurs choisissent-ils l'Europe ? La question de l'argent n'est pas anodine. Si les salaires de l'EuroLeague restent très inférieurs aux contrats maximum NBA, les meilleurs éléments peuvent y toucher des rémunérations nettes attractives, souvent exemptes d'impôt selon les pays, avec logement et voiture fournis par le club. Pour un joueur qui n'est pas assuré d'un rôle majeur en NBA, un contrat de star en EuroLeague offre stabilité, temps de jeu et responsabilités, là où la Grande Ligue lui proposerait un bout de banc précaire.

Au-delà de l'aspect financier, c'est un mode de vie qui séduit. Les joueurs américains découvrent des villes chargées d'histoire, un public passionné et une place centrale dans le projet sportif du club. Beaucoup nouent un lien durable avec leur ville d'adoption, apprennent la langue, s'y installent en famille et deviennent de véritables ambassadeurs. Le contraste avec la vie de nomade d'un role player NBA, ballotté d'une équipe à l'autre au gré des transactions, est saisissant.

Un vivier appelé à grandir

Le phénomène des Américains devenus stars d'Europe n'est pas prêt de s'essouffler. À mesure que le niveau de l'EuroLeague grimpe et que sa visibilité mondiale s'étend, le Vieux Continent apparaît comme une destination de carrière à part entière, et non plus comme un simple lot de consolation. L'arrivée annoncée d'une ligue portée par la NBA en Europe, à l'horizon 2027, pourrait encore renforcer l'attractivité du marché continental pour les joueurs formés aux États-Unis. Mike James, Shane Larkin et les autres ont ouvert la voie : en Europe, un basketteur américain passé par la NBA ne finit pas sa carrière, il en écrit parfois le plus beau chapitre.