Coupé par les JSA Bordeaux en cours de saison, Jean-Marc Dupraz est actuellement un coach sans club. Il est notamment revenu avec nous sur son éviction du club de Pro B, sa carrière en tant que joueur et son envie d’être à la tête d’une équipe nationale un jour. Entretien !

Vous vous êtes engagé aux JSA Bordeaux en juin 2012. Quels ont été les facteurs de votre signature ? La regrettez-vous aujourd’hui ?
J’ai d’abord été en contact assez proche avec trois clubs (Pro A et Pro B) qui se sont finalement tournés vers d’autres candidatures. Ensuite, les JSA Bordeaux m’ont contacté par l’intermédiaire de mon agent. J’ai été en relation avec Thomas Darnauzan, que je connaissais car on a souvent joué l’un contre l’autre. Arriver dans un club qui voulait se développer et où il y avait des choses à construire m’intéressait. Je voyais cela comme un challenge. Le fait que je connaisse Thomas a joué aussi et il faut être honnête, à cette période-là, il n’y avait plus d’équipe à la recherche d’entraîneur. J’aurai souhaité aller au bout avec eux car j’avais un groupe sympa, appliqué et à l’écoute…

Comment s’est déroulée votre éviction du coaching à Bordeaux en novembre dernier ? Vous avez été durant un premier temps “écarté provisoirement” ? 
Ça a été très rapide. J’ai effectivement été écarté dans un premier temps, mais ce sont plus des procédures qu’autre chose. Pour ma part, je savais à quoi m’en tenir.La blessure de Nate Carter (MVP étranger de la Pro B en 2011/2012) en début de saison fût un gros coup dur pour le club bordelais. J’imagine qu’elle l’était aussi pour vous, en tant que coach… Bien évidemment ! Quand tu as une équipe qui est construite avec des moyens limités, perdre ton meilleur marqueur ça fait mal. Avant de le mettre en arrêt il a aussi joué ses deux derniers matchs sans être en pleine possession de ses moyens car il avait déjà mal aux genoux. Après, sans lui et sans pigiste, on a quand même fait des prestations très correctes. On n’a pas été loin de prendre des matches. Contre Lille, on craque dans les deux dernières minutes et à Saint-Vallier on est vraiment en position de l’emporter même en faisant un rédhibitoire 14/27 (51%) aux lancers-francs. A chaque fois, il nous a manqué un petit quelque chose malheureusement.
Pensez-vous que si cette blessure n’était pas arrivée, vous auriez eu de grandes chances de ne pas été coupé ?
C’est possible. On peut penser que l’on aurait peut être gagné contre Lille ou à Saint-Vallier. On n’avait pas été loin au Portel et à Nantes où on perd après prolongation en ayant eu les deux tirs de la gagne… on aurait dû gagner ce match. C’est sûr qu’une victoire ou deux de plus auraient peut-être changé le cours des choses ou auraient repoussé l’échéance. Mais c’est difficile de faire des supputations. Finalement, on ne saura jamais…
Boris Diaw, président des JSA, avait-il clairement annoncé ses objectifs dès l’entame de la saison ?
Les objectifs du club étaient de jouer les play-offs mais il n’y avait pas de pression particulaire par rapport à ça. Personnellement, au vu des moyens et de l’entrée tardive sur le marché des JFL, je pensais avant tout maintien. J’ai de toute façon accepté le challenge.
Parliez-vous ensemble de la situation de l’équipe, des performances des joueurs, etc… ?
De temps en temps. Mais il est vrai que la distance ne facilite pas les choses. C’est quelque chose que je peux comprendre et que j’avais rapidement intégré.Après avoir réussi à sortir de la zone rouge, le club y est retourné depuis. Continuez-vous de suivre leurs performances ? Si oui, peuvent-ils se sauver de la relégation selon vous ? 
Je suis le championnat dans son ensemble. A ce que je vois, tout reste encore assez ouvert que ce soit pour la montée, les play-offs ou le maintien. Dans le championnat de Pro B, tout peut basculer très vite dans un sens comme dans un autre. C’est aussi pour cette raison que je n’étais pas forcément inquiet ni fataliste par rapport à notre début de saison et à la difficulté de notre calendrier sur les matches aller.
Quel joueur actuel des JSA aura la meilleure carrière à votre avis ?
La meilleure je ne sais pas, mais je pense forcément au jeune Kévin Thalien qui est un bon joueur. Il doit bien sûr travailler encore très dur mais il a des qualités et surtout une bonne mentalité. Je pense aussi à Markel Humphrey, qui arrive d’un championnat moins en vu et qui, à mon avis, a tout ce qu’il faut pour faire une belle carrière en Pro B.Comment gérez-vous cette période actuelle de chômage ?
Je me focalise sur des projets que je n’avais pas le temps de mettre en œuvre. Des projets hors-basket. Je vais aussi voir des matches de basket, je m’occupe aussi beaucoup de ma petite fille qui a un an et ça c’est vraiment une joie.Pensez-vous qu’il est possible que l’on vous revoit à la tête d’une équipe d’ici la fin de saison ? 
Qui sait ? Mais ça me paraît un peu tard dans la saison quand même.

Depuis que vous avez été coupé à Bordeaux, avez-vous eu des contacts à ce jour avec certaines formations de Pro A, de Pro B ou de Nationale 1 pour un poste ?
J’ai quelques pistes mais pas encore de contacts à proprement parler. Je sais que mon nom circule dans un ou deux clubs mais c’est encore un peu tôt.Est-ce que votre carrière en tant que basketteur vous aide ou vous a aidé dans le coaching ? 
Oui, je pense. J’essaie en tout cas de me rappeler ce qui me plaisait ou pas à l’entraînement quand je prépare mes séances par exemple. Je ne sais pas si le résultat est toujours là mais j’essaie…
D’ailleurs, quel est votre meilleur souvenir en tant que joueur pro ? J’imagine que la victoire en finale de la Coupe d’Europe des clubs champions avec le CSP Limoges a énormément d’importance pour vous… 
La finale et le titre mais aussi toute la saison car je découvrais le très haut niveau, des salles et des ambiances exceptionnelles. Mais j’ai aussi de très bons souvenirs de mes années espoir à l’ASVEL. C’était un rêve de gosse de porter le maillot de Villeurbanne. On a été champion de France en 91 avec Patrick Maucouvert comme coach et pas mal de joueurs de cette équipe ont joué à haut niveau par la suite. Ma première sélection en équipe de France junior aussi.Etes-vous satisfait de votre parcours de joueur ?
Oui et non. Je pense que j’aurais pu faire mieux. Je n’ai pas fait toujours les bons choix mais surtout en sortant de Limoges une tendinite au genou m’a bien diminué pendant deux-trois saisons et je n’étais pas à 100%. C’est aussi de ma faute car je ne l’ai pas soignée correctement dès le début. J’étais un joueur qui s’entraînait à fond et j’étais un dur au mal mais l’été je ne faisais pas grand chose et ça c’est un regret car, à l’époque, personne ne nous disait qu’il fallait s’entraîner encore plus pendant la trêve. Maintenant, en tant que coach, c’est mon devoir d’avertir les jeunes le plus possible et c’est ce que je fais. Mais quand même, quand je regarde, j’ai eu la chance de pouvoir vivre du basket en tant que joueur et j’ai connu aussi pas mal de montées un peu partout où je suis passé.
Quels coachs et basketteurs vous ont le plus marqué en tant que joueur et entraîneur ? 
En coach, j’ai bien aimé Patrick Maucouvert, c’est lui qui m’a appris les fondamentaux du jeu. Bien entendu, Bozidar Maljkovic et aussi Jean-Michel Sénégal que j’ai eu à Vichy. En joueur, j’étais un fan de Larry Bird et tous les joueurs de la sélection Yougoslave championne d’Europe en 89. La finale contre la Grèce est la plus belle démonstration de basket que je n’ai jamais vue. Exceptionnelle !Vous avez été assistant-coach de la sélection nationale du Mali en 2005. Que conservez-vous de cette expérience internationale ? 
Un très bon souvenir. J’étais assistant (avec Aurélien Morel) de Sylvain Lautié et on a passé de bons moments. L’ambiance dans l’équipe était très sympa et j’avais aussi vraiment aimé l’Algérie et l’accueil des gens. J’aime beaucoup l’Afrique et je connais très bien le Sénégal pour y être allé plusieurs fois. J’ai notamment assisté au championnat d’Afrique en 97 à Dakar mais en simple spectateur. Le niveau de jeu est vraiment très bon. Ça me plairait de coacher une sélection un jour. J’ai déjà eu une proposition mais j’avais refusé car à l’époque ce n’était pas le bon timing. Mais si j’ai un projet et des conditions de travail intéressantes sous les yeux, pourquoi pas…
Vous êtes membre du site World Directory Basket-Ball. Quels sont les intérêts d’après vous de ce site ? L’utilisez-vous régulièrement ?
C’est une très bonne initiative. C’est intéressant de mettre en contact tous les acteurs du paysage du basket. J’espère que le site se développera encore et que l’idée de Xavier fera son chemin avec beaucoup de membres.