Retour sur le parcours et les ambitions d’Axel Bouteille (2m00, 20 ans), l’une des révélations de la Pro A cette saison et candidat sérieux à l’équipe de France dans les années à venir.

Des débuts à Hyères-Toulon

Né le 14 avril 1995 à Roanne, Axel Bouteille est le fils de Franck Bouteille, un ancien basketteur professionnel français. Dans les traces de son paternel, il débute le basket à 4 ans lors de l’arrivée de son père au HTV. “Je l’ai toujours suivi dans les salles”, expliquait-il récemment à Elan TV. Depuis ses premiers dribbles, Axel n’a connu que deux clubs : Hyères-Toulon tout d’abord là où il a grandi et effectué ses années benjamin et minimes, puis l’Elan Chalon-sur-Saône depuis 2010 où il a intégré le centre de formation et est devenu professionnel. Un choix qui se sera avéré excellent pour le jeune homme, qui a repris le flambeau de Franck à la retraite de ce dernier en 2007. L’ainé de la fratrie Bouteille avait alors 12 ans.

A 14 ans, alors qu’il évolue en minimes France, l’adolescent se fait déjà remarquer à travers des qualités offensives indéniables et supérieures à la moyenne, haussant la barre à 41 points marqués lors d’un match. Quelques semaines plus tard, à l’occasion d’un stage regroupant les meilleurs potentiels nationaux de sa catégorie d’âge, les recruteurs présents dans les tribunes sont nombreux mais seuls ceux de Chalon-sur-Saône se montrent réellement intéressés par son profil. “Romain Chenaud, entraîneur au centre de formation de Chalon, m’a repéré au camp national. Il m’a téléphoné pour faire des tests à l’Elan et tout s’était bien passé. Mis à part eux et Hyères-Toulon qui voulait que je reste, je n’avais pas d’autre proposition”, nous raconte celui a pris la décision de quitter son cocon en rejoignant la Bourgogne.

Une collection de trophées à Chalon-sur-Saône

Après une première année passée loin de sa famille et amis, le phénomène va se mettre en marche à partir de sa seconde saison chalonnaise. En cours de saison, il se rend à Kaunas avec ses coéquipiers pour participer à l’Euroleague Juniors, aujourd’hui sponsorisé par Adidas et renommé le Next Generation Tournament. Le talent et l’instinct offensif de la jeune pépite saute alors aux yeux. Même si les Chalonnais repartiront en avion avec un bilan de quatre défaites en autant de matchs disputés en Lituanie, Bouteille compilera 15.3 points avec un important taux d’adresse (46.4% à 2 pts et 56.3% à 3-pts), 7 rebonds, 2.3 passes décisives et 1.8 interception en 33 minutes de temps de jeu en moyenne. Aux côtés de Clint Capela, David Michineau ou encore Mathias Lessort, tous devenus basketteurs professionnels au plus haut niveau comme lui, il devient une première fois champion de France cadets 1ère division au terme de la saison 2011/2012.

L’année suivante fut exceptionnelle pour le centre de formation de l’Elan Chalon qui rafle alors tous les titres nationaux possibles. Au sein de cette génération sensationnelle, Axel est sacré champion de France Espoirs Pro A puis remporte le Trophée du Futur après avoir réalisé un back-to-back historique en cadets France. “Mes années cadets et espoirs ont vraiment été des supers souvenirs car on a tout gagné”, nous dit-il aujourd’hui.

Quelques semaines plus tard, la FFBB le convoque pour la première fois en équipe de France. Auparavant snobé par les instances nationales dans la catégorie U16, « Bottle » de son surnom goûte pour la première fois au maillot Bleu en 2013 seulement, une fois ses premiers pas effectués en Pro A et l’enchaînement des trophées collectifs glanés en jeunes.

Top prospect français de la génération 1995

Au championnat d’Europe des moins de 18 ans, il s’impose comme étant le leader offensif du groupe (avec 12.6 pts/match et une rentabilité exceptionnelle pour un extérieur avec 60.5% de réussite aux shoots à deux points) et l’un des meilleurs joueurs français de la génération 95. S’en suit une sélection pour le All-Star Game organisé par la FIBA et regroupant les meilleurs prospects européens âgés de 18 ans et moins.

Lors de l’exercice 2013/2014, à seulement 19 ans et alors qu’il affronte tous les week-ends des joueurs de deux ans ses aînés, Axel survole le championnat espoirs en tant que meilleur marqueur (24.1 pts de moyenne) et est logiquement élu meilleur ailier et MVP de la compétition malgré des résultats collectifs décevants. En guise d’adieu, il plantera 38 unités le 12 avril 2014 face au Sluc Nancy pour ce qui sera l’un de ses derniers matchs chez les espoirs.

L’été arrive et la fédération française fait de nouveau appel à ses services chez les Bleuets, mais cette fois-ci pour la catégorie U20. Pour sa deuxième campagne internationale et alors qu’il est l’un des plus jeunes de l’effectif, Bouteille ne déçoit pas et conforte les dirigeants chalonnais dans leur idée de lui faire signer son premier contrat professionnel et à l’intégrer à 100% au sein de l’effectif pro à la rentrée.

Des débuts professionnels très prometteurs

Vraiment lancé dans le grand bain par Jean-Denys Choulet en 2014, Bouteille ne déçoit pas et apprend vite. Barré à son poste par deux joueurs plus expérimentés, il grappille néanmoins des minutes et se montre souvent rentable lorsqu’il se trouve sur le terrain. Surtout, cet arrière/ailier ne force rien et ne perd que très peu de ballons. Deux principes essentiels lorsque l’on est encore espoir sur le papier et que l’on aspire à jouer chez les pros. De plus, sa faculté à être productif sur un temps de jeu réduit est intéressante et encourage le coach à faire plus souvent appel à lui au cours de la saison.

Au terme d’une convenable première saison professionnelle, Axel rejoint le groupe France de la catégorie U20 pour y disputer sa dernière campagne internationale avec les Bleuets. Dès l’entame du championnat d’Europe, le jeune joueur de l’Elan Chalon est bouillant et déterminé, avec 21 et 25 points marqués à l’occasion de ses deux premiers matchs. D’une manière déconcertante, il domine ses adversaires de la tête et des épaules, s’offrant à titre d’exemple cinq dunks en première mi-temps face à la Croatie. Malheureusement, une fracture de la main interviendra quelques jours plus tard, le stoppant net dans ses performances et le contraignant surtout à déclarer forfait pour le reste de la compétition. Sans cette blessure, une place dans le cinq majeur type de l’EuroBasket lui semblait promise.

De retour à Chalon-sur-Saône pour disputer son deuxième véritable exercice en Pro A sous les couleurs de son club formateur, Bouteille dispose alors son nouveau statut dans la hiérarchie de l’équipe bourguignonne. Avec des apparitions de plus en plus fréquentes sur le parquet, tant en championnat de France qu’en coupe FIBA Europe, et dont il profite à merveille pour s’illustrer de la meilleure des façons. Devenu une valeur sure de la Pro A (7.3 d’évaluation en 14 minutes de temps de jeu en moyenne), Axel y a connu ses premières titularisations durant les fêtes de Noël et ne cesse d’impressionner.

Dernièrement, les Limougeauds ont appris à le connaître avec ses 9 points, 4 rebonds, 2 contres et 2 passes décisives pour 15 d’évaluation en 18 minutes, dont quelques actions de grande classe. Un peu plus tôt dans la saison, l’actuel leader strasbourgeois et dauphin monégasque ont également fait les frais de ce jeune poste 3/2 qui leur a respectivement infligé 16 points (à 100% de réussite aux tirs) en 16 minutes, et son premier double-double (10 points/10 rebonds). En cette fin de saison, il a la certainement capacité de se révéler durant playoffs en tant que facteur X.

Quel avenir ?

Axel Bouteille est l’un des jeunes les plus talentueux de la Pro A à l’heure actuelle, sans doute le meilleur à son poste chez les 21 ans et moins. Son parcours est brillant et son palmarès en équipe de « jeunes » déjà bien garni. Sa justesse dans le jeu impressionne, au même titre que sa maturité sur le terrain. A son âge, sa marge de progression est énorme. Il n’y a aucun doute qu’il fasse mieux son père, auteur d’une carrière honorable en Pro B et Pro A, et qui est depuis toujours l’un de ses conseillers et modèles.

“C’est mon mentor. Il me dit les bonnes et les mauvaises choses pour essayer de me faire progresser et me pousser à m’améliorer. Il a vraiment été très dur avec moi, il continue toujours aujourd’hui mais je pense que c’est aussi grâce à lui que j’ai su progresser. On dit beaucoup que l’on se ressemble physiquement mais aussi également au niveau du caractère. Il m’a transmis cela, cette humilité, savoir garder les pieds sur terre, être serein. Je suis devenu comme cela aujourd’hui grâce à ses conseils”, poursuivait-il sur Elan TV avant de nous ajouter : “C’est sûr que j’ai la volonté de faire mieux que mon père, il me pousse vraiment à toujours faire mieux et j’apprécie vraiment”.

Redoutable scoreur et doté d’un fort QI basket, Axel attire forcément l’attention des recruteurs de grands clubs européens mais aussi Outre-Atlantique. Lui vise avant tout la NBA comme il l’a confié à plusieurs reprises, notamment sur le site de la FIBA : “Mon plus grand souhait pour 2016 est d’être sélectionné lors de la draft NBA”, et nous l’a confirmé. En tout cas, que cela soit aux Etats-Unis ou en Europe, la route vers les sommets n’est plus très loin.