Auteur d’une saison écoulée qu’il juge décevante sous les couleurs d’une institution du basket allemand, le Bayern Munich, le pivot Mathias Lessort (2m06, 24 ans) est à la recherche d’un nouveau challenge. L’international français, médaillé de bronze avec les Bleus lors de la dernière Coupe du Monde, participait la semaine dernière avec l’équipe « Pigalle » à la première édition de l’Amiral League, un tournoi estival organisé à Pontoise (95). A cette occasion, il a pris le temps revenir sur les mois atypiques qui ont précédé et d’évoquer son futur.

Mathias, tu fais partie des rares basketteurs professionnels français évoluant en Europe à avoir repris et terminé la saison avec ton équipe suite à la pandémie liée au coronavirus. Dans quelles conditions s’est déroulée la compétition en Allemagne ?
Mathias Lessort : Contrairement à la NBA, on était pas dans une bulle mais dans un hôtel privé avec uniquement les joueurs, les staffs et les arbitres à l’intérieur. Le format de la compétition ressemblait beaucoup à un championnat d’Europe, avec beaucoup de matchs en peu de temps. Ceux qui ont eu la chance de faire partie d’une équipe nationale comprendront. Ce n’était pas quelque chose de nouveau pour moi, mais c’était juste bizarre de le faire en club. Ensuite, au niveau sportif, il y a eu une phase de poules. Puis les playoffs se sont déroulés en matchs aller-retour, avec un cumul des scores des deux matchs. Il est vrai que ça aurait été mieux d’avoir des playoffs classiques, sauf que l’on avait pas vraiment le temps. La période de compétition était réduite à seulement trois semaines. On ne pouvait pas faire différemment.

Qu’as-tu pensé de l’état de forme des équipes et des surprises qui en ont découlé ?
Mathias Lessort : Forcément, l’état de forme des joueurs était différent que pendant la saison. Il suffit de regarder les résultats de notre équipe. On s’est fait éliminer en quart de finale alors qu’on marchait sur le championnat. En Espagne, le Real Madrid s’est fait éliminer dès la phase de poules alors que eux aussi dominaient la compétition. On voit bien que c’est quelque chose qui a beaucoup changé le rythme des équipes et la physionomie des championnats.

L’Euroleague a aussi été stoppée nette et n’a, quant à elle, pas pu reprendre. Est-ce une déception de ne pas avoir pu finir ce qui avait été commencé ?
Mathias Lessort : On avait envie de terminer cette compétition également. Et ce, même si notre équipe n’avait pas grand chose à jouer car on était hors de la course pour les playoffs. Personnellement, ça m’a coupé dans mon rythme. Je commençais à monter en régime au moment où il y a eu la coupure liée au covid. Ça m’a un peu desservi.

D’une manière générale, comment jauges-tu tes performances lors de cette saison si particulière ?
Mathias Lessort : J’ai réalisé une mauvaise saison. J’en suis conscient, j’étais en dessous de mes attentes ainsi que de celles du club. Je n’ai pas réussi à trouver mes habitudes, c’était compliqué.

Tu es arrivé en fin de contrat avec le Bayern. As-tu quelques pistes pour la saison prochaine ?
Mathias Lessort : Je recherche un nouveau club. J’attends de voir ce qu’il y a d’intéressant. J’ai déjà reçu des propositions, mais je pense que je peux trouver mieux que les offres reçues pour le moment. Donc je patiente.

Drafté au deuxième tour par Philadelphie en 2017, as-tu toujours la NBA dans un coin de ta tête ?
Mathias Lessort : Cet été, je voulais essayer d’aller faire la Summer League, aller m’entraîner aux États-Unis. Le coronavirus a changé mes plans. Donc je vais voir comment la saison prochaine va se passer, où je vais, ce que je fais. Je vais me concentrer sur la saison à venir et quand l’été arrivera, on verra si je peux encore essayer ma chance en NBA.

Tu te trouves actuellement sur Paris, où tu sembles beaucoup t’entraîner et où tu viens de participer à l’Amiral League. Quelle est la suite de ton programme estival ?
Mathias Lessort : Je vais bientôt rentrer en Martinique. Je vais continuer à m’entraîner là-bas, me préparer pour être à mon meilleur niveau et de ma forme peu importe où je vais signer.