Malgré la crise économique liée au coronavirus, les clubs français les plus fortunés ont pu effectuer un recrutement de grande qualité durant l’intersaison. A un mois de la reprise programmée du championnat domestique, Basket-BallWorld fait le point sur les sept clubs qui peuvent afficher de grandes ambitions.

LDLC ASVEL

Le club présidé par Tony Parker est la seule structure disputant le championnat de France Jeep Elite a avoir vu son budget et sa masse salariale augmenter suite à l’épisode du COVID-19. La raison ? L’implication grandissante de l’Olympique Lyonnais envers le club de basket localisé à Villeurbanne.

Disposant d’un calendrier prévisionnel ultra chargé, digne d’une saison régulière NBA avec parfois trois à quatre matchs à disputer par semaine, le seul représentant français en Euroleague présentera un effectif à rallonge de 15 joueurs. Outre la promotion de TJ Parker en tant que coach principal et l’arrivée de Frédéric Fauthoux en provenance de Levallois pour l’épauler, LDLC ASVEL a effectué un recrutement hors-normes pour la Jeep Elite. Huit éléments (Charles Kahudi, Antoine Diot, Amine Noua, Rihards Lomazs, Isamël Bako, David Lighty, Guerschon Yabusele et Matthew Strazel) sont restés au sein de la Maison Verte, qui a accueilli cet été sept nouveaux visages dont un ancien champion NBA (Norris Cole) et trois internationaux français (Paul Lacombe, Moustapha Fall et William Howard). Les deux autres principales recrues (Allerik Freeman et Kevarrius Hayes) représentent des paris intéressants, comme l’a été Tonye Jekiri (parti à Vitoria) la saison passée, tandis que le jeune Matthew Marsh viendra principalement renforcer l’équipe espoir.

AS Monaco

Malgré une baisse de budget annoncée de près de 30% et les départs de nombreux cadres (Norris Cole et Paul Lacombe chez le concurrent LDLC ASVEL, Yakuba Ouattara à Séville, le coach serbe Saša Obradović parti coacher l’Etoile Rouge de Belgrade en Euroleague), le club de la Principauté a réussi à bâtir un effectif compétitif pour aborder la saison 2020-2021. Après avoir enregistré le retour de l’entraîneur monténégrin Zvezdan Mitrović à la tête du coaching de l’équipe finaliste malheureuse du championnat en 2018 et 2019, et qui faisait la course en tête la saison passée avant l’arrêt définitif de la compétition, l’ASM a avancé doucement mais surement dans son recrutement.

Côté JFL, l’intérieur Wilfried Yeguete est le seul survivant de la saison écoulée. Pour combler les places vacantes, Mitrović a principalement décidé de faire confiance à deux joueurs confirmés du championnat, à savoir Abdoulaye Ndoye et Damien Inglis. Pour compléter l’effectif, il a aussi souhaité donner leur chance aux jeunes combo guard Yohan Choupas (20 ans) et Rudy Demahis-Ballou (18 ans) qui auront quant à eux tout à prouver au plus au haut échelon français.

Au niveau des étrangers, un temps annoncé sur le départ, le capitaine americano-bulgare Dee Bost honorera bien sa deuxième année de contrat. Il sera accompagné par J.J. O’Brien, qui a prolongé son contrat sur le Rocher pour une saison supplémentaire. Deux autres compatriotes US les ont rejoint : Wesley Saunders et Marcos Knight. Cependant, la recrue star est un pivot international serbe qui répond au nom de Vladimir Štimac. Dans tous les cas, comme elle en a l’habitude et si elle en ressent la nécessité, l’ASM pourra toujours réajuster son effectif en fonction des opportunités qui se présenteront au cours de la saison.

Métropolitans 92

Le club de Boulogne-Levallois monte en puissance financièrement ainsi que sur le plan sportif. Avec la livraison à venir d’une arena dont elle devrait être résidente à partir de 2023, l’équipe évoluant actuellement dans le Palais des Sports Marcel-Cerdan ambitionne de rejoindre LDLC ASVEL en Euroleague. Dans cette optique, les Métropolitans 92 visent désormais systématiquement le top 4 du championnat de France. Une place parmi le quatuor de tête est effectivement synonyme d’avantage du terrain en playoffs, a minima pour les quarts de finale.

Pour essayer de garantir une certaine stabilité et donc un niveau de performance au sein de l’effectif, ce club francilien souhaite désormais conserver la majorité de ces éléments d’une saison à l’autre. C’est en ce sens que les nouvelles recrues ou joueurs ayant prolongé leur bail durant l’intersaison se sont majoritairement engagés sur une longue durée (quatre ans pour Lahaou Konaté, trois ans pour David Michineau, deux ans pour Miralem Halilovic mais seulement un an pour Rob Gray, Tomer Ginat, Anthony Brown et Brandon Brown).

Pour encadrer l’équipe, les dirigeants du club ont imité la méthode de leur concurrent monégasque en signant pour deux ans un coach étranger, Jurij Zdovc. Si le départ de l’électron libre américain Briante Weber est clairement préjudiciable, les signatures des nouveaux joueurs étrangers devraient compenser cette perte. Par ailleurs, en alignant notamment Vitalis Chikoko et Miralem Halilovic dans la peinture, la raquette levalloisienne s’annonce une des plus solides du championnat.

Élan Chalon-sur-Saône

Après trois saisons consécutives compliquées, sans qualification pour les playoffs, le champion de France 2017 retrouve des ambitions avec un effectif new look. En faisant revenir en France un ex MVP du championnat en la personne de DJ Cooper et en attirant dans ses filets son ancien coéquipier à Monaco, Eric Buckner, l’Elan Chalon a frappé un grand coup.

Le premier nommé, fantastique passeur, gaucher, avait été suspendu en 2018 pour deux ans par la FIBA en raison d’un test positif lors d’un contrôle antidopage. Malgré cette punition, il évoluait cette saison au Mexique pour retrouver des sensations. Le second joueur cité est un intérieur très vertical et efficace dans la peinture, qui a rendu de nombreux services à Monaco lors des deux dernières saisons. Les deux compatriotes formeront un axe 1-5 de très haut niveau. Associés à Teyvon Myers, Mickaël Gelabale, Myles Hesson, Garrett Sim, Rafael Menco ou encore Ousmane Camara, l’effectif Chalonnais a belle allure sur le papier.

Reste à savoir si la mayonnaise va prendre. A sa tête, un nouveau coach depuis le 28 janvier 2020 : Julien Espinosa. Le jeune technicien de 36 ans, auparavant passé exclusivement par les Sharks Antibes où il s’est fait la main dans l’univers du coaching professionnel, sera revanchard et aura soif de succès.

Nanterre 92

Comme à son habitude, la formation francilienne devrait présenter un jeu très offensif la saison prochaine. Elle propose indéniablement un effectif alléchant, présentant un mix de jeunesse et d’expériences, et assurément capable d’accrocher le Top 5 du championnat. Pascal Donnadieu, le coach historique, a flairé le bon coup en signant Dwight Buycks. Passé au début de sa carrière par Gravelines où il s’était révélé en étant incontestablement élu MVP du championnat de France, le meneur de jeu américain a ensuite disputé un total de 49 matchs en NBA, 6 rencontres en Euroleague et cartonné en Chine. Son association aux côtés de phénomènes athlétiques tels que Isaïa Cordinier et Alpha Kaba, respectivement draftés au second tour en 2016 et 2017, est l’assurance de voir du spectacle au Palais des Sports Maurice Thorez à la rentrée.

Les retours de Chris Warren et de Brian Conklin au club sont également d’excellentes opérations réalisées par le staff nanterrien, qui disposera ainsi de deux joueurs expérimentés et à l’état d’esprit exemplaire sur qui s’appuyer pour encadrer des plus jeunes en quête de responsabilités à l’image de Damien Bouquet, Ivan Février ou encore Lucas Dussoulier. Par ailleurs, avec l’intégration à plein temps du phénomène mondial Victor Wembanyama (2m18, 16 ans) au sein de l’équipe professionnelle, Nanterre 92 ajoute de précieux centimètres dans sa raquette.

JDA Dijon

Le club dijonnais, vainqueur à la mi-saison de la Leaders Cup en battant coup sur coup Bourg-en-Bresse, Monaco et l’Asvel, a conservé une ossature solide au sein de son effectif. Le micro meneur de jeu américain David Holston, élu MVP du championnat en 2018/2019, sera toujours à la mène. Et ce, en compagnie de l’international français Axel Julien, qui a finalement souhaité rester sur la Côte-d’Or malgré les sollicitations extérieures de nombreuses écuries. Lui aussi courtisé par d’autres concurrents, Alexandre Chassang sera lui aussi toujours de l’aventure, au même titre qu’Abdoulaye Loum. Le coach Laurent Legname appréciera la fidélité de son quatuor ainsi que le retour au club de Jacques Alingue.

La principale interrogation est de savoir si les nouvelles recrues américaines Jaron Johnson et Chase Simon parviendront à faire oublier leurs compatriotes Rasheed Sulaimon, LaMonte Ulmer et Richard Solomon, tous trois partis vers d’autres cieux. Une chose est sûre : les dijonnais repartiront à la guerre dans le Palais des Sports Jean-Michel Geoffroy, qui fait figure de forteresse très difficilement prenable pour les adversaires. Très peu d’équipes sont effectivement parvenus à s’y imposer depuis plusieurs années…

JL Bourg-en-Bresse

Pour la première fois de son Histoire, le club bressan va participer à une coupe d’Europe. Et pas n’importe laquelle ! Il s’agit de l’Eurocup. Pour préparer son entrée dans cette compétition tout en restant compétitif en Jeep Elite, la Jeunesse Laïque a d’abord conservé un socle de joueurs majeurs. S’étant montré très régulier la saison passée, le trio d’étrangers composé de Zack Wright, Danilo Andjusic et Zachery Peacock devrait ainsi lui garantir des résultats.

Pour les épauler, le club bressan a fait appel à un meneur de jeu américain, Kadeem Allen, ayant une expérience en NBA de 47 matchs en trois saisons. Thomas Scrubb, qui portait le maillot de la SIG en 2019/2020, ainsi que Darel Poirier, Luka Asceric et Thibault Daval-Braquet intègrent aussi l’équipe. Sur le papier, la formation coachée par Savo Vucevic fera figure de poil à gratter.