Interview réalisée par Alexandre Daumur-Smith.

– Salut, Cyrille. Ça fait un moment qu’on se connait et que je te suis dans ton basket. Ça va ?
Salut Alex, tout se déroule à peu près bien, je te remercie.

– Peux-tu rapidement te présenter pour nos lecteurs qui te découvrent ?
Cyrille Dacourt, 28 ans bientôt 29, meneur de jeu, combo guard. Tout dépend de ce qu’on me demande. Je mesure 1m82.

– Tu commences le basketball tard. Quels ont été tes précédents sports que tu as pratiqués ? Pourquoi le basket est-il venu si tard dans ta vie, comment l’as-tu découvert ? Peux-tu nous résumer les clubs par lesquels tu es passé ?
J’ai commencé le basket à presque 18 ans en région parisienne. Plus précisément à Aulnay-sous-Bois dans le 93. Par la suite, j’ai pas mal bourlingué depuis le temps, en faisant des passages à Aubervilliers (départementale), le Puc (régionale 3). Puis retour à Aulnay (départementale), BCCL région lyonnaise durant 2 ans (Régionale 3 puis Nationale 3), Clar lyon (Nationale 2), Lievin Basket (Nationale 1) puis dépôt de bilan lors de ma seconde année à Liévin, du coup j’ai atterri à Lucon (Nationale 2), ensuite Lorient et tours (nationale 2). Oui ca fait beaucoup de club en peu de temps !
Etant plus jeune, j’ai pratiqué la lutte, le judo, la natation et le foot vu que ma famille baignait dans le football. Mon cousin est un ancien international français donc tout s’explique. Je voulais suivre sa trace mais mes parents ont eu comme désir que je privilégie les études au sport. De ce fait ma volonté de changer de discipline est apparue. Deux envies se présentaient à moi, le handball ou le basketball. J’ai commencé par ce dernier et depuis c’est devenu ma drogue. Je ne peux plus m’en passer.

– Il y a environ 1 an, tu as connu des difficultés pour trouver un club. Tu peux nous expliquer ? Comment as-tu réagi à ce moment-là ? Nous avons notamment pu apercevoir sur les réseaux sociaux que tu allais jouer sur des terrains extérieurs même sous la pluie, tu as toujours été un tel bosseur ?
Oulalala… (Rires). Pour commencer, j’ai toujours signé assez rapidement dans des clubs en fin de saison. Je connaissais des étés tranquilles. Cependant après Lorient, j’ai vraiment vu comment était le système. A l’époque, j’avais un agent qui n’était pas vraiment mon agent mais un ami qui me gérait très bien. Malheureusement il y a des choses dans la vie qui changent un homme, il devait s’occuper de sa nouvelle vie. De ce fait j’ai du trouver un agent, j’étais novice. Je n’en connaissais pas trop… Première galère… Vous connaissez la suite. Le basket pour moi est un plaisir, une passion, le basket c’est éphémère, on t’utilise et on te jette… A ce même moment le basket n’était plus dans mes priorités, choix personnels dans ma vie d’homme… Pourtant après Lorient, j’ai pas mal de contacts et propositions en NM2 et NM1. Mais, mes choix personnels ne se sont pas avérés payant, bouleversement dans ma vie … J’ai tout voulu plaquer… Ce qui n’est pas dans ma nature, grâce a ma famille et mes amis, je me suis remis à bosser.
J’ai toujours été un bosseur, j’ai commencé tard. Aucune base, aucune prédisposition… A Paris, je ne jouais pratiquement pas. Après mes cours j’allais travailler sur les playgrounds qu’importe la saison, mon but était de jouer un jour en nationale 3.

– Quelle est ta situation actuelle ?
Cette année je porte les couleurs de l’Etendard de Brest en Nationale 2.

– Quel est ton futur rêvé dans ce sport ?
Futur rêve (pensif)… Comme je te l’ai dis précédemment, j’ai atteint mon objectif… Après l’avoir réalisé je me suis mis un autre objectif : la pro B. J’ai eu une petite opportunité mais je le dis clairement je préfère prendre du plaisir et jouer que de cirer le banc toute l’année et faire tous les déplacements et tout ce que cela comprend.

– Tes objectifs collectifs puis individuels pour cette saison ?
Reprendre du plaisir à jouer après une année chaotique sur tous les plans. Collectivement, je souhaite atteindre l’objectif du club, un bon maintien.

– Une vidéo où nous voyons Thon Maker, jeune et géant américain, a récemment été mise en ligne. Tu l’as vu ? Tu en penses quoi de ce joueur ?
J’ai vu des videos les années précédentes de ce joueur. Très long et très talentueux mais je ne parlerais pas plus, quand je ne maitrise pas un sujet je n’en parle pas trop.

– Il y a peu de temps, j’ai discuté avec Mike Toti, lui aussi meneur de petite taille. Il m’expliquait que les meneurs de petites tailles il y en a toujours eu, et il y en aura toujours. Que c’était des cycles, parfois des grands puis des plus petits. Tu penses comme lui ?
Tu sais tout dépend du coach, le type de profil qu’il souhaite, le type de joueur qu’il affectionne. La nouvelle génération montre que les joueurs sont de plus en plus grands, donc on verra, je pense un peu plus de meneur culminant à plus d’1m90 mais je suis plutôt d’accord avec lui.

– Tu as participé à la dernière édition du Quai 54. C’était la première fois que tu y jouais ? Tu as toujours aimé pratiquer le streetball ? Tu penses que pour le bon développement d’un joueur, il est essentiel de toucher au basket de rue ainsi qu’un basket de club, ou que le basket de club peut suffire ?
(Rires) C’était la 4ème fois que je participais au Quai 54… J’ai travaillé mes gammes dans la rue, j’ai perfectionné mon jeu sur les playgrounds, ce que j’affectionne le plus est la confrontation, montrer sa supériorité ! Je pense que le streetball t’apporte le plaisir que tu cherches en fin de saison, jouer sans pression et avec tes potes.

– Quels sont tes modèles dans le sport ?
Mes modèles dans le sport pour tout te dire je n’en ai vraiment pas eu beaucoup. Mais des personnes que j’ai rencontré et que j’ai côtoyé qui forcent le respect je vais t’en citer : Amy Mboma (Tours), Yakuba Ouattara (Monaco), Andrew Albicy (Gravelines), Antown Hoard (il n’est plus en activité) et mon cousin Olivier Dacourt qui a su gérer sa reconversion en travaillant dur.

– Quelques unes de tes paires de shoes favorites ?
Jordan 11, Foamposite, Marc Jacobs et Rick Owens.

– Si tu avais le choix entre avoir Nicolas Batum ou Boris Diaw dans ton équipe, tu sélectionnerais lequel des deux ? Pourquoi ?
Boris Diaw, niveau Qi basket il est vraiment au dessus et il peut jouer tous les postes en plus de ses qualités c’est un vrai homme de vestiaire.

– Si tu veux remercier des gens ou bien faire passer un message, tu peux le faire ici.
Aux plus jeunes : ne pensez pas que les choses vous tombent dans les mains, il faut aller les chercher. Si j’avais écouté pas mal de monde, je n’aurais pas eu le parcours que j’ai eu… Le basket est un milieu d’ingrat, n’ayez pas de sentiments c’est dur à dire surtout venant de ma bouche vu que je me suis fait avoir par certaines personnes à qui j’avais donné ma confiance, c’est la vie… Tirer des leçons de vos échecs cela vous rendra meilleurs. Je vais remercier spécialement ma petite soeur, Marine, ainsi que ma mère, ma famille sur qui je peux compter, d’ailleurs la relève arrive avec mon petit cousin (Lois Gendrey – Centre de formation de Nancy), mon meilleur ami Paolo, mes amis de longue date Steeve Borval, Pit, Mamedy Diawara,Will Asidjo, Soso, Moussa Camara, Jessy, et désolé d’avance pour ceux que j’ai oublié, CQ, mon fils Jumboy,une pensée à deux très bons potes à moi qui sont à la recherche d’un club Xavier Gaillou et Kevin Joss Rauze et aussi je remercie deux coachs Laurent Hay (Lucon ) et Laurent Mopsus (sans club actuellement). Aussi Damien Jean-Joseph et Anthony Poirier. Pour terminer, merci à toi Alex de me porter de l’intérêt et de me suivre. J’y tiens beaucoup.