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ITW Fabien Causeur : « Devenir quelqu’un en Europe »

Publié par le 14 mai 2014               

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A une semaine de l’ouverture des playoffs du championnat espagnol, l’arrière international français Fabien Causeur se confie sur sa saison et sa carrière.

La saison régulière prend fin ce week-end. As-tu l’impression d’avoir franchi un palier cette année ? Le problème rénal qui t’as été diagnostiqué en début de saison est-il derrière toi maintenant ?
Individuellement, ça a été une saison spéciale. En fait, j’ai dû couper ma saison en deux parties : dans la première, je jouais, mais il est vrai que je me suis pris la tête car on ne savait pas ce que j’avais au niveau du rein. Jusqu’ici, je pense que ça a été le moment le plus difficile de ma carrière. Je ne me sentais pas fatigué et faible, mais les médecins d’ici m’ont vraiment mis le doute. Il y en a un qui a été clair, il m’a dit : « Il faut que tu arrêtes ». C’est le premier avis que j’ai eu. Donc évidement, j’ai pensé à pleins de choses. Je me suis dit : « Qu’est-ce que je vais faire si j’arrête le basket ? ». Au début, il est vrai que j’ai pensé en négatif parce que la nouvelle m’a touché, m’a fait vraiment mal. Après, j’ai eu d’autres avis médicaux qui m’ont dit que je pouvais continuer à jouer. Ils ont eu raison puisqu’au jour d’aujourd’hui, sur les deux derniers matches, j’ai joué plus de 30 minutes par rencontre. Ca a été une mauvaise passe. Je ne faisais pas grand chose, j’étais beaucoup au téléphone avec ma famille et mes amis proches… J’ai eu des messages forts de soutien de leur part et ça m’a fait beaucoup de bien, ça m’a rassuré de voir qu’il y avait des gens qui étaient là pour moi dans les moments difficiles. J’ai eu la chance que cela se termine bien. Sans le vouloir, cette période a un peu influencé mon jeu. J’essaie de ne pas prendre cela comme une excuse mais c’est vrai que j’y pensais beaucoup. Quand je suis revenu, il a fallu que je regagne la confiance du coach, que je retrouve du temps de jeu et la forme. Jusqu’à Février, ça a vraiment été compliqué. Depuis, j’ai commencé à retrouver la forme, le coach a commencé à me faire de plus en plus jouer car, justement, j’ai bossé dur pour revenir à mon meilleur niveau, en défense. C’était surtout pour ça à la base qu’il me faisait jouer. On avait besoin de ça aussi dans l’équipe. Il m’a fait rejouer pour la défense et petit à petit j’ai réussi à retrouver mes marques dans le collectif. L’autre jour, contre Saint-Sébastien, je n’étais pas dans le cinq majeur mais j’ai joué 31 minutes. Le coach attend beaucoup de choses de moi. C’est comme ça que j’ai gagné sa confiance, j’ai bossé en défense et me met très souvent sur les scoreurs en face. Je ne passe pas tous les jours de bonnes soirées, il faut le dire. Il y a des gars de très haut niveau qui, dans un bon jour, te font mal. Les Navarro, Spanoulis, etc…ce n’est pas toujours évident. Maintenant, ces gars-là m’ont fait progresser. C’est clair que Scariolio m’attend énormément à ce niveau-là. Après, il sait très bien que je vais être agressif en attaque si j’ai des situations. Tu ne peux que penser avoir gagné sa confiance à partir du moment où tu joues autant de temps sur le terrain.

Tu n’as raté aucun lancer-franc en Euroleague cette saison (18/18). De plus, en Liga Endesa, tu fais forte impression avec 61% de réussite aux tirs à deux points, ce qui est excellent pour un arrière…
C’est un point sur lequel je pense avoir énormément progressé. On va dire que c’est l’opportunisme ! Il est vrai que ça dépend des shoots que je vais prendre, mais aussi des défenses, voir sur quel(s) joueur(s) elles s’adaptent. Je dépends un peu de ça. Il a fallu que je bosse là-dessus mais c’est surtout mental. Quand tu arrives à avoir un shoot ouvert, tu sais qu’il faut le mettre. C’est quelque chose qui se travaille, mais parfois, ce n’est pas évident. Tu sais que tu vas avoir trois shoots dans le match. Si tu veux apporter un truc à ton équipe, il faut que tu les mettes. Tous le monde le sait, c’est de la répétition à l’entrainement mais pas uniquement ça, shooter sans objectif. On fait beaucoup d’exercices où il y a de la compétition afin de progresser. C’est sur que je pense avoir progressé ces deux dernières saisons, surtout dans la compréhension du jeu. J’ai énormément appris à ce niveau-là, les placements, la lecture de jeu. C’est un peu moins à l’instinct comme en Pro A on va dire, c’est beaucoup plus tactique.

A Vitoria, il a eu Dusko Ivanovic, Zan Tabak, et maintenant Sergio Scariolo. Est-ce difficile pour un joueur de faire face à tous ces changements de coach ?
Ce n’est pas évident de changer trois fois de coaches en deux ans, surtout lorsque c’est ta première expérience à l’étranger. Chacun a sa philosophie de jeu, même si les deux premiers viennent de l’Europe de l’Est, donc on sait très bien que ça va être très dur et que tu vas beaucoup courir. Avec Scariolio, c’est beaucoup plus tactique, dur psychologiquement. Avec Dusko, c’est dur mentalement parce que tu cours et tous les matins tu te lèves et te dit « Je vais souffrir aujourd’hui à l’entrainement ». Scariolo, lui, te pousse à tes limites au niveau psychologique car tu ne peux pas faire d’erreur. Tu as le pieds au mauvais endroit, il arrête le jeu et il t’engueule. En défense, c’est pareil. On a 3/4 défenses différentes sur les pick’n’roll. Ca peut se jouer à une demi seconde et il ne faut pas se planter, c’est ça qui est compliqué au début. Il faut t’adapter à tout ça. Dusko va être très dur à l’entrainement mais laisser plus de libertés dans le jeu en match si tu as sa confiance. Mais si tu es nouveau, à chaque erreur tu sors. Ca a été un peu compliqué au début mais j’ai eu rapidement sa confiance, beaucoup de temps de jeu avec lui.

Le rythme des entrainements a t-il diminué à l’approche des playoffs ?
Jusqu’à maintenant, on faisait deux entrainements par jour. Le matin, ça durait 3h mais on faisait 1h de vidéo, une 1h15 de musculation et 30/40 minutes de shoots derrière. C’était long mais pas intense. C’est tranquille mais l’après-midi, on fait deux bonnes heures de jeu et entrainement normal. Maintenant, on lève le pied un peu, on s’entraine deux fois le mardi, et après mercredi, jeudi, vendredi ça va être une fois par jour. On ralenti et après chacun fait comme il le sent. On a les clefs de la salle tout le temps. Certains vont shooter le matin, d’autres aller en muscu, faire les traitements. Ils nous font confiance à ce niveau-là. C’est assez professionnel, chacun se débrouille.

Il reste deux rencontres à disputer avant le début des playoffs, durant lesquels Vitoria n’aura pas, a priori, l’avantage du terrain. Est-ce un point faible dans le championnat espagnol à ton avis et quelle(s) équipe(s) redoutes-tu le plus ? Le Real et le Barça sont chaque année ou presque un ton au-dessus, cette saison Valence s’est mêlé à la lutte. Est-ce que tu penses être en mesure de rivaliser avec Vitoria pour aller chercher le titre ?
On a eu une saison avec beaucoup de hauts et de bas cette année. C’est sûr que c’est une déception d’être à cette septième place. Si on gagne les deux prochains matches, on peut finir sixième. Mais après, c’est décevant par rapport au club. On espère se rattraper en playoffs. Je pense que notre adversaire sera soit le Barça, le Real ou Valence. Pour moi, le Barça et le Real sont toujours un ton au-dessus. Sur les gros matches, ils contrôlent très bien leur sujet, c’est compliqué de les battre. Valance est en pleine confiance en ce moment, après leur titre de champion d’Europe. Ce ne sont que des grosses équipes mais on est capable de beaucoup de choses. On a battu le Barça deux fois cette saison. On a perdu d’un ou deux points à chaque fois contre Valence, c’était très chaud. Maintenant, je n’ai pas d’adversaire favori mais dans tous les cas, ça sera un match compliqué.
On n’a pas l’avantage du terrain, ce qui compte énormément. Dans tous les cas, on sait que la pression sera sur l’autre équipe lors du premier match car il faut à tout prix qu’il le gagne. Je pense que l’on est une équipe qui est capable de faire un coup comme ça. Je pense qu’il faut que l’on prenne les matches les uns après les autres. Il faut passer le premier tour déjà car on aura une grosse écurie en face de nous. Dans tous les cas, la route est très longue avant d’arriver à un titre.

Tu es dans une équipe, avec Heurtel évidemment, mais aussi Nocioni, mais aussi Pleiss, Poeta, Mainoldi, San Emeterio, où il y a beaucoup de nations représentées. Est-ce que ça se voit tous les jours, dans la vie du groupe, ce côté cosmopolite ? Vitoria n’est pas du tout axé sur les joueurs américains, comme ça peut être le cas à l’inverse en Pro A. Est-ce que tu prends en compte cette donnée ?
Non, je ne pense pas que ça influence sur la vie de groupe de tous les jours. On a vraiment des gars biens dans cette équipe. C’est clair que l’on a de tout : italien, tchèque, français, allemand, anglais, espagnol, américain… c’est clair qu’il y a beaucoup de monde. Maintenant, ça ne dérange pas, l’ambiance de travail est très bonne. Après, c’est sûr que c’est plus pour les espagnols ici que ça leur fait bizarre. Il y a aussi argentin mais ce n’est pas d’ici. On a que San Emeterio qui est d’ici donc ça leur fait un peu spécial. C’est vrai qu’en France quand il y a des étrangers, les 3/4 du temps, ce sont des américains. On est habitué à cela mais pas ici, ça vient d’un peu partout en Europe.

Tu as brièvement pu côtoyer le NBAer Lamar Odom au cours de la saison, puisqu’il n’est resté que quelques semaines en Espagne en raison de problèmes de dos. Mais même sans sa blessure, il n’a quand même pas flamboyé… Qu’est-ce qui n’a pas marché avec lui ? Est-ce un manque d’adaptation au jeu européen, à la culture européenne ?
C’était un cas un peu spécial. Avant de signer ici, il a quand même eu des problèmes extra-sportifs qui ont fait qu’il est arrivé un peu hors de forme. Il a un physique de fou, c’est impressionnant de voir un mec de sa taille faire ce qu’il peut faire. On sait qu’en NBA, il pouvait jouer un peu à tous les postes. Ici, on le faisait jouer intérieur, souvent au poste 5. Il n’a pas eu le temps de prendre le rythme, il est resté pas loin de trois semaines. Il a fait deux matches, c’était comme si c’était la pré-saison pour lui. On voyait que le gars n’était pas en forme. Après, il a été professionnel, il nous respectait. C’est lui qui s’est adapté à nous et pas l’inverse. Son départ a fait changer pas mal de choses dans l’organisation, on s’attendait à beaucoup de choses avec lui. C’est dommage qu’il ne soit pas resté toute la saison pour voir ce que ça aurait donné.

Tu devrais faire partie de la liste des pré-sélectionnés en équipe de France que Vincent Collet devrait très prochainement dévoiler pour la préparation au Mondial. En revanche, la concurrence risque d’être forte au poste 2… Comment vas-tu aborder cela et quelles seront tes ambitions avec les Bleus ?
Bien sûr, l’équipe de France, on y pense chaque année. C’est clair qu’avec l’exploit de l’été dernier, c’est tout à fait normal que les joueurs qui faisaient partie de la sélection soient reconsidérés. J’espère être invité au stage de préparation. Il y a Nando (De Colo), Edwin (Jackson), Evan (Fournier), peut-être Rodrigue (Beaubois). Je ne me prends pas la tête, j’attends de voir ce qui se passe, si j’y vais ou pas. Il y a de la concurrence et c’est une très bonne chose pour l’équipe de France. C’est vrai que j’aimerais bien être invité pour montrer mes progrès, essayer d’apporter quelque chose à cette équipe. Avec Thomas, plus l’été approche, plus on en parle. On fait un peu nos pronostics pour dire qui sera là ou pas. Je ne suis pas en contact avec tous les internationaux de l’équipe mais c’est vrai qu’avec Rudy Gobert, on en a discuté un petit peu. C’est une échéance importante qui arrive et j’espère en faire partie.

Le Mondial de cet été aura lieu en Espagne. Sur place, est-ce que tu sens déjà l’odeur de l’événement ? Est-ce que les Espagnols en parlent beaucoup dans les médias ? Une volonté de battre l’ogre américain sur le sol national ?
Les espagnols, plus la saison avance, plus je les entends en parler. Je vois beaucoup d’interviews de Pau et Marc Gasol, de Navarro, etc… où ils disent qu’ils ont hâte d’y être. Les championnats du Monde chez eux, c’est une fois dans leur carrière, ils ne veulent pas gâcher cette opportunité là. Ils espèrent faire un grand championnat du monde.

Heurtel dans ses saisons en Pro A était connu comme très talentueux, mais un peu tête brûlée. A Vitoria, il s’est clairement assagi, il dit avoir mûri mentalement. Est-ce que ça se voit au quotidien ?
Tête brulée est un grand mot je pense. C’est quelqu’un qui aime tenter, c’est un vrai joueur. Le fait qu’il ne lâche pas, qu’il ait ce caractère là, qui ne baisse pas la tête après une défaite, je pense que c’est une force pour lui. Il a beaucoup de fierté et c’est ce qui fait qu’aujourd’hui il soit à ce niveau-là. Il a le talent mais je pense que ça tête est forte. Il a muri dans son jeu, il tente moins de choses folles comme il a pu le faire avant. Cette année, il a prouvé plus d’une fois qu’il pouvait gérer l’équipe en fin de match. En dehors du terrain, j’ai trouvé que c’est quelqu’un de toujours assez posé. C’est plus sur le parquet qu’il était à canaliser avant. C’est un très bon concurrent pour le poste de meneur en équipe de France.

Les 44 points d’Edwin Jackson, performance historique qui lui a offert le titre de meilleur marqueur de Pro A cette saison, t’ont-ils étonné ?
Sa performance du dernier match est bluffante, il a fait quelque chose d’exceptionnel. 44 points, c’est énorme. Je pense qu’il n’y a que lui en français dans ce championnat qui est capable de faire cela. Il a tout le mérite qu’il a reçu pour ce type de trophée, c’est mérité. C’est un gars qui bosse, qui a énormément de talent offensif, on ne peut rien lui enlever à ce niveau-là.

Edwin a déclaré dans Basket Hebdo qu’il préférait rester à Villeurbanne pour marquer l’histoire du championnat de France plutôt que de partir à l’étranger, comme Causeur justement, et d’être un joueur plus lambda. Il a dit qu’à la fin de sa carrière Causeur ne restera pas dans l’histoire de Vitoria. C’est du Edwin dans le texte bien sûr, mais est-ce que ça te fait sourire ?
Oui ça me fait sourire dans le sens où je suis parti avant tout pour continuer à progresser en jouant l’Euroleague et un championnat plus relevé. Je respecte tout a fait ses choix mais quand il me compare à un joueur lambd, il devrait regarder contre qui je joue le jeudi et le dimanche.. Etre compétiteur, c’est aussi sortir de son confort pour repousser ses limites. Après, évidemment, il y l’argent, mais jouer le top 16 et le final 8 de l’Euroleague et en plus avoir l’argent c’est mieux…

Est-ce que tu as l’impression d’être un peu oublié en France, alors que tu es un très récent MVP du championnat ?
Je pense que c’est quelque chose de normal. Quand tu pars deux ans à l’étranger, forcément on parle beaucoup moins de toi dans les médias français. Surtout, je n’ai pas fait l’équipe de France aussi avec le problème que j’ai eu au niveau du pied. Je ne pense pas que je suis oublié par tout le monde. Les gens qui connaissent le basket et qui m’ont vu jouer en France savent que je suis toujours là et que je suis parti de France pour progresser.

Beaucoup d’internationaux français sont revenus en Pro A cette saison. Est-ce envisageable pour toi à la rentrée prochaine ou dans les années à venir ? La France te manque t’elle ?
Je pense qu’il y a beaucoup de joueurs qui sont revenus en France car c’est la crise tout simplement en Europe. C’est vrai que ce n’est pas évident tous les jours. Bien sur que je reviendrai en France mais je suis sous contrat pendant encore deux ans. Mais ici tu ne sais pas ce qui peut se passer, il peut y avoir des changements. On verra cet été ce qui se passe. Je n’exclue pas du tout un retour en France dans les prochaines années.

Tu as signé pour quatre ans à Vitoria. C’est quoi la prochaine étape : devenir un titulaire indiscutable, s’établir comme un joueur majeur en Euroleague ?
Avant de partir de Vitoria, j’aimerais vraiment gagner quelque chose avec cette équipe, quelque chose d’important pour le club. Ma prochaine étape est de continuer à progresser, à travailler, devenir l’un des meilleurs arrières en Espagne. Il faut continuer aussi à bosser pour l’Euroleague car sur le poste 2, il y a énormément de bons joueurs et scoreurs. Il y a du boulot, c’est clair.

Tu t’étais entrainé il y a plusieurs années au cours d’un été dans le centre d’entrainement des New York Knicks. La NBA fait-elle partie de tes ambitions ?
La NBA, ce n’est pas dans un coin de ma tête. Je pense qu’avant d’y aller, il faut dominer en Euroleague. Il y a des joueurs qui dominent en Euroleague et qui ne sont pas en NBA. Je ne pense pas du tout à cela, c’est vraiment de devenir quelqu’un en Europe, progresser et devenir solide en Europe. Si jamais un jour il y a une opportunité, pourquoi pas, mais pour l’instant c’est clair que ce n’est pas dans l’actualité. Il y a encore de boulot à faire dans le continent.

Tu es dans une terre basque, un territoire de basket. Est-ce que la pression est très forte en ville ?
C’est vraiment un club, une ville qui vit pour ça. Il y a de la pression du résultat surtout. C’est vrai que cette année, on en souffre pas mal. Ca te touche quand ton public te siffle après une mauvaise performance. Ce n’est pas évident à vivre. Maintenant, on est des professionnels, on sait qu’il y a aussi énormément d’argent en jeu et que c’est un club qui a toujours été au Top niveau européen. C’est une ville qui est habituée à cela et ça peut se comprendre qu’elle attende de bons résultats de son équipe.

Il est connu qu’il y a des retards de salaire dans le championnat espagnol. Vitoria d’ailleurs a parfois eu des retards. Est-ce que tu as été touché par ça ?
Comme partout en Espagne, c’est la crise. 80% des équipes ont des retards de paiement. On en a aussi. Si on continue à jouer, c’est que l’on sait très bien que l’on touchera notre argent à un moment ou un autre. C’est quelque chose qui te touche au début car l’on est pas habitué à ça quand on est français et est payé le 1er du mois. On ne se prend pas la tête par rapport à ça, on essaie de jouer du mieux possible. C’est ça qui fera derrière que le club fera des efforts et trouvera des moyens pour rattraper le retard.

Et la Pro A, avec Le Havre qui se sauve encore, comment expliques-tu cela : il y a une vraie culture du maintien au Havre ?
Le Havre, c’est vraiment le club où, tous les ans, tu te dis «cette année, ça va être dur ». Et en fin de compte, ils se sauvent tout le temps. Pour moi, c’est un plaisir de les voir se maintenir tous les ans, j’ai vraiment commencé ma carrière pro là-bas. J’ai énormément de souvenirs et ça me ferait de la peine qu’ils descendent un jour en Pro B. Je suis super content pour eux. Je ne sais pas comment expliquer la culture du maintien, c’est un petit club familial où les gens qui sont autour se battent toute l’année pour que les joueurs soient dans les meilleures conditions possibles pour aborder les matches et les gagnent. Je pense que les joueurs se rendent compte des efforts de tous ces gens là et se donnent à 200% pour sauver l’équipe tous les ans. C’est assez spécial. Je me rappelle avant de partir à Cholet que l’on s’est sauvé sur la dernière journée à Hyères-Toulon et on a fêté ça comme si on avait gagné un titre. C’est quelque chose de spécial, c’est vraiment le club de coeur.

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