crédit photo : FIBA Europe

Il y a 3 mois, Bathiste Tchouaffé (1m98, 16 ans) et son équipe ont été sacrés champions d’Europe Cadets. Aujourd’hui, il revient sur son parcours, des bancs de l’INSEP à son titre de champion d’Europe.

“On avait comme objectif de faire un podium. Le coach a été clair dès le début de la compétition. Si on voulait être champion, il fallait tout gagner, ne pas faire de calcul. On était une bande de potes qui partait en mission. Cette médaille, on l’a d’abord fait pour nous et ensuite pour notre pays. Je respecte tous ces joueurs ainsi que le staff, on s’est sacrifié car à cette âge-là c’est dur de ne pas partir en vacances avec nos proches, alors on ne voulait surtout pas revenir bredouille. En ce qui concerne notre parcours, au premier tour on jouait le Danemark, la Pologne et les Allemands, on a fait un sans faute et fini 1er de notre poule. Au deuxième tour, il nous fallait gagner qu’un seul des trois matchs pour se qualifier. Heureusement, on refait un 3/3 en battant les Russes, l’Italie puis l’Espagne et terminons donc 1er du 2nd tour. Viens ensuite le quart de finale et comme dit Tony Parker, c’est le match qui détermine la réussite d’un collectif. Nous affrontions la Bosnie-Herzégovine, un match très compliqué puisque les Bosniaques nous ont accroché jusqu’au 3ème quart-temps puis ils ont lâché. On gagne ce match 82-52. Puis la demi-finale contre la Turquie. Grosse première mi-temps où on commence en plaçant un un 20-2. Grosse frayeur lorsque je déborde mon adversaire pour aller au panier, je lui marche sur un pied et me tord la cheville. Heureusement, plus de peur que de mal et le kiné me dit que je pourrais jouer la finale le lendemain. De toute façon, même avec une grosse blessure, j’aurai serré les dents mais je l’aurais joué cette finale. La France bat la Turquie 78 à 65. La finale contre la Lettonie chez eux, je ne pouvais pas rêver mieux en termes d’ambiance. Le match se joue coup sur coup. A la mi-temps, nous menions que de quelques petits points. L’équipe a fait preuve de maturité et de sérénité, à aucun moment nous avions doutés. La salle nous sifflait mais on est resté concentrés et avons gagnés 78-53. Nous sommes champions ! Et monter sur la plus haute marche du podium, un sentiment exceptionnel !”

A quel âge as-tu débuté le basket ? Quelles ont été les étapes successives avant que tu n’intègres l’INSEP ?
Je n’avais pas vraiment d’âge, ma mère jouait au basket alors que j’étais dans son ventre. Ma première licence, je l’ai eu à 5 ans à l’ASPTT Poitiers. Ensuite, j’ai été au PVBC Pouzioux Vouneuil Basket Club. Par la suite, j’ai rejoint le CEP Poitiers pour ensuite partir au PB86 avant d’intégrer l’INSEP.

Depuis que tu es rentré à l’INSEP, qu’est-ce qui a changé ? Comment as-tu évolué ?
Tu es obligé de prendre en maturité car tu quittes ta petite ville (Poitiers) pour aller dans la capitale. Sinon, avec les coachs internationaux, les entraînements sont plus durs. L’exigence n’est pas du tout la même, le moindre détail compte. Il faut s’adapter car ça change énormément.

Il y a 3 mois, tu partais pour le championnat d’Europe cadets en Lettonie. Comment appréhendais-tu cette compétition ?
Comme je l’ai dit, nous étions en mission. D’un point de vue personnel, je savais ce qu’était un championnat d’Europe. En tant que capitaine, j’ai essayé de transmettre un peu mon vécu à mes coéquipiers pour ne pas qu’ils aient de surprises. Mais durant toutes les phases éliminatoires, tu ne penses qu’à tes moves car tu es stressé donc tu ne dors pas vraiment.

Vous terminez avec la médaille d’Or autour du cou tout en restant invaincus. Ton coéquipier Killian Tillie est sacré MVP et tu es élu meilleur arrière de l’Euro, que ressens-tu ? Qu’est-ce que tu te dis quand tu y repenses ?WOUAH ! C’est pour vivre des moments comme ça qu’on fait du basket ! J’ai travaillé dur pour en arriver là et par moment c’est très compliqué… Ne pas voir sa famille, ses amis, c’est dur à cet âge, alors quand le speaker m’a appelé pour m’élire meilleur arrière européen, j’étais aux anges ! D’ailleurs, à la fin de la cérémonie, j’ai été voir mon père avec le trophée et j’ai eu les larmes aux yeux car c’est ton sentiment de fierté.

Quelle est ta prochaine compétition internationale et comment l’appréhendes-tu ?
Cette année, nous avons l’Euroligue Junior à Kaunas (Lituanie), on veut se qualifier pour disputer les finales à Madrid. Ensuite, il y a un championnat d’Europe mais cette fois-ci avec la génération 1997, donc avec un an d’avance par rapport à moi. Tout le monde veut y être alors les places vont être dures.

Comment envisages-tu ton avenir après le centre fédéral ? Quels sont tes objectifs pour les 5 prochaines années ?
Il me reste encore un an au centre mais tout dépend de ma saison. Si je considère avoir fait une bonne saison là on peut en discuter avec le Centre Fédéral. Après, jouer en Pro A, être drafté en NBA… J’aimerais faire un parcours à la Fournier ou à la Inglis.

Si tu ne devais ne garder qu’un souvenir basket ça serait : Le titre de champion d’Europe.
Une chose que tu aimerais bien oublier/que tu ne referais pas : Rester coincé à 7 dans un petit ascenseur pendant 35 minutes alors que tout le monde mesure plus de deux mètres.
Ton rêve : Etre champion NBA ou remporter un titre avec l’équipe de France A.
Ta plus grande crainte : La blessure !
Ton équipe préférée : Le Maccabi Tel Aviv ou Portland TrailBlazers.
Ton joueur préféré : Nicolas Batum.
Si tu devais remercier une personne : Une ? Non je veux remercier toute les personnes qui m’encouragent et qui croient en moi.

Merci beaucoup et bonne continuation.