Meilleur joueur de l’incontestable meilleure équipe du championnat de France Espoirs cette saison, Léopold Cavalière (2m01) a logiquement été sacré MVP de l’exercice 2015/2016 par les coaches de la compétition. Ses quelques apparitions sur le parquet en Pro A ont également été pleines de promesses pour l’avenir. Nous sommes allés à sa rencontre.

Comme pour beaucoup de basketteurs professionnels actuels, c’est en étant très jeune que celui que l’on surnomme “Léo” inscrit ses premiers paniers. “J’ai commencé le basket assez tôt, vers 5 ou 6 ans, je ne me rappelle plus exactement”, indique t-il. Mais au contraire de la majorité de ses confrères, le basket n’est alors pas une histoire de famille. “Je suis né d’un père handballeur et d’une mère volleyeuse et ma grande taille les a poussé à me faire essayer le basket”. Natif d’Albi, commune localisée dans le Tarn, il a grandi à 70 kilomètres de là, en région toulousaine. “J’y ai joué jusqu’à mes 15 ans avec notamment deux ans au pôle espoir de Toulouse”, explique t-il. C’est alors que les tests avec le centre de formation de l’Elan Béarnais s’avèrent concluant et que Cavalière va engranger les succès. “Je suis ensuite arrivé en cadets à Pau puis ai gravi les échelons petit à petit. Nous avons gagné la coupe de France U17, le championnat de France U18 puis le championnat espoir tout récemment”.

Ailier-fort de formation et de prédilection, il peut également se décaler au poste 3 en fonction des besoins de son équipe. D’ailleurs, cette position à l’aile pourrait bien être la sienne au niveau professionnel. “J’ai toujours été intérieur jusqu’à la saison dernière, où Claude Bergeaud m’a fait évoluer en 3 au sein de l’équipe pro. Aujourd’hui, je suis 4 et ça se passe très bien pour moi. Je ne sais pas si j’ai une préférence, je cherche juste à développer cette polyvalence afin de pouvoir saisir un maximum d’opportunités. Que ce soit maintenant où lorsque j’aurai plus d’expériences, je pense que ça peut être un vrai atout”.

Venant de fêter ses 20 ans le mois dernier, tout semble actuellement réussir pour le jeune Léopold, récemment recruté par l’influente agence serbe BeoBasket qui compte parmi ses rangs de nombreuses stars Euroleague et NBA. Un signe qui ne trompe pas quant à son potentiel d’atteindre un jour l’excellence. Mais il y a un an, une blessure importante au genou aurait pu briser ses rêves de carrière dans le basket professionnel. Une expérience sans aucun doute douloureuse aussi bien physiquement que mentalement, mais qui l’a finalement endurcie. “Lors de la soirée des trophées LNB, j’ai tenu à remercier toutes les personnes qui m’ont aidé à en arriver là depuis le début. Mais j’ai aussi dit que j’avais une pensée particulière à tous ceux qui m’ont accompagné depuis ma blessure. J’ai été opéré du tendon rotulien à 18 ans, période à laquelle lancer sa carrière est important donc il y avait de quoi douter… J’ai pris mon mal en patience et j’ai travaillé pour revenir plus fort. Beaucoup d’incertitudes ont disparues aujourd’hui, mais j’ai aussi réalisé que ça pouvait aller très vite, dans un sens comme dans l’autre. Donc il est important de “kiffer le moment” et aujourd’hui je suis revenu, j’ai été élu MVP et j’ai gagné le championnat avec une équipe formidable. Donc je kiff”.

Signataire en début de saison de son premier contrat professionnel avec son club formateur, celui qui dispute actuellement sa cinquième saison à Pau-Lacq-Orthez souhaite désormais être un membre à 100% de l’effectif professionnel alors qu’il aura encore une année d’éligibilité dans le championnat Espoirs à la rentrée prochaine. Un voeu logique qui semble tout à fait réalisable, surtout si l’on regarde les parcours de ses prédécesseurs au titre de MVP tels que Axel Julien, Axel Bouteille ou encore Yakuba Ouattara. “Il est vrai que je ne compte plus évoluer en espoirs l’an prochain. J’ai signé trois ans à l’Élan, donc il me reste encore deux ans de contrat, et j’espère réellement commencer à avoir des responsabilités au sein de l’équipe pro. Je n’ai pas eu beaucoup l’occasion d’en avoir cette année, mais encore une fois, j’ai pris mon mal en patience car c’était l’année de ma reprise et je me suis davantage focalisé sur le championnat espoir et être compétitif aux entraînements avec les pros. Je me sens aujourd’hui prêt à passer un cap et j’espère que j’aurai ma chance !”

Mais l’année sportive n’est pas encore terminée pour Léopold Cavalière et ses coéquipiers, qui ont littéralement dominé le championnat Espoirs Pro A cette saison. D’ores et déjà vainqueurs de la saison régulière, qui s’achèvera ce mardi soir pour eux par un déplacement à Orléans, les espoirs Palois seront les grands favoris pour réaliser le doublé en remportant le Trophée du Futur, c’est-à-dire les playoffs du championnat, même si tout peut se passer sur un match. “On ne pense pas à si on est favori ou pas, ce que les gens disent et prévoient ne nous importe pas. Nous n’étions pas prévus pour être champion de France et pourtant… Nous avons fait une formidable saison et nous voulons la parapher de la plus belle des manières en gagnant ce trophée. Quant aux adversaires qui peuvent être les plus dangereux, si on m’avait posé cette question à la mi-saison, j’aurais immédiatement pensé aux équipes qui nous ont infligé trois défaites au mois de décembre (respectivement Gravelines, l’Asvel et Chalon/Saône). Mais aujourd’hui, nous avons battu toutes les équipes du championnat et je suis confiant. Je pense que les gars le sont aussi. Si on joue notre jeu, à notre intensité et qu’on dicte notre rythme, personne ne peut nous arrêter”.

Saison individuelle et collective exceptionnelle coïncide forcément avec la sélection nationale. Le maillot de l’équipe de France, Léopold l’a déjà porté au cours d’une campagne internationale avec les Bleuets dans la catégorie des moins de 16 ans. C’était en 2012 et il avait décroché la médaille d’Argent à l’EuroBasket. Quatre années plus tard, sa participation au championnat d’Europe U20 est indiscutable. “La campagne U16, j’en garde un très bon souvenir, une très belle expérience avec un très beau groupe mais un petit goût amer sur la fin (défaite en finale contre la Turquie 66-61). Quant aux U18, ce sont mes genoux qui commençaient déjà à m’embêter, je ressens juste un peu de déception de ne pas avoir pu tout donner. Pour cette année, je pense forcément à l’équipe de France vu que cette échéance approche. Mais j’essaye aussi de rester focalisé sur ce qui va se présenter d’abord : peut être des playoffs pro et le trophée du futur”.