Suite à une saison 2018/2019 pleine au terme de laquelle il a été élu meilleur défenseur de Jeep Élite, sélectionné dans le cinq majeur type de la compétition, et a emmené Nanterre jusqu’en demi-finale des playoffs du championnat, Lahaou Konaté (1m96, 28 ans) a voulu coûte que coûte tenter sa chance en dehors de nos frontières. Ayant finalement signé sur le tard un contrat avec le club de Tenerife, où il a du eu mal à rentrer dans le dispositif du coach en place, l’ailier international français a connu une année mitigée en Espagne, pour ce qui était sa première expérience à l’étranger. De retour en France et dans la région parisienne, la nouvelle recrue phare des Métropolitains 92 compte bien retrouver le statut de cadre qui était le sien avant son départ de l’Hexagone. A l’occasion de l’Amiral League, tournoi estival auquel il a participé avec l’équipe « Quai 54 », le natif de Créteil s’est confié sur son actualité. Entretien.

On connaît la rivalité existante lors des derbys entre Nanterre et Boulogne-Levallois. As-tu hésité au moment de prendre ta décision de rejoindre l’autre club des Hauts de Seine ?
Lahaou Konaté : Bien sûr. J’ai pensé aux supporters de Nanterre, à mon ancien coach Pascal Donnadieu. Parfois, au basket, il y a des choix difficiles à faire. Mais c’était un choix logique pour moi. Je n’avais pas beaucoup d’options et l’offre de Levallois n’était pas refusable.

Les Métropolitans présentent un projet ambitieux avec une participation en Eurocup la saison prochaine et la construction d’une Arena. Ces atouts ont-ils pesé dans la balance au moment de faire votre choix ?
Lahaou Konaté : Exactement, il y a un gros projet. Le club a envie de grandir. Il y a un projet de salle et peut être de disputer l’Euroleague dans les années futures suite à la fusion entre Boulogne et Levallois. Le projet est bon et cohérent donc c’est une bonne chose.

Tu as signé un contrat longue durée. Ton souhait est donc de t’inscrire dans ce projet sur le long terme ?
Lahaou Konaté : Je me suis engagé pour quatre saisons. On verra comment ça se passe, on ne sait jamais ce qui peut arriver durant ces quatre ans à venir. Pour l’instant, on va se concentrer sur la saison 2020/2021, et on verra par la suite.

Lors de l’exercice écoulé, tu as tenté l’aventure à l’étranger pour la première fois de ta carrière de basketteur. Si on s’en tient strictement à tes statistiques personnelles, on imagine que ça ne s’est pas déroulé comme tu l’aurais souhaité ?
Lahaou Konaté : Je dirai que ça s’est bien passé, dans le sens où j’ai appris. Après, j’ai eu beaucoup de frustration au début parce que je ne comprenais pas mon rôle et que le coach ne me m’était parfois pas sur le terrain, sans aucune raison. Après, j’ai continué à travailler et il m’a remis sur le terrain. J’ai pu faire de bonnes choses, de bons matchs face à de grosses équipes. Donc pour moi, c’est une réussite.

Qu’as-tu pensé de l’environnement global proposé par cette île ibérique qui est Tenerife ?
Lahaou Konaté : Le cadre de vie est magnifique. Le club a été très professionnel. La ligue, on l’a connaît : c’est l’une des meilleures en Europe. Il y avait tout pour être bien. Mais franchement pour moi, comme je l’ai dit juste avant, le plus important était d’apprendre.

Contrairement aux championnats français et à l’instar du championnat allemand par exemple, le championnat espagnol a organisé un tournoi à huis clos pour conclure la saison et délivrer un titre de champion. Tu y as participé. Qu’en as-tu donc pensé ?
Lahaou Konaté : C’était spécial, dans le sens où il n’y a pas de public, tu es dans une bulle, tout le temps à hôtel. Mais c’était très bien organisé donc ça s’est bien passé.

Précédemment, comment as-tu vécu le confinement imposé ?
Lahaou Konaté : Je suis resté confiné là-bas. Le club nous a fourni du matériel, dont des vélos. On ne pouvait pas rentrer chez nous, on était tous obligés de rester sur Tenerife. On avait des entraînements en commun via l’application Zoom. Ensuite, on a pu reprendre l’entraînement à partir du 10 mai. Ca a été deux mois sans toucher le ballon.

La crise sanitaire et économique actuelle a t’elle également influencé ta décision de revenir en France pour poursuivre ta carrière ?
Lahaou Konaté : C’est une question d’opportunité. J’ai l’opportunité de revenir en France. On connaît la situation actuelle qui est compliquée. Je ne pouvais pas prendre de risque non plus, donc je suis revenu en France. La Jeep Elite reste un très bon championnat. Pour moi, c’est tout à fait bon de revenir ici. Je suis originaire de la banlieue parisienne, j’ai la famille et des amis ici, donc pour moi c’est cool.

Que penses-tu de l’Amiral League ?
Lahaou Konaté : Très bien, c’est très bien organisé. Il y a un bon niveau, des pros, des joueurs de N2, N1. Le niveau est très bon et je pense qu’à partir des quarts de finale, ça va se corser un peu plus (ndlr : l’interview a été réalisée durant la phase de poule du tournoi).

Pour toi, est-ce que cet événement comble le fait de ne pas avoir de Quai 54 cette année ?
Lahaou Konaté : Ça ramène autre chose. C’est du basket en salle donc c’est différent. On peut voir que les gens en région parisienne sont demandeurs, quand tu vois tout ce beau monde à Cergy. Ça fait plaisir de pouvoir rejouer devant des personnes.