Chaque année, les équipes ne participant pas aux playoffs espèrent décrocher le gros lot lors de la loterie de la draft. Avoir le privilège de choisir en premier la « pépite » de son choix parmi une centaine d’athlètes est un luxe pouvant parfois devenir un cauchemar. Effectivement, un numéro 1 de la draft NBA est censé être le futur franchise player de l’équipe qui a jeté son dévolu sur lui.

Sélectionner un futur flop est la hantise de tout dirigeant, qui peut logiquement craindre pour la pérennité de ses fonctions dans la franchise en cas de mauvaises décisions. Basket-BallWorld a recensé les cinq plus gros flops réalisés au cours des vingt dernières années.

Kwame Brown en 2001 :

Premier basketteur lycéen sélectionné en première position de la draft NBA sans être passé au préalable par la case université ou professionnelle à l’étranger, ce pivot de 2m11 a été une énorme déconvenue. Choisi par les Washington Wizards, ce fût l’une, si ce n’est la pire, des décisions prises par Michael Jordan et ses collègues en tant que dirigeants en NBA.

Brown livra d’abord une saison rookie timide (4.5 points et 3.5 rebonds en 14 minutes de temps de jeu en moyenne par match) avant d’atteindre son pic deux ans plus tard avec des statistiques de 10.9 points, 7.4 rebonds et 1.5 passe décisive en 30 minutes passées sur le terrain. Comme souvent pour des athlètes prodiges à qui l’ont promet un avenir brillant mais qui sont fragiles physiquement, des blessures sont ensuite venues se mêler à sa carrière.

Ajoutez à cela un manque de professionnalisme, puisque Kwame s’embrouilla avec son coach et plusieurs de ses coéquipiers, en plus d’avoir séché un entraînement ainsi qu’un match, et vous avez un joueur dont la cote est au plus bas.

Malgré tout, plusieurs autres franchises ont décidé de lui faire confiance dans leur raquette. A commencer par les Los Angeles Lakers, qui l’ont conservé pendant trois saisons avant de l’envoyer au Memphis Grizzlies en échange de Pau Gasol. Après une pige de seulement quinze matchs dans le Tennessee, Kwame Brown prendra la direction des Detroit Pistons avec qui il disputera deux saisons anecdotiques sur le plan individuel.

Devenu propriétaire des Charlotte Bobcats (aujourd’hui Charlotte Hornets), Michael Jordan tenta ensuite de le relancer au sein de sa franchise avec un semblant de réussite, avant que le principal intéressé ne termine sa carrière NBA avec les Golden State Warriors puis les Philadelphia 76ers.

Andrea Bargnani en 2006 :

Premier et seul européen à ce jour à avoir été sélectionné en première position de la draft NBA, l’ancien international italien n’a jamais confirmé les grandes attentes placées en lui à sa sortie du Benetton Trévise, ancienne institution du basket sur le Vieux Continent. Si ses performances et sa trajectoire ont forcément déçu, n’atteignant pas le niveau d’un All-Star, il n’a pas non plus vraiment échoué dans la grande ligue américaine.

Choisi par les Toronto Raptors, qui ont durant un temps possédé l’équipe la plus cosmopolite et internationale du championnat nord-américain, et qui ont vu leur stratégie payer en juin dernier en décrochant le premier titre de champion de leur Histoire avec six joueurs étrangers (le camerounais Pascal Siakam, le congolais Serge Ibaka, l’espagnol Marc Gasol, le britannique OG Anunoby, le lituanien Jonas Valančiūnas et le canado-lucien Chris Boucher) et un GM nigérian (Masai Ujiri) à sa tête, Bargnani n’est jamais devenu le franchise player de l’équipe canadienne en sept saisons passées là-bas.

Lors de l’exercice 2010/2011, il fut certes le meilleur marqueur des Raptors avec 21.4 points de moyenne par match mais le bilan collectif des siens fut catastrophique (avant-dernier de la Conférence Est avec 22 victoires pour 60 défaites). Puis des pépins physiques à répétition viendront l’embêter et mettre fin à son aventure à Toronto.

Transféré aux New York Knicks en 2013, l’Italien y restera deux saisons en affichant des statistiques correctes avec 14 points et 5 rebonds cumulés en moyenne par match. Cependant, il ne disputa à chaque fois que la moitié de la saison… Une dernière expérience anecdotique d’un an aux Brooklyn Nets viendra mettre un terme à sa carrière en NBA en 2016, à l’âge de 30 ans.

Suite à cela, Andrea Bargnani retourna en Europe et plus précisément à Vitoria, en Espagne, pour y disputer l’Euroleague. Coupé par le club basque avant le terme de ses deux ans de contrat, il s’agira finalement de sa dernière expérience en tant que basketteur professionnel…

Greg Oden en 2007 :

Terreur des raquettes durant ses années au lycée et son unique saison passée à l’université d’Ohio State, ce big man a été sélectionné en pôle position de la draft 2007 à seulement 19 ans par les Portland TrailBlazers. Du haut de ses 2m13 et avec son visage de trentenaire, voir quarantenaire, alors qu’il n’avait pas encore soufflé ses 20 bougies, Oden avait de quoi intimider ses adversaires physiquement.

Ce pivot qui était censé dominer la NBA pendant plus d’une décennie n’est finalement jamais parvenu à s’imposer dans la meilleure ligue au Monde. Auteur d’une saison blanche dès son arrivée aux TrailBlazers en raison d’une micro-fracture au genou droit contractée lors de la pré-saison, l’intéressé est revenu au jeu en 2008/2009 pour y disputer sa véritable saison rookie.

Une blessure au pied, puis à nouveau une autre au genou droit, l’auront fait manquer une vingtaine de matchs. Néanmoins, en réalisant 16 « double-double » dont une pointe à 24 points et 15 rebonds lors d’une rencontre face aux Milwaukee Bucks, l’ancien Buckeyes montra un aperçu intéressant de ses capacités au plus haut niveau. Et alors que le début de saison suivante le voyait poursuivre les bonnes performances (il compila 11.1 points à 60.5% de réussite aux tirs, 8.5 rebonds et 2.3 contres en 24 minutes de temps de jeu), c’est cette fois-ci le genou gauche qui a lâché le géant Greg.

Ce nouveau pépin physique signa la fin de la carrière d’Oden en tant que basketteur professionnel, même s’il tenta quatre ans plus tard un ultime come-back en NBA avec le Miami Heat, alors champion en titre, lors de l’exercice 2013/2014. Auteur de statistiques anecdotiques (2.9 points et 2.3 rebonds en 9 minutes) lors de ses vingt-trois apparitions en saison régulière, il ne décrochera pas la tant convoité bague de champion, en étant vaincu en cinq manches lors des NBA Finals par les San Antonio Spurs de Tony Parker.

Anthony Bennett en 2013 :

Cet ailier-fort canadien est assurément le plus gros bide des numéros 1 de la Draft NBA de la dernière décennie. Des stars telles que Victor Oladipo, Giánnis Antetokoúnmpo ou encore Rudy Gobert ont été sélectionnées après lui. Même s’ils ont été sacrés champions NBA trois ans plus tard, en 2016, suite au retour au bercail de LeBron James, les Cleveland Cavaliers peuvent s’en mordre les doigts.

Pour commencer sa carrière dans la grande ligue américaine, Bennett a manqué la cible lors de ses quinze premières tentatives. Cela en dit déjà long sur les capacités de ce basketteur à devenir un joueur majeur chez les pros. Les apparences et statistiques sont parfois trompeuses. Machine à « double-double » en NCAA, le championnat universitaire américain, le natif de Toronto n’a jamais dépassé la barre des 20 points et des 11 rebonds en NBA.

Les blessures ne l’auront lui n’ont plus pas épargné, mais même en pleine forme et santé, il n’est pas sûr qu’Anthony aurait fini par percer. Après 151 matchs disputés en NBA (pour des moyennes en carrière de 4.4 points et 3.1 rebonds) en l’espace de quatre saisons avec quatre franchises différentes (Cleveland Cavaliers, Minnesota Timberwolves, Toronto Raptors et Brooklyn Nets), il a ciré le banc du Fenerbahce en Euroleague… Son niveau de jeu est celui de la ligue de développement de la NBA, la G-League, où il s’est montré plus à l’aise.

Markelle Fultz en 2017 :

Le syndrome de ne pas répondre aux attentes d’un numéro 1 de la draft ne touche pas uniquement les grands gabarits. Le meneur de jeu Markelle Fultz en est la preuve. Sélectionné en première position par une franchise d’avenir, les Philadelphia 76ers, après seulement un an passé à l’Université, l’intéressé s’est d’abord blessé à l’épaule après uniquement quatre matchs disputés… Avant de revenir pour les dix dernières rencontres de la saison régulière et de battre un record de précocité dans l’Histoire de la NBA en y réalisant de justesse son premier triple-double à l’âge de 19 ans et 317 jours.

Néanmoins, si elles ne sont pas catastrophiques, ses statistiques individuelles lors de sa saison rookie ne resteront pas dans les annales (7.1 points, 3.1 rebonds et 3.8 passes décisives en 18 minutes passées sur le parquet). Sa seconde saison, en tant que sophomore, ne fut guère plus réussi. Il ne disputa que 19 matchs au total, avec des statistiques similaires et des taux d’adresse aux tirs catastrophiques : 28.6% de réussite à trois-points, 56.8% de réussite sur la ligne des lancers-francs. Transféré en cours d’année à Orlando, Fultz ne portera le maillot du Magic qu’à la rentrée suivante.

Son changement d’environnement semble avoir été une excellente chose pour lui. Avant la suspension de la saison NBA, Markelle s’apprêtait à vivre enfin une saison complète. De plus, s’il n’a pas encore réglé ses soucis d’adresse derrière l’arc avec 25.4% de réussite, ses statistiques personnelles ont néanmoins augmenté. Meilleur passeur (avec 5.2 passes décisives) et intercepteur (avec 1.3 interception) de sa nouvelle équipe cette saison, il pointe par ailleurs en cinquième position des scoreurs du Orlando Magic avec « seulement » 12.1 points marqués en 28 minutes de temps de jeu en moyenne par match. Des performances qui sont encore loins des standards des All-Stars de la ligue, mais il y a du mieux.

Sachant qu’il aura 22 ans le 29 mai prochain, son jeune âge est donc porteur d’espoirs pour la suite de sa carrière. En espérant que la magie de Disney opère pour lui dans la ville abritant l’un des célèbres parcs d’attraction de la marque américaine dans le Monde.