Respectivement arrivés en 2013 et 2014 au sein de l’équipe professionnelle de LDLC ASVEL, TJ Parker et David Lighty sont des fidèles de la maison verte. A l’occasion de la première édition des Paris European Games, nous avons eu l’opportunité de nous asseoir quelques minutes aux côtés de ces deux acteurs incontournables du basket villeurbannais. Que cela soit les ambitions de l’ASVEL cette saison dans les diverses compétitions, le faux-départ de David Lighty en Grèce l’été dernier ou encore les premiers pas de Théo Maledon en NBA, plusieurs sujets sont revenus sur la table. Interview exclusive avec deux des champions de France en titre :

Durant l’inter-saison, des équipes comme l’ASVEL, Monaco ou encore Paris ont réalisé un recrutement impressionnant. Que pensez-vous de cette concurrence qui s’installe dans le championnat de France ?
David Lighty : C’est une bonne nouvelle. Plus il y a de bons joueurs qui arrivent, mieux c’est pour le championnat et les fans. La compétition s’améliore. En tant qu’athlète, vous voulez jouer contre les meilleurs. Je pense que ça va être une bonne saison à suivre.

LDLC ASVEL est engagée à la fois en Betclic Elite, en coupe de France et en Euroleague. A quel point est-il compliqué d’essayer de gagner tous les matchs ? Et ce, notamment face à des équipes plus faibles que la votre sur le papier dans le championnat français ?
TJ Parker : C’est toujours la difficulté du championnat. Les voyages sont compliqués. Et encore, on n’a pas encore vécu une saison entière sans qu’elle ne soit entrecoupée. On sait que lorsque l’on jouera des grosses équipes Euroleague, on peut les battre. Mais on sait également que le week-end est important. L’équipe que l’on affrontera nous attendra depuis une semaine. Et elle voudra vraiment nous battre. C’est là où nous devrons être prêts. On sait que l’on aura des moments un peu moins bien durant lesquels on va perdre des matchs. C’est comment on se relève par rapport à ça qui est important. Bien sûr, le but c’est de gagner en championnat mais essayer aussi de faire le mieux possible en Euroleague. Nous voulons faire encore mieux que la saison dernière en compétition européenne. On a une équipe de gagnants, on veut gagner. C’est pour ça qu’on est à l’ASVEL. On est là pour gagner le plus de matchs possibles.

Pensez-vous qu’il sera possible de tout rafler en France cette saison, dont la Leaders Cup que l’ASVEL n’a plus remportée depuis 2010 ?
TJ Parker : Nous voulons tout gagner, bien sûr. Nous ne disons pas que nous sommes les favoris mais nous voulons en faire partie. Le basket-ball n’est pas fait de sorte à ce que le favori gagne toujours. Il y a beaucoup de choses à prendre en compte. Vous devez travailler pour obtenir des titres. Vous devez vous assurer de trouver une bonne cohésion d’équipe.

Le staff technique et médical de l’Asvel s’agrandit d’année en année. Est-ce un facteur important pour remporter de plus en plus de matchs en Euroleague au fil des saisons ?
TJ Parker : Je pense que c’est une volonté de Tony, le président. Il regarde cette équipe comme une franchise NBA. Vous avez 15 joueurs, donc vous devez avoir un staff en conséquence pour que les gens se sentent au mieux. Nous avons deux préparateurs physiques et trois kinés. Les joueurs peuvent recevoir des soins dans les vestiaires quand ils veulent. Nous avons toujours deux gars pour travailler avec nos athlètes dans la salle de musculation. C’est exactement comme en NBA. Vous avez du développement individuel des joueurs. Nous faisons du mieux possible en tant que staff. Après ça, c’est aux joueurs bien sûr de performer sur le terrain. Nous essayons de les mettre dans le meilleur environnement possible pour jouer au basket.

David Lighty, élément cadre de l’équipe et au club depuis six saisons, a été annoncé en partance pour l’Olympiakos par plusieurs médias grecs durant la trêve estivale. L’intéressé a finalement prolongé son contrat à l’Asvel jusqu’en 2026. Comment avez-vous réussi à le retenir ?
TJ Parker : David et moi nous connaissons depuis longtemps. Je ne comprends toujours pas qu’il n’ait pas joué autre part en Euroleague. Sa loyauté envers le club est grandiose… C’est juste incroyable de garder un gars comme ça. Quoi qu’il arrive, c’était le choix de David de partir ou de rester. Tony a essayé de tout faire pour le garder. Je pense qu’il aime être à l’Asvel, le groupe de joueurs ici et aussi la philosophie qui est mise en place. C’était son choix et nous sommes content de le garder dans l’effectif.

David, en étant engagé avec l’Asvel jusqu’à vos 38 ans, allez-vous y finir votre carrière ?
David Lighty : Je dirai ça. A moins qu’une équipe NBA m’appelle pour aller jouer avec elle… (rires). Je vais très certainement prendre ma retraite ici. Tout est possible mais c’est comme ça que j’envisage les choses. Jouer mon dernier match avec l’Asvel, voir mon maillot monter au plafond, embrasser tout le monde pour dire au revoir et partager quelques larmes.

Parlons désormais un peu de basket américain. Vous avez tous les deux côtoyés Théo Maledon pendant deux ans, juste avant sa draft. Sa première saison dans la Grande Ligue est très impressionnante. Avec 10.1 points inscrits en moyenne par rencontre, il est devenu le meilleur marqueur de l’Histoire des rookies français en NBA. Quelle carrière lui prédestinez-vous ?
TJ Parker : Il ne faut pas aller trop vite. Marquer 10 points par match dans la nouvelle NBA n’est pas quelque chose d’incroyable. Théo a réalisé une bonne saison. Il est dans une équipe avec aucune superstar. C’est une bonne chose pour lui afin de se développer et avoir des minutes. C’est une chance car cela dépend par quelle équipe tu es sélectionné. Pour moi, il a été drafté au bon endroit. Théo possède du temps de jeu. Cela est aidé du fait qu’il n’y ait pas de superstar à OKC. Il a la balle dans les mains, de la place sur le terrain et ça lui permet d’être de mieux en mieux. Il va être bon.

David Lighty : Théo a toujours un très long chemin à parcourir. Il a eu une bonne saison. Je pense que c’est un bon début pour lui. Comme TJ a dit, l’équipe dans laquelle tu vas joue une grande importance dans ce que sera ta carrière. J’ai vu beaucoup d’amis aller dans des équipes et leur carrière s’est arrêtée. D’autres amis ont rejoint d’autres équipes et leur carrière est allée de l’avant. Je pense que Théo a une bonne situation à OKC. Il peut jouer, faire des erreurs et il ne sera pas sorti du match. Il peut apprendre ce dont il a besoin de travailler pour devenir meilleur.