Franchise player des Dallas Mavericks à seulement 21 ans, titulaire au All-Star Game pour sa seconde saison en NBA, la pépite slovène Luka Dončić (2m01) fait figure d’ovni dans la grande ligue américaine. Pas grand monde, même les plus grands spécialistes du basket-ball, n’aurait misé sur un tel début de carrière dans le meilleur championnat de la planète. Sa position dans le classement de la draft 2018 le prouve : bien qu’ayant été élu MVP de l’Euroleague et remporté la compétition européenne reine avec le Real Madrid à 19 ans, mais également été sacré champion d’Europe un an plus tôt avec sa sélection nationale tout en étant nommé dans le cinq majeur type du tournoi, il n’a été retenu qu’en tant que troisième choix dans la hiérarchie. Devant lui, le pivot DeAndre Ayton a montré des choses plutôt très intéressantes avec les Phoenix Suns mais n’en est pas la vedette, tandis que Marvin Bagley III connait de sérieux pépins physiques du côté de Sacramento.

Au même titre que Trae Young, sélectionné deux rangs après lui et immédiatement échangé dans la foulée le soir de la draft contre lui par les Mavs avec les Atlanta Hawks, il a été plébiscité cette année à la mi-saison par le vote combiné des fans, médias et joueurs parmi les deux meilleurs basketteurs NBA à son poste au sein de sa conférence. Cependant, à titre de comparaison, Dončić se démarque de son confrère américain puisqu’il est le leader d’une équipe ambitieuse de haut de tableau de la conférence Ouest. Tandis que celui avec qui il a échangé des sourires complices lors de la dernière édition du Rising Stars Challenge surnageait lors de l’exercice 2019/2020 dans une équipe en détresse de la conférence Est, réputée moins compétitive que son homologue… L’un gagne quand l’autre perd, et cela compte beaucoup au moment d’évaluer et de comparer deux talents. Luka possède donc un temps d’avance et aussi de plus d’expériences, notamment du jeu international. Néanmoins, il est indéniable que le futur de la NBA leur appartient. S’ils sont épargnés par les blessures, ces deux attaquants nés sont destinés à dominer la ligue pendant au moins la prochaine décennie.

Le nouveau visage des Dallas Mavericks

Comme vingt ans auparavant en récupérant à la draft le légendaire ailier-fort allemand Dirk Nowitzki via un trade, le multimilliardaire propriétaire de la franchise texane, Marc Cuban, a flairé le bon coup et compte bien conserver son joyau européen le plus longtemps possible dans son équipe.

Polyvalent, le natif de Ljubljana compte déjà une vingtaine de triple-double à son actif, dont plusieurs d’anthologies. Comme dernièrement ses 43 points, 17 rebonds et 13 passes décisives en étant blessé, en inscrivant en prime le game winner au buzzer après prolongation dans un match de playoffs face aux Los Angeles Clippers. Ou encore ses 36 points, 14 rebonds et 19 passes décisives en étant opposé à un autre cador du championnat, les Milwaukee Bucks. Ces performances relèvent presque du jamais vus auparavant dans l’Histoire de la NBA pour un joueur du même âge. Dončić joue dans la cour des grands. Celle des Michael Jordan, Kobe Bryant, Magic Johnson, LeBron James… Car en défense également, il n’a rien à envier à la plupart de ses camarades. Bien qu’il ne soit parfois pas évident d’être performant des deux côtés du terrain, celui qui est surnommé « El Matador » participe aux efforts défensifs de son équipe. Son extrême intelligence de jeu le démarque d’un grand athlète de la NBA féru de triple-double, à savoir Russell Westbrook qui, lui, croque à tout va, défend peu et se montre que très rarement clutch. Le meneur de jeu explosif des Houston Rockets joue avant tout pour ses statistiques individuelles alors que Dončić ne force rien, il laisse le jeu venir à lui.

Les fans à travers le globe l’adorent. Plus particulièrement en Europe, son continent d’origine, mais aussi en Asie où la NBA est énormément diffusée et occupe une place importante pour le business.

Dans les années à venir, en compétition internationale tel qu’un championnat d’Europe, la présence du slovène en sélection nationale promet de rudes batailles face à la Grèce de Giánnis Antetokoúnmpo, la France de Rudy Gobert et Evan Fournier, la Serbie de Bogdan Bogdanović et Nikola Jokić, la Croatie de Bojan Bogdanović et Ivica Zubac, l’Espagne de Ricky Rubio et Marc Gasol, l’Allemagne de Dennis Schröder, l’Italie de Danilo Gallinari, la Russie de Alexey Shved, etc… Le niveau de l’EuroBasket n’a jamais été aussi relevé.

Un comportement exemplaire

Par ailleurs, Luka Dončić ne connait aucun écart de conduite. Il semble parfait sur et en dehors des terrains. Contrairement à d’autres joueurs NBA qui se sont déjà fait prendre par la patrouille en ayant consommé ou en possession de produits illicites, ou alors qui se sont fait photographier dans des boites de strip-tease en bonne compagnie, la superstar européenne des Mavericks n’a encore jamais fait d’apparition dans les faits divers. Avec sa bouille de môme, sa carrure et son sourire de gentleman, il fait même figure du gendre idéal. Côté vie privée, il est très proche de sa maman, Mirjam Poterbin, qui est une ancienne mannequin et qui l’a suivi à Madrid durant son adolescence. Fidèle en amour, son coeur n’est plus à prendre. Luka est en couple avec Anamaria Goltes, une charmante jeune femme qu’il a rencontré en 2016.

Au All-Star Weekend de Chicago, à l’occasion du media day du Rising Stars Challenge, le numéro 77 de Dallas faisait partie des joueurs conviés à l’événement les plus sollicités par les journalistes. Lui poser une question sans représenter un média d’envergure était quasiment mission impossible. Face aux caméras et aux micros, il s’avère plutôt un bon client, même si ce n’est pas la partie du métier qu’il affectionne le plus.

En vrai passionné de basket-ball, Dončić a signé un contrat équipementier avec la prestigieuse marque Jordan Brand pour 5 ans et 100 millions de dollars. Ce montant époustouflant est nettement supérieur à son contrat en NBA avec les Dallas Mavericks. On le verra donc régulièrement vêtu de la tête aux pieds par le célèbre Jumpman créé par Nike en 1985 pour Michael Jordan.