Tout juste sélectionné en 31ème position de la draft NBA par les Milwaukee Bucks, le jeune ailier Damien Inglis (2m01, 19 ans) est devenu le 21ème français à être drafté et devrait vivre son rêve américain dès la rentrée prochaine. Retour sur le parcours d’un phénomène de la balle orange.

Une fulgurante ascension

Né le 20 mai 1995 à Cayenne, en Guyane, Damien Inglis effectue ses premiers dribbles à l’âge de 10 ans, du côté de l’ASC Cygne. Repéré quelques années plus tard par les recruteurs de la FFBB à Temple-sur-Lot à l’occasion d’un tournoi avec la sélection de Guyane-Guadeloupe-Martinique, il intègre à 14 ans seulement l’Insep. Cet institut est habituellement réservé aux meilleurs prospects français âgés d’au minimum 15 ans !

Après une saison passée avec les cadets France du Centre Fédéral, il effectue deux apparitions avec l’effectif évoluant en Nationale 1 dès l’année suivante. La troisième division française, il y évolue durant trois saisons et y réalise quelques cartons offensifs : 31 points contre Blois en novembre 2012 ou encore 20 points, 9 rebonds, 6 passes décisives et 3 interceptions pour 35 d’évaluation face à Rennes sont à son actif. Ces multiples performances impressionnent et font de lui le meilleur jeune de NM1 en 2012/2013.

Un CV déjà solide et une fidélité au maillot Bleu

Les récompenses individuelles, il les accumule. Le leader français de sa génération est ainsi désigné MVP du tournoi de Douai en 2012, élu dans le cinq majeur type du tournoi international cadets de Bellegarde en 2010 ainsi que dans celui du NIJT de Belgrade en 2013.

Au niveau collectif, son palmarès est également loin d’être vierge, avec à son actif notamment une médaille d’Or et de Bronze toutes deux décrochées au Mondial U18 de 3×3 en 2012 avec l’équipe de France. Son amour pour le maillot Bleu se fait d’ailleurs doublement ressentir cette année-là, lorsqu’il enchaîne cette compétition après l’EuroBasket U18.

Inglis participe régulièrement à diverses compétitions internationales avec les différentes équipes de France de “jeunes”, comme l’EuroBasket U16 en 2010 et 2011 ou encore le Mondial U17 en 2012, mais aussi le Nike International Junior Tournament avec ses coéquipiers du CFBB… Opposé aux meilleurs joueurs de sa génération, il continue de livrer des partitions de très haut-niveau.

Au NIJT 2013, qu’il survole, il claque un jour un énorme triple-double (30 points, 10 rebonds, 11 passes décisives et 3 contres pour 56 d’évaluation) face à Prague. Quelques mois plus tard, à l’EuroBasket U18, ses 20 points, 9 rebonds et 8 passes décisives pour 31 d’évaluation contre la Serbie, puis ses 20 points, 17 rebonds et 4 passes décisives pour 30 d’évaluation dix jours plus tard face à la Russie ne passent guère inaperçues.

La découverte du monde professionnel

En fin d’exercice 2012/2013, son cycle au Centre Fédéral arrivant à son terme, “King Damié” s’apprête à découvrir le monde professionnel. De nombreux clubs professionnels de Pro A et de Pro B lui font les yeux doux pour l’accueillir, mais c’est finalement l’offre de la Chorale de Roanne qu’il accepte, notamment pour travailler avec Luka Pavićević, coach monténégrin réputé pour son exigence et son côté formateur.

Au cours d’une année difficile collectivement, le club de la Loire n’ayant pas pu empêcher la relégation dans la division inférieure, Damien s’inflige de nombreuses séances individuelles d’entraînements et découvre l’univers professionnel, milieu dans lequel il a l’occasion de briller. Sa meilleure performance de la saison reste le match aller face à la JDA Dijon, rencontre durant laquelle l’intéressé compile 14 points, 7 rebonds et 1 passe décisive pour 18 d’évaluation.

Titulaire à huit reprises en Pro A cette saison sur les vingt-sept matches qu’il y a disputé, Inglis valait 4.6 points, 3.6 rebonds et 1 passe décisive en moyenne. Doté de qualités athlétiques et physiques impressionnantes, invité par ailleurs à l’annuel Nike Hoop Summit en avril dernier, rendez-vous immanquable pour tout joueur désirant se montrer auprès des franchises américaines, le futur NBAer réalise une partie timide lors du traditionnel match de gala du samedi soir. Mais il a eu l’occasion de montrer toute l’étendue de son talent aux scouts US lors des quelques jours intensifs de workouts qui précèdent la rencontre télévisée.

Le rêve américain de Inglis

Déterminé à rejoindre la NBA dès la saison prochaine malgré son jeune âge, il décide ensuite de conserver son nom à la draft contre toute attente ou presque. A l’heure actuelle, il semble avoir fait le bon choix, les Bucks étant une franchise en reconstruction et le sélectionnant en milieu de tableau. Maintenant, il ne reste plus à Damien qu’à faire ses preuves lors du training camp, programmé en octobre prochain…