Ancien espoir du basket français, Yunss Akinocho (2m00, 26 ans) aurait très bien pu évoluer en NBA. S’il n’avait pas été victime d’une blessure au plus mauvais moment…

La pratique du basket-ball débute à Reims à 12 ans pour l’actuel ailier-fort de Rezé. Recruté quelques années plus tard par le Centre Fédéral à la suite d’un tournoi national inter-zones à l’issue duquel il est sacré champion de France, l’intéressé goûte ensuite brièvement à la Pro A. Avec Cholet dans un premier temps, puis Brest.

Un prospect français rêvant de NBA

Désirant évoluer à terme dans la grande ligue américaine, Yunss Akinocho prend alors la direction du pays de l’oncle Sam la saison suivante. A 19 ans. « Comme en France je faisais partie des meilleurs joueurs en espoirs et que mon rêve était la NBA, je me suis dit « Allez, autant aller s’attaquer aux joueurs de mon âge. Mais aux États-Unis, étant donné que les meilleurs sont là-bas ».

Aux USA, il réalise deux années pleines en Junior College. Yunss Akinocho s’impose alors comme l’un des éléments majeurs de son championnat. Tout allait alors pour le mieux pour lui. Jusqu’à ce qu’un évènement vienne stopper net ses ambitions. « Je faisais partie des dix meilleurs joueurs de la Californie », rappelle-t-il. « Deux mois avant de partir à Oklahoma University, qui m’avait recruté, j’ai eu une grosse blessure au genou. Quelqu’un d’autre m’a remplacé et je suis revenu en France. Je me suis blessé à deux mois de mon rêve». Retour à la case départ donc. Après un arrêt de dix mois et des envies d’ailleurs, Akinocho a décidé de quitter l’hexagone pour rallier l’Allemagne. Une saison au Danemark aura suivi.

 

« Je faisais partie des dix meilleurs joueurs de la Californie » Yunss Akinocho

 

En 2009, le sélectionneur marocain le convoque pour prendre part à la CAN. Cet ancien international français cadets n’a pas vraiment hésité à répondre favorablement à cet appel. « Participer à une Coupe d’Afrique des Nations, c’est toujours intéressant. Tu joues contre des équipes comme le Sénégal et ses joueurs NBA et de Pro A. D’ailleurs, on les a battu en match de poule !», se souvient-il.

C’est alors qu’il est de retour en France et s’engage en faveur de Charleville-Mézières en Pro B. Il y effectue un peu plus d’une demi-saison. Puis prend successivement la direction d’Épinal et de Lorient. Deux clubs évoluant en N2, deux étages en dessous. Mais, entre temps, avant la fin de son contrat dans les Vosges, une rupture du tendon d’Achille vient lui faire prendre beaucoup de recul par rapport à la balle orange. « A ce moment-là, pour moi, le basket c’était fini. J’ai voulu tout arrêter, je ne voulais pas me blesser une troisième fois. Je suis parti en rééducation à cap breton et j’ai rencontré Camille Eleka là-bas. A quelques jours de la reprise du championnat, il était à Lorient. Il m’a appelé pour me dire que le club cherchait un joueur de mon profil. J’avais bien repris physiquement. Ma blessure était derrière moi. J’ai foncé et signé le lendemain de mon arrivée », explique-t-il.

Une carrière faite de voyages à travers le Monde

Après un bon exercice 2012/2013 passé dans le Morbihan, le voilà maintenant à Rezé. En Nationale 3. Et il a bien l’intention de se poser ici. « Le basket, ça m’a beaucoup fait voyager. J’en ai profité. Il m’a aussi permis de faire beaucoup de rencontres. Comme celles de Paul George, les frères Lopez (Brook et Robin), Josh Smith, etc… Cette année, j’ai eu des propositions pour aller jouer plus haut. Mais je pense que j’ai assez vu du pays et même du monde. Le seul endroit où j’irai maintenant, ça serait l’Asie. Ce continent m’a toujours attiré. Après, si c’est proche de Nantes, pourquoi pas. Plus loin, ça ne m’intéresse pas. J’ai des responsabilités aujourd’hui », explique ce père de famille depuis trois ans qui a de nouveaux projets en tête. Parmi eux, du 7 au 8 juin 2014, celui qui a repris des études littéraires organisera à Nantes un tournoi, ouvert aux pros et amateurs, et parrainé par les internationaux Endy Miyem et Charles Kahudi.

Enfin, lorsqu’il repense à son début de carrière très prometteur, Yunss Akinocho n’exprime pas véritablement de regret.

« Tu ne peux pas regretter. C’est quelque chose qui est arrivée, ça fait partie du métier… Mes blessures m’ont ralenti, fait perdre deux ans. Il suffit d’une blessure et tout est fini. Il y en a beaucoup qui lâchent. Je suis déjà revenu à deux reprises ». En espérant pour lui qu’il n’y aura pas de troisième fois.