Membre de l’équipe vainqueur de la première édition de l’Amiral League, Sylvain Francisco (1m85, 22 ans) s’apprête à retrouver à la première divisible française à la rentrée avec le club de Roanne. Après deux saisons passées en Pro B au Paris Basket, le meneur de jeu au style très américanisé compte bien s’y imposer sous les ordres de Jean-Denys Choulet. Nous sommes allés à sa rencontre.

Sylvain, tu es passé durant l’intersaison du Paris Basketball en Pro B à la Chorale de Roanne en Jeep Elite. Peux-tu revenir sur cette transition ?
Sylvain Francisco : Pour moi, c’est une page qui se tourne avec Paris. Mon objectif était de retourner en Jeep Elite au terme de cette saison que j’ai bien appréciée. J’ai déjà connu ce championnat ainsi que l’Eurocup lorsque j’étais à Levallois. Dans ma tête, je ne pouvais plus rester en Pro B une saison supplémentaire. Je voulais vraiment trouver un nouveau challenge. C’est ce qui s’est fait : j’ai signé à Roanne. Je pense qu’il va s’agir d’une bonne saison.

As-tu pu parler avec le coach de ton futur rôle au sein de l’équipe ?
Sylvain Francisco : Vous allez le découvrir par vous-même, je ne dirai rien du tout. J’ai discuté avec le coach, mais ce qui s’est dit entre lui et moi, ça reste privé. Vous le verrez sur le terrain de toute façon.

Il est connu que Jean-Denys Choulet affectionne beaucoup les joueurs américains sur les postes arrière. Même si tu es français, ton style de jeu très américanisé semble donc l’avoir séduit ?
Sylvain Francisco : J’avais entendu parler de ça. Mais au début, je ne le connaissais pas trop, surtout lorsque j’étais à Levallois et à Paris. Je me suis renseigné, il a été à Chalon et à Roanne avant. Je connais bien Marco Pellin et Solo Diabate, qui ont évolué sous ses ordres à Roanne. Il aime bien les meneurs comme moi, assez athlétiques, avec un jeu américain et une mentalité américaine. C’est ce qu’il aime. On va dire que lui et moi, on s’est bien trouvé. Je sais que je vais apprendre beaucoup de choses avec lui et l’équipe cette année. Je suis prêt à relever ce challenge.

As-tu une idée des ambitions collectives de la Chorale de Roanne pour la saison prochaine ?
Sylvain Francisco : Pour l’instant, on verra bien. Avec le COVID, je pense que la plupart des équipes ne se sont pas prononcées sur leurs ambitions. Je pense que déjà, l’importance est de se maintenir en Jeep Elite. Puis, après, on verra ce que l’on fera.

En dehors de tes années aux États-Unis, est-ce la première fois que tu vas quitter la région parisienne pour jouer au basket en France ?
Sylvain Francisco : En professionnel, oui. Mais sinon, quand j’étais jeune, j’étais déjà à Saint-Étienne. Donc je connais un peu les alentours : Roanne, Lyon, etc. Mais pour moi, sortir de Paris, c’est aussi un mal pour un bien. Je vais encore plus être largement concentré sur le basket. Roanne, c’est une ville où il n’y a que du basket. C’est ce que j’aime. En plus, mon grand frère et mes neveux habitent à côté, à Saint-Étienne. Aussi, mes parents sont prêts, ils peuvent venir à la maison. Donc ça va être bien.

Estimes-tu que ta formation à l’américaine a pu te desservir au cours de ta jeune carrière ?
Sylvain Francisco : Quand j’étais plus jeune, la plupart des clubs m’ont refusé pour entrer en centre de formation. D’une part, j’étais petit. D’autre part, mon jeu était trop américanisé, donc les coachs n’aimaient pas ça. Du coup, je suis parti aux États-Unis. J’ai été formé là-bas. De revenir en France et faire les choses que je fais, je garderai toujours la même mentalité, le même jeu. Mais j’essaie aussi d’améliorer mon jeu en tant qu’organisateur. C’est ce que je fais depuis trois ans, mais vraiment depuis cette année car j’étais meneur titulaire et j’ai beaucoup appris avec les joueurs d’expérience comme Gary (Florimont), Amara (Sy) mais aussi Nobel (Boungou-colo). Le coach Choulet de Roanne peut m’apprendre beaucoup de choses. Il y a aussi Mathis Keita avec qui je vais faire équipe et qui est un meneur de jeu organisateur. Pour dire vrai, tout ce qui se passe ne m’a pas freiné. Mon jeu peut vraiment apporter beaucoup de choses, et je sais qu’il peut m’emmener loin. J’essaie de trouver la balance entre faire jouer l’équipe et jouer pour moi. Je sais que tôt ou tard, je vais réussir à la trouver.

Penses-tu que ton style de jeu sera plus adapté à la Jeep Élite que la Pro B ?
Sylvain Francisco : Oui, ou même au dessus aussi. Comme je l’ai dit, j’ai déjà été en Jeep Élite. A chaque fois que je vais quelque part, c’est un challenge. Mon objectif a toujours été la NBA. Je vise toujours haut. Je ne serai jamais satisfait. Par exemple, si je peux mettre 20 points, prendre 10 rebonds et faire 10 passes décisives, je ne serai jamais satisfait. Parce que du jour au lendemain, je peux faire 1 point, 1 rebond et 1 passe décisive. Pour moi, rien n’est acquis. Je bosserai toujours pour être au plus haut niveau.

As-tu déjà eu des contacts avec la G-League ou la NBA lors de tes expériences aux USA ?
Sylvain Francisco : C’est une question un peu privée, mais oui j’en ai déjà eu, surtout avant de revenir en France à Levallois. Je devais jouer en NCAA mais ça ne s’est pas passé à cause de mes notes en classe de troisième en France. J’avais fait exprès de revenir ici pour, au cas où, avoir le statut de JFL. On ne sait jamais, en cas de problème aux États-Unis, j’aurai eu la possibilité de revenir en France en étant joueur formé localement. C’est ce qui s’est passé. Pour revenir à la question initiale, j’avais des petites touches un peu partout, mais je patiente et je sais qu’un jour ça portera ses fruits.