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Interview croisée avec Pascal et Lucas Donnadieu (Nanterre)

Publié par le 28 mars 2016               

Interview réalisée par Alexandre Daumur-Smith.

– Questions communes –

– Comment se fait la relation père/fils dans ces conditions ? Est-elle facile ou plutôt difficile à gérer ?
Pascal : En ce qui me concerne, ce n’est pas forcément évident. Effectivement, moi et mon équipe sommes souvent en déplacement. Je n’ai pas souvent l’occasion de le voir jouer. J’essaie d’y aller quand je peux. Et puis c’est vrai que la difficulté d’être coach quand on va voir son fils jouer, c’est qu’on n’a pas envie d’empiéter sur le coaching des coachs qu’il a pu avoir depuis qu’il joue. Voilà, il y a des parents envahissant et qui n’y connaissent rien. Moi je me suis toujours refusé d’intervenir par rapport à Lucas. Je me mets en réserve. Ce n’est pas toujours évident. Parfois, j’essaie de le conseiller mais ce n’est pas simple comme relation.
Lucas : Le fait que je sois passionné de basket, que ce soit un peu grâce à lui que maintenant je joue et que je coach les petits. Moi, ça ne me dérange pas de ne pas le voir souvent puisque de toute façon on peut le suivre à la télé tout comme les résultats et c’est quelque chose que j’aime bien. Donc cela ne m’a pas déstabilisé.

– Est-ce qu’on a rapidement l’envie que son fils nous suive dans le coaching ? Est-ce qu’on a rapidement l’envie de suivre son père ?
Pascal : Déjà, je ne les ai pas forcé à faire du basket. Je suis content qu’ils en fassent par eux-mêmes. Après, ce n’est pas toujours facile pour eux. Moi, je suis toujours content de les voir jouer. Et surtout, je suis encore plus content de les voir coacher puisque transmettre des valeurs, c’est un beau métier. Donc le fait qu’ils aient envie de suivre un peu cette voie. En plus, ils le font correctement, s’occuper des jeunes du club. Je suis fier qu’ils puissent faire ça.
Lucas : On m’a demandé assez rapidement d’être coach pour me former doucement. Mais c’est vrai que j’y pensais un petit peu. Parce que le fait de voir mon père coacher et puis ma famille, ça m’a vite donné envie de transmettre ma passion. Et comme j’ai une bonne relation avec les jeunes, c’est quelque chose que j’avais envie de faire. Maintenant c’est un peu une motivation.

– Dans le sport, il y a certains joueurs qui sont critiqués en disant que ce joueur n’est là que grâce à sa famille. Est-ce possible de se hisser au haut niveau grâce à sa famille ?
Pascal : Non, il y a toujours un moment où de toute façon les limites de ce système s’arrêtent. En plus, quand on est comme ça dans un truc familial, il y a deux options. La première est que certaines familles font le choix de les pistonner et de voir que le bon côté. Nous, on est plutôt dans l’autre sens. C’est-à-dire que c’est un désavantage pour eux puisque par rapport à l’histoire du club, on ne veut absolument pas qu’ils soient favorisés. On est surement beaucoup plus sévère avec eux. Mon père était comme ça avec moi. On est certainement plus exigeant avec eux qu’avec d’autres éducateurs du club.
Lucas : Non. Comme l’a dit mon père tout à l’heure, il ne veut pas trop intervenir par rapport à nos coachs. Je pense qu’il a fait le bon choix de ne pas trop nous pousser. Si avec mon frère, on devait être à un meilleur niveau, on le serait grâce à nous. Si mon père m’avait pistonné, j’aurais été mal à l’aise car je me serais dit que je n’étais pas à ma place. U20 élite est un très bon niveau et je suis surement à ma place. Ce n’est pas une déception de ne pas être en espoirs ou sur le banc des pros.

– Est-ce plutôt une relation d’admiration ou de rivalité positive (c’est-à-dire surpasser son père dans l’optique de faire encore mieux que lui) ?
Pascal : Il faut un peu des deux. J’espère que le fait de me voir au quotidien, de voir les difficultés, de voir comment on peut les résoudre, va les aider. Je pense qu’il ne faut pas copier. Il faut conserver sa personnalité. Lucas a sa personnalité, qui peut être différente de la mienne. Alors si mes enfants peuvent s’inspirer et prendre le bon tout en gardant son identité, c’est bien. C’est valable pour n’importe quel coach. Encore plus pour eux. Ils doivent garder leur style, leur personnalité. Faire du copier/coller, ça serait le meilleur moyen pour eux d’aller contre nature. De ce que je vois, l’un et l’autre se construisent très bien. Je ne les sens pas à vouloir me copier à tout prix.
Lucas : Comme il le dit, on a chacun notre personnalité. Mais c’est sûr que de le voir quand il entraîne ses joueurs ou même coacher, on essaie de reprendre le côté humain pour s’en inspirer. Mais c’est certain qu’on doit avoir notre personnalité. Moi, j’aime bien avoir une bonne entente avec mes coéquipiers tout comme mon père a eu une bonne entente avec ses joueurs. C’est quelque chose que j’essaie d’avoir en transmettant ce que je peux aux jeunes.

– Très récemment, LeBron et Kobe se sont opposés à la réforme du Hack-a-Machin, pour ou contre cette réforme ? L’argument de la NBA est que cette pratique défavorise le spectacle donc entraine une baisse de l’audience.
Pascal : Je pense que la basket est un sport d’adresse, un joueur qui n’est pas en situation de mettre des lancers-francs il faut exploiter cette faiblesse. Je suis d’accord avec Kobe et LeBron, ça fait partie du jeu. L’équipe en défense doit exploiter le joueur faible aux lancers. Peut-être qu’il y a aussi des stratégies pour faire en sorte que ce joueur là ne soit pas toujours sur la ligne en fin de match. Je pense réellement que cela serait trop compliqué à mettre en plus. Et je ne pense pas que cela a appauvri tant que ça le spectacle. Nous, dans notre équipe, nous avons un joueur qui n’est pas spécialement adroit aux lancers-francs en Pro A. Alors, on s’adapte, on trouve des solutions. Je lui ai dit que ce n’est pas la fin du monde s’il rate des lancers-francs. Ca ne doit pas être un blocage.
Lucas : En NBA, souvent les équipes le font à la fin des matchs pour essayer de gagner. Je pense que c’est une bonne stratégie. C’est vrai que cela coupe un petit peu le spectacle mais les joueurs n’ont pas non plus leur destin en mains à l’inverse de Kobe quand il prend de gros shoots en fin de rencontre pour la victoire. Je pense qu’il faut laisser cette pratique. C’est une stratégie.

– On voit de plus en plus de joueurs de grande taille manier très bien la balle (Ben Simons, Thon Maker…), vous pensez qu’il sera de plus en plus difficile pour les joueurs de petite taille de percer dans le basket de haut niveau ?
Pascal : Non il y en aura toujours. Mais c’est vrai que c’est la grosse différence dans l’évolution du basket. J’ai un certain âge maintenant, et avant un joueur de grande taille c’était pato, pas habile. Généralement, ils n’étaient à l’aise que tout près du cercle. Maintenant, nous voyons au quotidien et bien sûr au plus haut niveau, les joueurs de grande taille ont une dextérité hors norme. Un excellent travail est fait par les préparateurs physiques. De même pour la gestuelle du joueur. Il y aura toujours de la place pour les joueurs de petite taille même si cela sera plus dur. Le meilleur exemple aujourd’hui reste Stephen Curry, donc il y a encore de beaux jours pour les joueurs de petite taille.
Lucas : C’est vrai qu’il y a beaucoup de joueurs de grande taille qui manient bien la balle. Les centres de formations ou même en NBA, les joueurs sont recherchés pour leur physique. Mais comme le dit mon père, il y a des joueurs de petite taille en NBA ou en Euroleague qui dominent, donc ce n’est pas prêt de s’arrêter.

– Questions Pascal –

Pascal Donnadieu

– Dans une interview donnée il y a quelques semaines pour le journal BasketHebdo, tu parles « d’erreurs de casting ». Quand cela arrive, comment gère-t-on la situation ?
Déjà, je n’en ai pas eu beaucoup et tant mieux. Il y a deux options : faire en sorte que le joueur puisse s’améliorer et s’adapter. Mais si c’est vraiment trop difficile, c’est forcément trouver un accord et se diriger vers une séparation. Encore une fois, il faut éviter ses erreurs. A Nanterre, nous avons eu la chance d’en avoir peu, j’espère que c’est lié au recrutement. Ca fait partie du jeu. Et surtout, s’imaginer le joueur dans notre philosophie de jeu et dans notre conception car sinon c’est déjà prendre un risque.

– Tu expliques aussi que se retrouver coach en Pro A est souvent une question d’opportunité. Tu penses qu’il est dur de lancer pour un jeune coach et encore plus d’arriver en Pro A ?
Ce que j’ai voulu dire, c’est que j’ai connu beaucoup de divisions et dans toutes celles-ci il y a des gens extrêmement compétents, brillants… Sauf que des fois le destin fait que tu te retrouves dans un club, tu n’as pas l’opportunité de monter. Il y a très peu de place au haut niveau. Il y a plein de techniciens dans les niveaux intermédiaires qui n’ont pas eu ce petit coup du destin ou la chance. Il ne fallait pas considérer que les bons coachs étaient uniquement en Pro A.

– Le plus dur, c’est d’être joueur ou coach ?
Pour moi c’est différent. Ce n’est pas plus dur ou moins dur. En gros, le joueur de haut niveau est assez centré sur lui-même, il a sa carrière. En étant au service de l’équipe il a sa petite personne à gérer. Tandis qu’un coach est dépendant de tellement de choses. Il a forcément plusieurs personnes sous ses ordres et il doit manier gérer plusieurs domaines comme communication, management. Au-delà de la technique, il y a plein de critères. Après un match, un joueur peut vite passer à autre chose. Un coach va forcément se poser dix mille questions. C’est plus compliqué et plus prenant d’être coach que joueur de haut niveau.

– Dans le même numéro de BasketHebdo, il y a aussi un dossier sur Guerschon Yabusele, que penses-tu de ce joueur pour lequel la NBA est une question récurrente ?
J’ai voulu le recruter à l’intersaison, forcément j’en pense le plus grand bien ! (Sourire) J’espère pour lui qu’il va y arriver. Mais, aujourd’hui, on parle trop vite de NBA en ce qui concerne les joueurs français. C’est-à-dire que les forts espoirs, on leur met très très vite dans la tête qu’ils vont aller en NBA. Moi je considère qu’il a beaucoup de qualités qui pourraient lui permettre d’aller en NBA. Mais il ne faut pas leur rentrer trop dans la tête, qu’ils peuvent y aller, car ça peut les perturber et les freiner un peu. Si on regarde bien, les joueurs qui ont réussi, si on enlève Tony Parker, ont tous fait leurs classes en Pro A et ont été dominants en Pro A en étant très jeune et sont partis au bon moment en NBA.

– Certaines personnes affirment que les joueurs français partent trop jeunes en NBA, qu’en penses-tu ? L’argument des agents ou des clubs est qu’ils ne sont pas sûrs que l’opportunité va se représenter.
Il a y plusieurs aspects. Les exemples qu’on vient d’évoquer comme Fournier, Batum, Lauvergne, Gobert, Seraphin… ont su prendre le temps. Car partir très jeune et ne pas être prêt… Etre en D-League et ne pas beaucoup jouer… Bon après, sportivement, ce n’est pas le bon choix je pense. Ce qui est compliqué, c’est qu’on ne sait jamais ce qui peut arriver, blessure ou autres. Donc, quand on a sous le nez la possibilité d’avoir un gros contrat, c’est sûr que si cela peut permettre de mettre leur famille en sécurité sur le plan financier… Mais c’est un autre débat. Sur le plan sportif, il faut être patient. Mais en me mettant à leur place, j’imagine que c’est dur de refuser.

– 3 mots pour décrire et qualifier Mykal qui a re-signé pour 3 ans ?
Un TALENT FOU
Une GROSSE FIDELITE
Une CREATIVITE
A noter, que cela fera 8 ans dans un club, pour un joueur américain ce n’est du jamais vu. C’est un parcours hors norme.

– Tu penses quoi de Joakim Noah et de son rapport à l’équipe de France ? Car quand on lit les commentaires sur les réseaux sociaux, il y a clairement deux avis. Ceux qui disent qu’il s’en fout de l’équipe de France et d’autres qui mettent plutôt en avant le fait qu’il a une culture américaine et que c’est surement difficile pour lui de se rattacher à l’équipe de France.
Oui je pense qu’il a été éduqué de cette manière là. C’est sa personnalité. Moi, pour en avoir discuté avec lui quand il est venu en équipe de France, je pense qu’il n’en a pas rien à foutre de l’équipe de France. Ce n’est pas sa priorité. Il n’a pas été baigné dedans comme des Tony Parker ou Boris Diaw qui ont connu le centre fédéral, les équipes de France. Il ne faut pas lui en vouloir, c’est son parcours. Sa vie l’a amené à être comme ça. En plus, c’est un joueur fragile qui a souvent été blessé donc tout ça fait que. Je ne pense pas que ce soit le genre à en avoir rien à foutre. Sa vie et son destin ont fait que l’équipe de France n’est pas une priorité absolue.

– Battre les USA aux JO, c’est possible pour les Bleus ?
J’espère ! Les battre… La marche est quand même assez haute. Quand ils se déplacent avec toute l’armada, ça devient compliqué. Déjà, si les Bleus se donnent les moyens et se donnent le droit de rêver d’une finale olympique comme à Sydney, c’est déjà une belle victoire. Après, on ne sait jamais pendant 40 minutes… Les rencontrer en finale serait déjà fabuleux pour eux et le basket français.

– Parfois, il y a des articles qui expliquent que tu pourrais être le remplaçant de Vincent Collet pour l’équipe de France. Tu es souvent cité. Qu’en penses-tu ? Comment réagis-tu ?
C’est toujours flatteur. C’est un honneur que mon nom soit évoqué. Après, ça a été expliqué il y a quelque temps, Vincent Collet donne satisfaction, il a gagné de nombreux titres avec les Bleus. A partir du moment où il pense qu’il doit rester, la priorité est de lui renouveler son bail et de lui faire confiance. Si quelque chose marche, pourquoi changer ? S’il veut rester, la question ne se pose même pas. Mais c’est vrai que c’est toujours un honneur, pour n’importe quel coach, d’entraîner une équipe nationale. Pour l’instant, j’entraîne les A’ avec un challenge important. Je suis déjà très heureux. On m’aurait dit ça il y a quelques années, j’aurais signé des deux mains. Pas de frustration, rien. Si Vincent Collet peut rester, c’est une bonne nouvelle pour le basket français.

– As-tu remarqué des changements pour Mam Jaiteh depuis son retour de l’EuroBasket 2015 ?
J’espère qu’il grandit et qu’il progresse. Ce qui est sûr, c’est qu’il fait une saison assez fantastique. Il s’est amélioré d’année en année. Au moment où l’on se parle, c’est le premier joueur français à l’évaluation. Donc c’est sa réussite. On a fait en sorte de lui donner la possibilité de jouer et d’être exposé. Derrière moi, il y a un staff qui est avec lui et qui l’aide. Il progresse. C’est un joueur qui a beaucoup d’ambitions, alors on essaie de mettre la barre la plus haute possible. Dans tous les cas, il fait une très bonne saison.

– D’ailleurs, tu en as pensé quoi du match contre l’Espagne ?
On était très déçu. Tout était réuni pour que ce soit une grande fête et que la France aille jusqu’au bout. Je me suis toujours refusé à parler de l’organisation, du fonctionnement. Nous ne sommes pas au courant de tout. C’est tellement facile de critiquer après. Le basket, c’est un sport très riche niveau collectif. Tout va très vite, il faut faire des choix, des options. A mon avis, c’est plus compliqué que dans des sports tels le foot. Vincent Collet a suffisamment emmené la France en haut pour qu’on le respecte. Les Espagnols nous ont fait ce que nous leurs avions faits en 2014 chez eux pendant la coupe du Monde.

– Au final, beaucoup de gens ont critiqué l’arbitrage envers Pau Gasol.
Moi non. Je n’irai pas sur ce terrain-là. J’essaie de le faire le moins souvent. Ca ne veut pas dire que je ne le fais jamais. C’est un aveu de faiblesse et de lâcheté. Les Espagnols ont prouvé sur l’ensemble de la compétition et en finale qu’ils étaient au dessus. Peut-être un ou deux coup de sifflets de temps en temps. Je n’ai pas ressenti le match comme ça. L’arbitrage peut être dans les deux sens.

– C’est envisageable pour toi de coacher dans un autre club que celui de la JSF ?
Tout est envisageable. Mais quand on est bien quelque part et que ça se passe bien, qu’on vit des grands moments, on n’a pas forcément envie d’en partir. C’est peut-être l’année la plus méritante de la part du staff car nous étions mal embarqués en début de saison et on est arrivé à se redresser.

– Quels conseils donnerais-tu à quelqu’un qui souhaiterait coacher dans le haut niveau ?
Garder sa personnalité, ses idées et sa philosophie. C’est important. D’être à l’écoute de ce qui peut se passer. Il faut être en éveil. Aussi, avoir la faculté de se remettre souvent, au quotidien, en question. Mais sans se taper la tête contre les murs. Il faut trouver le juste milieu.

– Tu as des modèles dans le coaching ?
Forcément il y a des gens… Des modèles, non. Chaque coach a sa personnalité. Prendre ce qu’il y a de bien chez les uns et chez les autres. Puis voir et essayer de l’adapter à son style. C’est plutôt des modèles de basket comme Ettore Messina, des grands coachs européens. Car je considère que la NBA a des règles différentes donc qu’on ne peut pas trop comparer.

 

– Questions Lucas –

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– Peux-tu te présenter rapidement pour les lecteurs qui te découvrent ?
Je m’appelle Lucas Donnadieu, je fais du basket depuis 15 ans maintenant, à la JSF Nanterre. Ca fait 4 ans que je suis entraîneur au club.

– Pour compléter ce qu’on évoquait dans la première partie de cet entretien, as-tu déjà subi des remarques désobligeantes quant à ton nom, comme « tu es là grâce à ta famille »… Etc. Comment tu as pu réagir ?
Ce n’est pas forcément des remarques désobligeantes mais on me pose souvent la question et on me dit souvent que je suis pistonné, que c’est grâce à cela que je joue à Nanterre. Mais je n’en prends pas vraiment compte. Car si j’étais pistonné, je serais en train de faire le banc avec les pros, je jouerais en espoir. Sachant que mon père me laisse faire ce que je veux au basket. Il me donne des petits conseils mais ne me prend jamais la tête après mes mauvais matchs. Donc les remarques qu’on peut me faire ne me touchent pas, ça ne m’affecte pas.

– Toujours pour en revenir à votre relation, est-ce compliqué d’avoir un père coach dans le haut niveau ?
C’est compliqué dans le fait où quand je joue je me mets un peu trop de pression. Le fait que les autres sachent que mon nom est Donnadieu, la pression est parfois un peu plus importante. Moins quand je coache puisque le niveau est plus bas. Parfois, je me prenais la tête car je n’étais pas avec les espoirs ou bien car je faisais de mauvais matchs. Mais après, non… Non. Ce n’est pas compliqué.

– Comment tu t’inspires de ton père ?
J’essaie de garder sa personnalité, c’est quelqu’un qui a beaucoup de recul. Il arrive à bien analyser les matchs même si quand il perd, il est frustré car il pense souvent qu’il y avait la place pour gagner. Dans la vie de tous les jours, il nous conseille toujours bien avec mon frère. Notamment au niveau du coaching. J’essaie de m’inspirer de lui et je pense que mon frère aussi.

– Tu te vois jouer dans un autre club que celui de Nanterre ?
C’est compliqué pour moi de se dire ça. Ca fait 15 ans que j’y suis, le fait que toute ma famille ait joué là… Comme le dit mon père, c’est un peu le bébé de la famille. C’est certain que ça arrivera un jour car je ne pense pas avoir le niveau pour jouer en Pro A et j’aimerais bien par exemple découvrir l’excellence région. Donc, oui.

– Quelles sont tes ambitions dans le basket ?
En tant que joueur, ça serait d’essayer d’aller jusqu’en Nationale 3, même si c’est compliqué. Surtout en Ile-de-France, le niveau est un peu plus élevé pour moi. Car je joue plutôt sur ma connaissance du basket. Alors qu’en région parisienne, le niveau est très physique et athlétique. En tant que coach, ça serait d’aller le plus loin possible. Peut-être pas comme mon père. Je ne sais pas encore, j’ai débuté il y a peu.

– Tu as déjà passé des diplômes ?
J’ai mon premier diplôme. Sachant que je suis plutôt motivé, je vais essayer d’en passer le plus possible.

– Peux-tu expliquer aux lecteurs où tu en es dans les études ? Quels sont tes objectifs scolaires ?
Après mon bac, j’ai décidé d’aller dans une école de commerce et de sport. Comme mon grand-père est président du club, mon frère y travaille aussi. Je me suis dit qu’en faisant cette école, je pourrais travailler dans le club dans la communication, le management etc. Sans forcément être directement dans du sportif comme un métier de coach ou joueur. Cette école est AMOS. Aller dans un club à l’étranger pourrait aussi être bien.

– Pourquoi le choix de AMOS plutôt qu’une autre ?
J’ai regardé le programme. Et le fait que ce soit spécialisé dans le sport, c’était motivant. De plus, avec cette école, on peut partir en voyage au cours des années suivantes. Comme aux USA ou en Espagne pour voir des matchs et visiter des clubs. C’est motivant.

– Quel est ton meilleur souvenir en rapport avec le basket et partagé avec ton père ?
C’est quand ils ont été champions de France en 2013 à Coubertin. Le fait d’être descendu avec mon petit cousin sur le terrain, toutes les personnes dans les tribunes en vert, se dire que c’est mon père qui coache… Lui qui a réussi à emmener l’équipe du plus bas au plus haut. J’en suis fier.

– Cet été, tu as participé au Niksic Camp Basketball avec moi, peux-tu nous en parler, qu’es-ce que tu en retiens ? A quel type de joueurs s’adresse ce camp ?
J’avais déjà fait l’édition précédente, j’ai fait cette année avec toi. C’est un camp que j’apprécie vraiment. C’est un grand coach qui s’occupe des entraînements. Il nous apprend les fondamentaux qui sont très importants. C’est aussi une autre culture. Le fait de jouer contre des équipes du Monténégro. Contrairement à notre équipe, ils étaient beaucoup moins athlétiques mais bien plus basketball, la technique. Ils ont un QI basket plus élevé. Puis partir avec des basketteurs et faire connaissance, comme j’ai pu le faire avec toi, c’est vraiment enrichissant. Je conseille d’y participer.

– D’après toi, pourquoi ce camp est-il meilleur que les autres, comme celui de Tony Parker ou Rudy Gobert etc. ?
Le fait de partir de la France, découvrir une nouvelle culture, faire du basket tous les jours. C’est très enrichissant. On est amené à parler anglais aussi. Y’a aussi une part d’autonomie et de maturité qu’il faut avoir.

– Quels sont tes modèles dans le sport et dans la vie quotidienne ?
J’essaie de m’inspirer de tous les coachs que j’ai eu en tant que joueurs sur les valeurs qu’ils m’ont transmises. Je m’inspire beaucoup de mon père aussi. Je regarde aussi des vidéos comme celles de Stephen Curry. Mais je regarde beaucoup l’Euroleague. Je trouve que c’est plus passionnant, par exemple un match de Top 16 d’Euroleague ou Final Four qu’un match de saison régulière en NBA où il y a beaucoup d’un contre un.

Un grand merci au club de Nanterre 92 pour son accueil
ainsi qu’aux différents dirigeants pour leur disponibilité.

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