Avec la difficulté de plus en plus présente des médias physiques et digitaux à maintenir un modèle économique rentable et viable, on peut se demander à quoi ressemblera l’information sportive dans les années à venir.

Le business model de la presse écrite et des médias audiovisuelles (chaîne TV privée de type beIN Sports par exemple) repose effectivement sur la vente d’un produit par achat unique ou par abonnement, et/ou de la commercialisation d’espaces publicitaires. Avec la gratuité de l’information et des images que l’on retrouve majoritairement sur internet, vendre de l’information n’est plus évident de nos jours.

L’accessibilité à internet est beaucoup plus aisée et beaucoup moins coûteuse qu’il y a vingt ans. Les modes de consommation ont changé. La consommation du sport et de l’actualité sportive n’a pas échappé à l’évolution du Monde. A l’heure de l’instantanée, toutes les informations sont disponibles en direct. Le contenu diffusé en différé devient rapidement périmé. L’émergence des réseaux sociaux n’a fait qu’accentuer ce phénomène.

Dans l’univers actuel, où tous les faits et gestes des personnalités publiques sont observés puis commentés, contrôler son allure et sa communication est primordial. C’est la raison pour laquelle les athlètes NBA sont entourés de conseillers en communication, et que les franchises américaines disposent également d’experts dans ce domaine. Le travail de ces individus ne consiste pas uniquement à accompagner les athlètes sur comment répondre aux questions des médias, mais également entre autres à créer leur image de marque. Les modes de communication ont changé et sont de plus en plus nombreux. Auparavant, pour transmettre une information au public, il était nécessaire de passer par voie de presse. Ce n’est plus obligatoirement le cas aujourd’hui. Un tweet ou un post sur Instagram font désormais l’affaire pour faire passer une information.

La présence de médias traditionnels sera toujours souhaitée pour communiquer une information en toute transparence et impartialité. Mais si ceux-ci venaient à disparaitre complètement, les sources d’informations elles-mêmes deviendraient les personnes à consulter.

L’omniprésence des réseaux sociaux dans la société actuelle

Facebook, Twitter et Instagram font partie intégrante de l’univers NBA. Les joueurs absents de ces plateformes se font rares, mais ils existent. Pour la grande majorité qui y est présente, ils ne sont pas les seuls à gérer leur compte sur les réseaux sociaux. S’ils en ont bien évidemment l’accès et y publient du contenu, ils sont, comme expliqué précédemment, épaulés par leur(s) agent(s) et parfois des conseillers en communication qui gèrent leur image. Aussi, dans le même temps, les chaînes YouTube de basketteurs NBA se développent. Dans ces webséries, ils y ouvrent les portes de leur quotidien. Les caméras de leur équipe de com possèdent des accès privilégiés que les médias traditionnels ne disposent pas forcément. Les athlètes peuvent alors aborder les sujets qu’ils le souhaitent, sans que leurs propos de soient ensuite déformés ou mal interprétés dans les médias classiques. La liberté dans leur communication est alors totale.

Des athlètes encore réticents à l’idée

Certains athlètes comme Kawhi Leonard font le choix de ne pas posséder de réseau social. L’exposition de la NBA à travers le Monde étant énorme, les basketteurs faisant le choix d’être absent de Instagram and co ne perdent finalement pas énormément d’exposition. Déjà surmédiatisés à chacune de leur apparition sur un terrain, une partie d’entre eux ne veulent pas plus d’exposition. Ils préfèrent rester concentrés à 100% sur leur carrière sportive et leurs objectifs. Cela se comprend aisément, et ils adoptent très probablement la bonne attitude.

D’un côté, ils se privent probablement de nouvelles opportunités commerciales. Le rejet de Leonard envers les réseaux sociaux n’a cependant pas empêché le MVP des finales 2019 à avoir signé un juteux contrat de sponsoring avec l’équipementier New Balance. Mais dans cette histoire, ce sont surtout les fans qui sont privés de contenu exclusif publié par leur athlète favori.
D’un autre côté, ils se préservent aussi et surtout des critiques ainsi que de nombreuses heures perdues en consultant les médias sociaux.

Disposer d’un site internet, un bon compromis ?

Sur les réseaux sociaux, les athlètes ne « possèdent » pas réellement leur compte. Dans le sens qu’il ne leur appartient pas. Nous allons vous expliquer pourquoi ci-dessous. En fait, ils ont la liberté de publier le contenu (photos, vidéos) qu’ils veulent. Cependant, ils ne vont pas avoir un impact sur la visibilité de leurs publications auprès de leur fans. A travers un savant algorithme qui évolue au fil du temps, les dirigeants des Facebook, Instagram, Twitter, etc. décident de la portée qui sera donnée aux nouveaux posts. En d’autres mots, pour toucher sa communauté déjà acquise ainsi que d’autres fans potentiels, il faudra passer à la caisse. Le fait de posséder son propre site internet permet de contourner cela. Si vous ne publiez pas de contenu illicite ou malveillant, votre page web n’a aucun risque d’être suspendue et de disparaitre… Ce qui n’est pas forcément le cas sur les réseaux sociaux, où vous ne possédez pas un contrôle intégral.

Des nouveaux modes de communication pour les entreprises

Être un joueur NBA est souvent synonyme de disposer d’une grosse communauté de followers sur les réseaux sociaux. Être présent sur le plus de plateformes possibles et être actif permet d’accroitre sa communauté de fans et aussi d’augmenter les opportunités possibles de business avec des annonceurs. Certains basketteurs possèdent aussi leur propre site internet, mais c’est loin d’être le cas pour tous.

Par ailleurs, les athlètes professionnels véhiculent une certaine image auprès des fans et du grand public. Dans leur stratégie de développement, les entreprises veulent profiter de cette notoriété positive pour booster les ventes de leurs produits ou services. S’associer à un sportif pro devient de plus en plus fréquent. Il existe différents types de partenariat entre les personnalités et les marques. La plus répandue est une contrepartie financière. En d’autres termes, l’athlète va être payé pour assurer la promotion de la société. Il existe également une valorisation en matériel, c’est-à-dire que le sportif pourra commander et se faire livrer gratuitement à sa guise des produits de l’entreprise partenaire, dans la limite d’une valeur monétaire déterminée lors de la négociation du contrat.

Au lieu de communiquer dans des médias classiques, les équipementiers sportifs par exemple favorisent désormais la communication à travers les évènements et athlètes qu’ils sponsorisent. Durant le confinement lié au coronavirus, la campagne de Nike «Play inside, play for the world », relayée en masse sur les réseaux sociaux par les athlètes que la firme à la virgule équipe, en est le parfait exemple.

Pour aller plus loin…

Plus globalement, on dit même que les athlètes professionnels sont leur propre entreprise. Ils peuvent développer leur propre marque, leur propre fondation. Cela peut être pour créer une marque de vêtements et de produits dérivés par exemple, ou encore apposer leur nom à un camp estival de basket-ball. A lui seul, un basketteur NBA disposant d’une base importante de fans peut générer un chiffre d’affaires conséquent. Bien entendu, sachant qu’ils doivent avant tout se préoccuper de leurs performances sportives sur le terrain, et qu’ils n’ont aussi pas forcément des compétences élevées dans des domaines clés comme le design, le marketing, la commercialisation, etc. ils doivent se faire accompagner au quotidien par des spécialistes dans ces aspects hors terrain. Cela ne les empêche pas en revanche d’être consulté et de donner leur avis. Ce sont d’ailleurs généralement eux qui ont le dernier mot sur tout projet dans lequel ils sont engagés.