Séraphin Saumont, poste 4 titulaire du BCM Gravelines dans cette année exceptionnelle pour le club, nous raconte les raisons de ce succès.

Pour commencer, je vais te demander de te présenter et de nous expliquer un peu ton parcours jusqu’à ton arrivée au BCM…

Je m’appelle Séraphin Saumont, j’aurai 20 ans au mois de septembre prochain. J’ai commencé le basket à l’âge de 6 ans dans le club de mon village à Steenwerck (Nord). J’ai fait toutes les catégories là-bas. J’ai reçu à l’âge de 13-14 ans mes premières convocations départementales et régionales. Puis, à 15 ans, j’ai intégré le centre de formation du BCM.

C’est ta première saison en tant que titulaire. Comment est-ce que tu as géré ce statut ?

C’est la première saison entière que je suis titulaire mais j’étais déjà dans le 5 de départ l’an dernier en fin de saison. Dès le début de la saison, le coach avait une grande confiance en moi. Je suis donc content de démarrer le match. Mais le principal, c’est d’être sur le terrain lors de la fin de la rencontre.

Vous aviez certainement l’équipe la plus expérimentée, qui n’avait quasiment pas bougé cette saison. Mais on ne s’attendait quand même pas à une telle domination ! En début de saison, vous pensiez pouvoir faire une tel exercice 2013/2014 ?

On a quand même perdu de gros éléments avec Jimmy (Djimrabaye), Mathieu (Wojciechowski), Quentin (Hanck) et même Cyril (Scerrens), qui avait un temps de jeu inférieur, mais qui en dehors du terrain était hyper important dans l’esprit de groupe. Donc on a perdu beaucoup de monde, mais pour cette saison, les premiers à être surpris c’est nous-même. On avait pour objectif en début de saison la qualification pour le trophée, puis quand on y était, l’objectif était d’être champion. Donc, non, on ne s’attendait pas à faire cette saison, mais les résultats montrent les efforts que nous fournissons à l’entraînement.

On a tout d’abord la meilleure défense du championnat et c’est grâce à ça que l’on gagne des matches

Vous faites un parcours historique avec 29 victoires, mais ce qui est encore plus impressionnant, c’est la facilité ! Seulement 3 de ces 29 victoires, vous les gagnez avec moins de 10 points d’avance. Vous avez un différentiel de +20 entre attaque et défense. Comment expliquer ça ?

On a tout d’abord la meilleure défense du championnat et c’est grâce à ça que l’on gagne des matches. Après, le jeu que l’on aime, c’est la transition : on met énormément de points sur transition. Et la transition, on l’a que s’il y a un stop défensif. Quand nous devons jouer sur jeu placé, on a plus de mal. Donc, notre force est de faire le stop défensif et d’ensuite courir. On n’a pas les matches faciles parce que les équipes tentent des choses face à nous, mais notre force est que tout le monde peut défendre et marquer des points. Donc si un gars n’est pas dedans, le mec derrière est là pour l’équipe.

Vous avez effectivement la meilleure défense avec 58.5 points encaissés par match. Comment fait-on quand on gagne autant de matches pour rester concentré et rester fort dans l’intensité défensive chaque semaine ?

L’ENVIE DE GAGNER ! On est tous conscients que si nous ne défendons pas, on aura du mal. On l’a vu pour notre défaite à l’ASVEL : on n’a pas défendu et on n’a pas mis les shoots, donc on a perdu. On se remet tous les lundis en question pour savoir ce qu’on aurait pu faire de mieux encore. On est bien en défense, parce que dès que l’un fait une erreur, l’autre derrière est là pour rectifier! 

Vous gagnez aussi le trophée coupe de France avec un parcours pas cadeau, notamment de par la ligue qui vous refuse un décalage de match de championnat et donc vous jouez façon lock-out NBA en back-to-back-to-back (3 matches en 3 jours). Comment gère-t-on ce genre de situations dans la saison ?

C’est vrai qu’on a pas eu un parcours facile, on a eu des gros matches, notamment contre la SIG en demi-finale où ils ont la balle de match. Ou encore avec l’ogre de NM2, Caen, où on a été chercher la victoire avec les tripes et avec le cœur. Et après ce match, on était vraiment lessivés. C’est vrai que la ligue n’a pas été sympa avec nous mais on a relevé le challenge, et à côté, tout le staff a fait en sorte qu’on se sente en forme, notamment avec des étirements, des bains de glaces après les matches… La réussite de l’équipe est sur le terrain mais aussi grâce à tout le staff.

Justement, parlons une minute du staff. Votre coach a été élu meilleur entraîneur en centre de formation. Un petit mot pour lui et nous expliquer peut être dans quel(s) domaine(s) il vous apporte le plus…

C’est vrai qu’il a est coach de l’année. Il le mérite amplement. C’est un très bon coach : on n’a pas peur de poser des questions parce qu’il nous explique vraiment tout comme il le faut. Pour ce qui est du scouting des adversaires, il dit toujours « c’est vous qui êtes sur le terrain, ce n’est pas moi ». Ils nous proposent des défenses et nous avons notre mot à dire si ça nous convient pas. Il arrive toujours à trouver le truc que tout le monde comprendra, auquel tout le monde adhérera. Il est très proche de nous. On rigole aussi des résultats du Stade Rennais au foot car il supporte ce club.

Sur un plan plus personnel, tu réalises ta meilleure saison à ce niveau avec 10 pts à 54% aux tirs, 9 rebonds, 2 passes et seulement 2 balles perdues en une trentaine de minutes. Comment juges-tu ta saison et ta progression au cours de l’année ?

Je n’aime pas trop de parler de moi. Je pense avoir fait un bon début de saison et ensuite avoir eu un coup de moins bien. Donc, je suis plus ou moins content, mais je sais que je peux faire beaucoup mieux.

Il est coach de l’année. Il le mérite amplement.

Quels sont d’après toi et tes coaches tes principales axes de progression dans les mois qui arrivent ?

Je dois améliorer mon agressivité au panier car je ne provoque pas assez de faute. C’est vraiment ça le gros boulot que j’ai à faire. Ensuite, le shoot extérieur parce que les postes 4 modernes shootent à 3-points et je veux en être un.

Vous faites une énorme saison en espoir tandis que le groupe pro n’a pas répondu aux attentes, avec des américains qui n’ont pas forcément eu le rendement attendu. Est-ce qu’il n’y a pas une petite pointe de déception de voir que les espoirs ne sont pas au moins essayés sur de courtes séquences en Pro A ?

Si, forcément, il y a de la déception par rapport à ça. Mais on a eu la chance de rentrer en coupe d’Europe. Moi, je me dis que si nous ne rentrons pas en pro, c’est qu’on ne le mérite pas !

L’année prochaine va être un tournant puisque William Howard et Hugo Dumortier étaient en dernière année espoir. Toi, il te reste une année. Vas-tu la jouer ou plutôt tenter ta chance en pro ?

Non, je reste en espoirs : je veux vraiment exploser en espoirs !

D’autant plus que la relève arrive avec les cadets qui ont, eux, perdu leur finale face à Antibes. Certains d’entre eux ont donné des minutes cette saison. Comment juges-tu le potentiel de l’équipe à venir par rapport à celle de cette saison ?

Il y a un gros potentiel : l’équipe est vachement jeune. Il n’y a qu’un seul troisième année, donc en cadets l’an prochain ils vont vraiment être bons, en tout cas je leurs souhaite. Et certain d’entre eux s’entraînent déjà avec nous donc ce sont vraiment de bons joueurs pour leur âge.

Il y a quelques jours est sortie la liste de l’équipe de France U20. Tu pouvais prétendre y figurer après ta belle saison… Ta réaction par rapport à ça?

Grosse déception. J’aurais bien voulu montrer lors du 1er stage que je pouvais prétendre à une place, mais c’est un choix de coach que je respecte. Je vais travailler pour revenir plus fort la saison prochaine.

Ton MVP du championnat espoir ?

Statistiquement, Axel Bouteille, mais son équipe n’est pas qualifiée au trophée, donc j’aurais dit William (Howard).

Pour terminer, un mot pour les supporteurs et leurs donner envie de venir encore plus nombreux aux matches espoirs la saison prochaine ?

Ils étaient déjà très nombreux à venir nous voir cette saison, je les remercie vraiment car c’est toujours mieux de jouer devant du monde. Donc continuez à venir nous encourager, ça nous aide vraiment ! Merci à tout le monde !

Merci à toi Séraphin et bonne chance pour le triplé !