Aujourd’hui, avait lieu une conférence de presse téléphonique avec le joueur de l’équipe de France : Nicolas Batum. Dans cette très longue interview (interview en intégralité), il revient sur son retour en France pour la saison prochaine … bref, à lire absolument !

Le président Fra (Christian), avec qui j’étais hier, me disait qu’entre la fin du stage de Pau et la suite de préparation avec l’équipe de France, tu viendrais à Nancy. Tu peux nous confirmer ça pour faire des repérages ?
Nicolas Batum : Oui bien sûr, on va rentrer du match France-Espagne à Almería dans l’après-midi. Normalement, je devrai passer à Nancy le 11 ou le 12, je pense le 11, je serai à Nancy le 11 août.

Est-ce que tu connais la ville de Nancy, je ne parle pas bien évidemment de Gentilly où tu as déjà joué, évolué plusieurs fois. Est-ce que autrement tu connaissais un peu la ville ?
Nicolas Batum : Je n’ai jamais eu la chance, non, de visiter la ville de Nancy. Je suis toujours venu pour les matchs donc je n’ai pas eu vraiment le temps de visiter la ville, et ce sera donc pour moi une occasion de faire cela aussi.

Quel souvenir gardes-tu de la salle de Gentilly, au niveau de l’ambiance, par rapport à Antarès (salle du Mans Sarthe Basket) ?
Nicolas Batum : C’est vrai que c’était une salle où l’on aimait pas trop jouer parce qu’on savait que ça allait être toujours dur. Il y a une grosse ambiance, ils ont une grosse équipe. Nancy est vraiment une terre de basket maintenant depuis quelques années, donc c’est vrai que j’en garde pas de bons souvenirs non plus mais maintenant c’est une autre époque, et ça peut être sympa de passer de l’autre côté.

Parce qu’on sait que ton choix a été dicté par le fait que Nancy joue en Euroleague, on croit aussi comprendre aussi que la philosophie de jeu de Jean-Luc Monscheau (le coach) est d’avoir toujours eu des 3. On se souvient de Kirksay, on se souvient de Ricardo et de Darden l’année dernière. Ce poste 3 ça a joué dans ta décision ?
Nicolas Batum : Bien sûr que ça a joué. Depuis qu’il est à Nancy, les 3 joueurs qui sont passés par lui ont toujours été des cadors du championnat de France. Donc maintenant pourquoi pas être le premier Français à ce poste-là.

Tu as dû prendre connaissance du groupe de l’Euroleague. Tu as joué l’Euroleague avec Le Mans, qu’est-que tu penses du groupe que vous allez avoir ?
Nicolas Batum : C’est un groupe abordable, un groupe très abordable. On peut viser le top 16, ça c’est clair et net.

Est-ce que le contrat est officiel, as-tu reçu le contrat ?
Nicolas Batum : Oui, bien sûr je l’ai reçu, c’est bon.

Donc c’est signé ?
Nicolas Batum : Oui.

Tu es en ce moment avec tes partenaires de l’équipe de France, est-ce que ta signature a donné l’idée à tes partenaires de venir jouer en France la saison prochaine ?
Nicolas Batum : Non, je ne pense pas, on n’en a pas vraiment parlé en fait, donc je peux pas répondre à cette question.

Au niveau de ton arrivée à Nancy, est-ce que tu penses que le lock-out, avec les arrivées de certains joueurs en Europe, peut avoir un effet bénéfique pour le basket Français ? Est-ce que ça peut donner un nouvel élan ?
Nicolas Batum : Je pense et je l’espère en tout cas.

Est-ce un but de ta venue que, grâce à toi, le basket Français peut se redonner des ailes et donner des idées aux jeunes de jouer au basket ?
Nicolas Batum : Je l’espère, c’est pour ça que je joue au basket, que je viens en équipe de France, parce que en général c’est pour donner l’envie et du rêve aux jeunes et au public Français.

Concernant les objectifs collectifs, on sait que c’est une place dans le top 16 en Euroleague. Est-ce que tu as des objectifs plus personnels à Nancy ?
Nicolas Batum : Non pas vraiment, tu sais moi j’ai toujours voulu jouer pour l’équipe d’abord, et faire en sorte que l’équipe gagne et si l’équipe gagne normalement ça veut dire que j’ai bien joué à côté. Donc forcément, bien jouer contre certaines équipes que ce soit en championnat de France ou en Euroleague fait partie de mes objectifs.

Au niveau du poste 3, ça va un peu te changer par rapport à Portland. Est-ce que ça aussi c’est une motivation de pouvoir un peu mener l’équipe alors que d’habitude on te considère comme un coéquipier modèle ? Là, ça va te donner beaucoup plus de responsabilités donc ça va te plaire, j’imagine ?
Nicolas Batum : Bien sûr, ça va être intéressant pour moi. J’en ai parlé avec Jean-Luc Monscheau il y a quelques semaines et il m’a expliqué le rôle que j’aurais dans cette équipe-là. Et cela ma beaucoup séduit.

Vous êtes très attendu à Nancy et vous n’imaginez peut-être pas l’ambiance et tout l’engouement qu’il va y avoir autour de vous et de l’équipe qui est déjà championne de France, ce qui sera peut-être exposé médiatiquement. C’est vrai que vous jouez à Portland mais de revenir en France, ça va vous mettre une pression supplémentaire. Comment vous la vivez ?
Nicolas Batum : Je n’ai pas de pression particulière. Pour l’instant, je suis vraiment très content de revenir en France et revenir en Pro A, c’est vrai que c’était un peu … beaucoup m’ont demandé pourquoi je ne suis pas parti à l’étranger, c’est vraiment pour une raison familiale parce que ça fait 3 ans que je suis parti de la France donc pour moi c’est important que ma famille soit proche et ait la chance de venir me voir jouer maintenant. Et comme je l’expliquais, Nancy, était vraiment un choix légitime parce qu’ils ont l’Euroleague, ils sont champion de France, et moi je voulais vraiment l’Euroleague, donc je suis très impatient d’arriver à Nancy.

On a bien compris ce qui vous intéresse avec Nancy : c’est le challenge de l’Euroleague. Mais vous avez signé pour un an. Quels sont les termes exacts du contrat qui vous lie à Nancy notamment en cas de fin du lock-out ?
Nicolas Batum : J’ai signé un an avec Nancy, mais dans le contrat il est stipulé que dès que le lock-out est fini, et que la NBA doit reprendre, je dois partir avec mon équipe de Portland.

Vous êtes contraint et forcé, même si Nancy cartonne en championnat, en Euroleague, etc.. ?
Nicolas Batum : Oui, je suis obligé de rentrer.

Comment fait-on pour réussir à être totalement impliqué dans l’objectif du club, notamment en Euroleague, quant on sait que vous repartirez dès que la NBA reprend ?
Nicolas Batum : Je ne pense pas à ça. Moi je vis les jours les uns après les autres et je vais penser aux matchs au fur et à mesure. Mais là, je suis avec Nancy et je vais jouer avec eux et quand la fin du lock-out arrivera, elle arrivera. Mais je n’ai pas à me prendre pas la tête avec ça.

Ça a été dur de résister à la pression de Tony Parker ?
Nicolas Batum : Bien sûr, c’est vrai que c’est un peu dur parce que voilà, j’ai une bonne connexion avec Tony, j’ai plein d’anciens coéquipiers avec qui j’ai joué en équipe de France aussi à Villeurbanne : Edwin Jackson et Kim Tillie. Donc le projet était intéressant mais vraiment je voulais être sûr de jouer l’Euroleague directement et c’est pour ça que j’ai choisi Nancy.

Il continuera à vous passer la balle en équipe de France ?
Nicolas Batum : Oui bien sûr (rires). On en a parlé, il comprend le truc et il sait qu’à Nancy, le fait de jouer avec des joueurs comme John Linehan ou Adrien Moerman ou des joueurs comme Akingbala, qui a fait une grosse saison l’année dernière et des joueurs comme ça c’est plus intéressant.

Est-ce que parmi les destinations possibles, Le Mans a longtemps été dans les possibilités ?
Nicolas Batum : J’y ai réfléchi à l’époque c’est clair, mais comme je le disais depuis le début, l’Euroleague pour moi était vraiment le facteur principal de ma décision.

Il parait que d’autres joueurs Français en NBA sont aussi intéressés par le championnat de France. Est-ce que ça ne risque pas quelque part de fausser un peu ce championnat finalement, si des joueurs de NBA arrivent pendant un an ?
Nicolas Batum : Après il faut voir. Il y a de bons côtés et de mauvais côtés. C’est vrai que après, quand les joueurs vont partir, cela va peut être fausser le championnat, mais ça dépend comment on voit les choses. Ça peut être une bonne chose aussi que les anciens joueurs NBA reviennent en France, qu’ils dynamisent un peu le championnat et fassent un gros coup médiatique au niveau du championnat de France et je pense qu’il en a besoin.

Vous avez aussi j’imagine une rémunération. Vous n’aurez pas le même salaire qu’à Portland ?
Nicolas Batum : A vrai dire, en revenant en Pro A, je ne suis pas venu pour l’argent. J’avais des propositions à l’étranger, beaucoup plus importantes avec un salaire plus important, mais comme j’ai dit, mon souhait était de jouer l’Euroleague avec un club Français. Et donc je savais que financièrement ça ne serait pas du tout la même chose.

Après 3 ans en NBA, quels sont les enjeux pour vous de jouer en Euroleague les grosses équipes Européennes, parce que au niveau mondial, la NBA reste ce que tout le monde admire finalement. Quel est l’intérêt en faite pour vous ?
Nicolas Batum : Pour moi, c’est de jouer la meilleure compétition Européenne et peut-être la deuxième compétition au monde maintenant, à l’heure actuelle. C’est de pouvoir amener une équipe au top 16, chose que je n’ai pas faite lorsque j’étais au Mans. Je vais essayer de faire une bonne saison en Pro A et c’est vrai que si le lock-out se proclamait, ben, c’est d’aller jusqu’au bout toute l’année et c’est vrai qu’en Euroleague c’est vraiment d’apporter cette équipe au top 16.

Est-ce que vous voulez amener aussi des choses à Nancy que vous avez acquises durant ces 3 ans passées en NBA ?
Nicolas Batum : Je n’ai pas envie de changer le jeu, j’ai pas envie de changer la philosophie de jeu, les systèmes de jeu de cette équipe-là. Moi j’arrive, je n’ai pas envie non plus de tout chambouler.

Vous êtes dans un nouvel esprit d’aide et d’adaptation visiblement ?
Nicolas Batum : Voilà.

Avez-vous été en contact avec Nate McMillan, votre GM, pour votre transfert, pour savoir ce qu’il en pense ?
Nicolas Batum : Non, on n’a pas le droit d’être en contact avec les équipes NBA . Je ne suis plus du tout en contact avec eux depuis le 1er juillet.

Tu n’en sais pas plus, par tes relations personnelles, sur la situation de Rudy Fernandez, par exemple ?
Nicolas Batum : Je l’ai vu il y a quelques semaines à Paris mais je ne sais pas ce qu’il va faire encore.

Certains voient le lock-out comme une dispute entre millionnaires. Comment toi, tu vois ça ?
Nicolas Batum : Je n’ai pas trop d’impact dans les décisions qui vont être prises, et moi ça m’attriste que la NBA soit fermée et que l’on ne puisse pas jouer avec notre équipe. Maintenant, il faut attendre, je lis tous les jours les journaux pour voir si ça avance ou pas et des fois ça m’attriste un peu, j’ai un coup de blues des fois, même très souvent.

Tu as réservé l’exclusivité de ta décision/de l’officialisation au site basketsession, quel est, toi qui fais partie des nouvelles jeunes générations, ton rapport avec internet et l’information, tout ça ?
Nicolas Batum : C’est vrai que moi je suis un mec qui suis toujours sur internet, Twitter, Facebook. Je suis un mec très multimédias et c’est vrai que pour basketsession c’est là où j’ai commencé mon blog il y a quelques années, j’ai fait mon journal de bord quand j’étais au Hoop Summit.

Par rapport à ton retour à Nancy, il y a Tony Parker qui espérait lui aussi venir en France pendant le lock-out. Par rapport à une éventuelle blessure, est-ce que c’est pas rentré dans ta réflexion, est-ce que tu n’as pas une crainte ?
Nicolas Batum : Bien sûr, il y a une crainte si jamais il m’arrive quelque chose. Mais comme j’ai dit, l’amour du jeu passe avant tout. Je ne vais pas rester 3, 4, 5 mois sans jouer. J’ai encore envie de continuer à jouer à cette heure-ci. Moi, mon métier c’est d’être basketteur donc si j’ai la chance de jouer au basket, je joue quand même parce que c’est mon métier.

Tu parles beaucoup de John Linehan, qui était le capitaine de l’équipe cette année et qui le restera sans doute l’année prochaine. Tu en parles en termes élogieux. Quelles sont les grandes marques de références de ce joueur ?
Nicolas Batum : Honnêtement, c’est l’un des facteurs qui explique pourquoi j’ai choisi Nancy aussi. Vraiment, parce que c’est un joueur que j’admire depuis longtemps. Il jouait à Paris à l’époque, après il a été blessé mais quand il est revenu à Cholet après il fait une grosse saison, il est champion derrière. Il part à Nancy, il est champion aussi, il fait gagner son équipe. Et personnellement je préfère être dans l’équipe à John Linehan que face à lui. J’ai pas envie qu’il défende sur moi.

Le fait que tu joues en NBA, ça t’empêche pas du tout semble t-il de suivre très très bien la Pro A, c’est quelque chose quand même assez atypique …
Nicolas Batum : C’est vrai, tous les week-end je regarde les résultats, même les résultats de l’Euroleague. Je suis beaucoup le championnat de France et de toute façon, c’est un championnat dans lequel j’ai joué, dans lequel j’ai débuté ma carrière pro et donc je le suivrai toute ma vie, c’est sûr et certain.