La voie vers le monde du basket professionnel n’est pas toute tracée pour tous les athlètes. Le passage par un centre de formation est fortement recommandé, mais pas obligatoire. Une poignée de basketteurs français évoluant actuellement en Pro B ont emprunté des chemins de traverse pour atteindre ce niveau. Malgré les difficultés, ils se sont donnés les moyens de leurs ambitions. Voici quatre basketteurs français aux parcours atypiques :

Thomas Cornely

Thomas Cornely revient de très loin. Dans sa quête de devenir basketteur pro, il n’a pas été épargné par les galères au début de sa carrière. Tardivement recruté par le centre de formation de Limoges pour évoluer dans le championnat Espoirs, cet ancien joueur de Pré-Nationale n’y aura évolué qu’une saison suite à la descente de l’équipe fanion en Pro B. La Nationale 3 se présentait alors à lui, en plus d’entraînements au quotidien avec le groupe pro du CSP. Après une montée en Nationale 2 acquise avec le club limougeaud, Cornely était contraint de signer sur le tard à Ormes. Et ce, faute de proposition de contrat au niveau supérieur. Remplaçant en NM2 dans ce club aux moyens financiers très limités, le natif de Saint-Jean-de-Braye y a rongé son frein pendant une saison. Avec une telle situation, il lui était difficile de séduire une équipe professionnelle de l’engager.

Promu de Nationale 3 à Nationale 2, le club de Coulommiers lui proposait alors de prendre les clés du camion et de lui offrir ainsi l’exposition nécessaire pour atteindre l’échelon supérieur avec une autre organisation. Le plan exposé fonctionna à merveille. Thomas Cornely marquait le championnat de son empreinte, avec des performances individuelles de haut vol. L’ADA Blois, qui évoluait alors en NM1, décidait de l’engager. Au sein d’une écurie ambitieuse qui obtenait la montée en Pro B lors de sa deuxième année, ses statistiques personnelles étaient correctes. Non-conservé par les dirigeants blésois, Cornely devait trouver un nouveau challenge dans une autre organisation. C’est en Normandie, du côté de Caen, qu’il trouva un point de chute. Propulsé meneur de jeu titulaire, il guida le CBC en Pro B. Cette fois-ci conservé par le promu dans l’antichambre, l’intéressé se distinguait dès ses premiers matchs au deuxième échelon français.

Rapidement, Thomas Cornely s’imposait comme étant l’un des meilleurs meneurs de jeu français de Pro B. Meilleur passeur et intercepteur du championnat après quelques journées, il scorait dans le même temps plus de 10 points en moyenne par match. A la suite de cette saison exceptionnelle sur le plan individuel, Blois le rapatriait. Cornely y évolue toujours depuis 2018, avec cette fois-ci des responsabilités accrues et un rôle majeur. En 2019, il aurait pu rejoindre l’élite avec son club si celui-ci n’avait pas été recalé à cause du cahier des charges. Peut être qu’on le verra intégrer la Betclic Elite d’ici les années à venir. Si cela se concrétisait, son histoire serait alors magnifique.

Sylvain Sautier

Contrairement à la plupart des autres basketteurs professionnels de sa génération, les portes du sport pro ont tardé à s’ouvrir pour Sylvain Sautier. Originaire de Narbonne, cet ailier-fort débute le basket en primaire. Après ses années cadets France à Toulouges, où il connaîtra ses premières apparitions en Nationale 2, il décide de retourner dans le club de ses débuts, à Coursan, pour évoluer en Nationale 3 et gagner du temps de jeu. A ce moment là, les centres de formation des clubs professionnels ne s’intéressaient pas à lui.

C’est alors que Sautier décide de changer complétement de région. En rejoignant la Bretagne avec un double projet alliant les études et le basket de haut niveau, il a probablement effectué l’une des meilleures décisions de sa vie. Au total, il aura passé sept ans à Lorient. Avec le club morbihannais, il aura connu des rôles différents, de celui de leader à remplaçant. Et ce, au cours de deux ascensions dans les divisions supérieures (NM2 puis NM1). Mais surtout, son statut de basketteur semi-pro à professionnel à temps plein s’est effectué en chemin.

Son rôle dans l’équipe de Lorient ayant été fortement limité lors de sa découverte de la Nationale 1, Sylvain Sautier est ensuite redescendu d’un étage en rejoignant Recy Saint-Marin, alors promu en NM2. Après une saison, il décrochait la montée en NM1 en étant un joueur majeur de l’équipe.

C’est alors que Souffelweyersheim décide de faire appel à ses services. Un an plus tard, la formation alsacienne décrochait la montée en Pro B. Au moment de bâtir son effectif pour le deuxième échelon national, le coach Stéphane Eberlin décide de continuer à lui faire confiance. Sylvain Sautier est aujourd’hui une rotation en Pro B, avec un vrai rôle en sortie de banc. Lui-même n’aurait sans doute jamais imaginé d’une telle ascension il y a encore quelques années.

Ludovic Negrobar

Ayant pratiqué une première fois le basket-ball durant l’adolescence, sans y avoir accroché, ce grand fan de football est revenu à la balle orange à ses 17 ans. Encouragé par un ami à pratiquer ce sport du fait de sa grande taille, Ludovic Negrobar a débuté au niveau départemental. Pour devenir basketteur professionnel, le chemin était alors encore long pour le natif de Créteil. Pour se faire, il a du voyager et voir du pays !

A 19 ans, cet ailier-fort longiligne évoluait en Nationale 3 à Saint-Nazaire, dans les Pays-de-la-Loire. Ensuite, Negrobar a été repéré par le centre de formation du Limoges CSP lors d’une détection organisée en région parisienne. Après deux années partagées entre la cinquième et la quatrième division française, cet ancien coéquipier de Thomas Cornely s’est engagé à Sceaux en NM3. Les trois saisons suivantes, « Ludo » les passa à Rennes. Dans la capitale bretonne, il est devenu un bon joueur de NM2 et a même accédé à la NM1. Au plus haut niveau fédéral, il n’y passera que deux saisons avant de passer un nouveau cap. Signé par Gries-Oberhoffen à l’été 2017, Negrobar terminait champion de France environ neuf mois plus tard. L’aventure en Pro B, il ne l’a connaîtra pas avec le club alsacien mais le Nantes Basket Hermine.

Pour son retour dans les Pays de la Loire, Ludovic ne s’est pas montré intimidé et a poursuivi sa progression. Il a su élever son niveau de jeu lorsque des opportunités se sont présentées à lui. A titre d’exemple, il a été élu MVP de la finale de la Leaders Cup Pro B remportée en 2020 par son équipe. Durant la dernière intersaison, Ludovic Negrobar a rejoint les Sharks Antibes. Il s’agit d’ancien club de l’élite, au bord du gouffre sportivement la saison passée. Mais avec de vraies ambitions dans l’antichambre pour la saison à venir…

Tommy Guezala

A 29 ans, Tommy Guezala va évoluer en Pro B pour la première fois de sa carrière à la rentrée. Et ce, avec le club normand d’Évreux. Ayant vivoté entre la quatrième et la troisième division française de ses 22 à 28 ans, ce meneur de jeu gaucher va devoir une nouvelle fois faire ses preuves. Exactement comme il a déjà pu le faire du côté de Joeuf-Homecourt, Gries-Oberhoffen ou encore Aubenas par le passé. Ses performances en sortie de banc seront cruciales s’il souhaite conserver sa place durablement au deuxième échelon.

Quoi qu’il arrive, son ascension vers le très haut niveau est formidable. Guezala a débuté le basket à 15 ans à Saint-Dié. Dans les Vosges, il a fait ses armes en Pré-Nationale puis en Nationale 3 pendant plusieurs saisons. Aucun centre de formation ne lui a ouvert ses portes. Tommy Guezala fait partie de ces quatre basketteurs de Pro B ayant connu un parcours atypique. On ne peut qu’applaudir le chemin qu’il a parcouru.