Après quatre mois et demi de coupure du championnat en raison de la pandémie liée au coronavirus, la NBA va vraisemblablement reprendre ses droits le 31 juillet. Néanmoins, cela se fera dans des conditions insolites, encore jamais expérimentées avant. Seules 22 des 30 équipes appartenant à la grande ligue américaine ont été conviées à participer à la fin de la saison, qui déterminera un champion.

L’attente aura été longue, mais la NBA est bel et bien de retour. Dans un univers où les enjeux financiers sont extrêmement importants, il n’était pas question de réaliser une saison blanche comme cela a été le cas dans de nombreuses compétitions à travers le Monde. Disney World à Orlando, en Floride, a été choisi par les dirigeants de la plus prestigieuse compétition de basket-ball de la planète pour reprendre et conclure l’exercice 2019/2020. Néanmoins, l’immense complexe dans lequel va se dérouler la compétition sera fermé au public.

Au niveau sportif, pour une reprise des matchs prévue quatre mois et demi après le dernier affrontement officiel entre deux équipes NBA, les compteurs ne sont pas remis à zéro, mais les efforts fournis par les équipes de haut de tableau pourraient être anéantis. Tout d’abord, l’avantage du terrain et tous ses principaux avantages liés vont disparaître, sachant que les rencontres se dérouleront sans fan et a priori dans un gymnase neutre. De même, la fatigue liée aux déplacements va disparaitre. Tout le monde sera vraisemblablement mis sur un pied d’égalité. Terminer parmi les quatre premières places de chaque conférence permettra seulement d’affronter une formation ayant eu des résultats inférieurs durant la saison régulière.

Pour les équipes, après une longue période d’arrêt en étant privé de jeu collectif, cet avantage semble limité. Il y a un certain nombre d’automatismes à remettre en place entre coéquipiers, sans oublier le fait de retrouver un esprit de camaraderie. Tous les joueurs d’une franchise ne s’entendent pas tous à la perfection et l’éloignement n’a probablement pas aidé à resserrer les liens. Au niveau professionnel, une relation parfaite entre l’intégralité des coéquipiers d’une équipe n’existe pas. Du fait que certains soit opposés à une reprise, des brouilles pourraient se créer encore plus facilement. Et un vestiaire désuni ne produira rien de fantastique sur le terrain…

Par ailleurs, même s’ils ont une conscience professionnelle, tous les athlètes ne se sont pas entretenus de la même manière. Tous n’ont pas bénéficié des mêmes installations sportives pour pratiquer le basket ou tout simplement se maintenir en forme physiquement. Les revenus et conditions de vie ne sont pas identiques à tous. A titre de comparaison, une superstar peut se permettre des investissements qu’un rookie ou qu’un joueur de bout de banc ne peut pas. Disposant de revenus mensuels à sept chiffres, la plupart des stars ont fait construire un terrain intérieur ou extérieur chez eux lors de l’achat de leur propriété. Dans le cas où leur villa n’en aurait pas été déjà équipée… Individuellement, les joueurs d’une même équipe n’ont pas disposé du même matériel pour se maintenir en forme physique.

Il faut aussi prendre en compte le fait que les centres d’entraînements ont ré-ouvert au compte goute et à des dates différentes selon le bien vouloir des politiques des États dans lesquels évoluent des franchises NBA. Tous les concurrents n’ont donc pas été logés à la même enseigne. Certains ont pu prendre une longueur d’avance par rapport à des adversaires directs.

Une perte de motivation à prévoir

Même si un titre de champion NBA est en jeu et que les athlètes de très haut niveau sont des compétiteurs nés pour la grande majorité, il est probable qu’un certain nombre de joueurs se montrent en deçà de leurs capacités. Surtout avec les manifestations sociales actuelles suite au décès de George Floyd, cela ne les incite pas penser au basket et donc à s’entraîner, même si encore une fois, ils restent des sportifs professionnels. Adam Silver a proposé aux réfractaires de la reprise de la saison de rester chez eux sans être sanctionné, si ce n’est qu’ils ne seront pas payés.

Si plusieurs éléments d’une équipe visant le titre décidaient de ne pas reprendre la compétition, les cartes seraient en quelque sorte redistribuées. Les franchises devant faire face à des forfaits d’athlètes sous-contrat pourraient alors faire appel à des agents libres pour les remplacer. Mais elles leur faudra les intégrer dans son effectif, en espérant que cela n’impacte pas la si importante cohésion d’équipe.

Beaucoup d’autres aspects vont affecter négativement la stimulation des athlètes. D’une part, il n’y aura pas de fans pour les encourager depuis les tribunes. Le soutient des spectateurs permet à la majorité des athlètes de haut niveau de se transcender sur le terrain. D’autre part, la mise à l’écart dans une bulle, loin de leurs proches, peuvent provoquer des troubles psychologiques certains. Même si les joueurs NBA sont de véritables machines de guerre sur le plan physique, ils n’en restent pas moins des être humains. Et ils peuvent comme tout le monde être bouleversés sur le plan mental.

Dans la configuration à venir des matchs et avec les problématiques soulevées ci-dessus, comment les joueurs vont-ils trouver des sources de motivation ?

Pour conclure cet article, nous allons aborder un dernier point. Si une star contracte le virus, alors il devra définitivement quitter Disney et toute son équipe sera donc pénalisée. De même, si un joueur majeur se blesse en raison d’une longue période d’inactivité à haute intensité, ou d’un enchainement trop rapproché de matchs, alors beaucoup de personnes se poseront des questions quant à la valeur sportive du vainqueur de cette étrange saison 2019/2020.