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Comment gérer une saison blanche pour un basketteur ?

Publié par le 14 mai 2017               
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Chez un athlète professionnel, quel que soit le sport qu’il pratique, ne pas pouvoir exercer son métier pendant une ou plusieurs années au cours de sa courte carrière sportive est souvent une hantise et un phénomène difficile à gérer, tant mentalement, émotionnellement que physiquement.

Il existe trois possibilités principales résultant d’une saison blanche chez un basketteur.

Premièrement, l’athlète peut ne pas avoir trouvé un club durant l’intersaison et se retrouve donc sur le carreau. Il peut y a plusieurs raisons à cela : déclin sur le plan sportif (capacité du joueur à être performant sur le terrain, ou à être coachable par exemple), prétentions financières trop élevées sur un marché de plus en plus saturé (lié à l’augmentation du nombre autorisé de joueurs étrangers par équipe), ou même des problèmes extra-sportifs. Dans éviter la plupart de ces cas-là, l’athlète doit s’adapter à la situation et bien souvent revoir ses ambitions à la baisse, en acceptant par exemple un salaire plus raisonnable et/ou en descendant d’une ou plusieurs divisions dans la hiérarchie des championnats. Mais une fois que la saison a débuté et que les effectifs sont au complet, les « agents libres » n’ont plus vraiment leur destin entre leurs mains. Ils sont contraint de patienter entre plusieurs semaines et plusieurs mois, le temps que des confrères se blessent pour pouvoir espérer recevoir un coup de fil d’un club et signer un contrat en tant que pigiste médical… Certains basketteurs trouveront donc un employeur en cours de saison pour une période plus ou moins longue, mais sachant qu’il n’y a pas de place pour tout le monde, d’autres resteront au chômage pendant un an ou plus. Chez un basketteur professionnel, la gestion de cette période d’attente est, sauf exceptions rares, compliquée. Notamment, le joueur va douter de ses capacités, se renfermer sur lui-même, et va devoir s’entretenir pour garder la forme en s’entraînant seul à moins que par chance, un club accepte de l’accueillir en tant que sparring-partner… Le fait de garder confiance en soi ainsi que (et surtout) le soutien de ses proches devient alors primordial pour ne pas craquer et partir en vrille. « J’avais déjà connu cette situation deux ans auparavant, et elle avait été un peu plus dure à gérer. Mais cette année, j’ai continué à m’entraîner, j’avais gardé le même rythme d’entraînement. Je m’entraînais le matin et le soir comme si j’avais un club. Et puis, mes parents, ma famille, mes amis, tous étaient là pour me soutenir. Parfois, je n’avais pas trop envie de m’entraîner mais ils étaient présents pour m’encourager, me soutenir. J’ai su gérer ça, ça a été. J’avais toujours l’espoir de trouver une équipe » nous confiait il y a quatre ans Bianco Matanga (aujourd’hui à Calais en NM2), ayant signé à l’époque un contrat avec l’Ujap Quimper en Nationale 1 en février 2013, cinq mois après le début de la saison et seulement deux mois avant son terme. Un athlète peut aussi profiter de cette période de disponibilité pour préparer sa reconversion, son après carrière sportive, mais peu d’entre eux le font à moins d’y être tout simplement obligé (exemples : un joueur qui n’a aucun contact avec un club à un âge avancé ou un athlète apte mais sans club pendant plus de deux ans consécutifs).

Deuxièmement, l’athlète peut décider de sa propre initiative de faire un break d’une ou plusieurs saisons avec le sport qu’il pratique au niveau professionnel. Bien que ce genre de cas est extrêmement rare, il existe et a même touché le plus meilleur basketteur de tout les temps. Michael Jordan a effectivement décidé de mettre le basket pro et la NBA entre parenthèses lors de la saison 1993/1994 suite au décès de son père, puis une seconde fois entre 1998 et 2001. Ces différentes pauses avec la balle orange ne l’ont pas empêché d’être toujours dominant.

Troisièmement, un basketteur professionnel peut aussi être définitivement contraint d’effectuer une saison blanche en raison d’une blessure longue durée qui l’empêche de jouer. Le quotidien de ces athlètes victimes d’une lésion grave est encore moins évident à gérer, surtout lorsque le joueur n’en est qu’au début de sa carrière sportive. C’est le cas du jeune intérieur Lionel Ebreuil (2m02, 21 ans), qui n’a disputé que onze matchs officiels au cours des trois dernières saisons. Passé par le Centre Fédéral, le centre de formation de Cholet Basket puis du Limoges CSP, ainsi que sélectionné en équipe de France U15 et U17, ce joueur prometteur ayant débuté le basket à 13 ans au PUC a vu le sort s’acharner sur lui.
« En fait, ma blessure a duré 2 ans. Dans un premier temps, je me suis fait une fissure au tibia gauche. Puis, en passant une scintigraphie, on a constaté au niveau de la fissure qu’il y avait une tumeur bénigne. Je me suis fait opérer une première fois pour l’enlever et suite à cette opération, mon tibia était devenu plus fragile. Donc l’année d’après, le 3 juin 2016 au camp LNB, mon tibia s’est cassé nettement au niveau de la fissure précédente. Ma première réaction était de la rage pure, et en même temps un soulagement depuis le temps que je galère avec ce tibia en mauvais état ! Je me suis donc fait opérer à Paris le lendemain même et les médecins m’ont mis une tige en métal dans le tibia. La semaine suivante, j’ai intégré le Crf (centre de Rééducation fonctionnel) à Villiers-sur-Marne où j’y ai passé 4 mois en rééducation intensive. Au début, c’était vraiment dur mais on a eu des résultats rapidement donc ça m’a vraiment aidé ! » raconte Lionel Ebreuil. Parallèlement à sa rééducation, l’intéressé a été contraint de trouver d’autres occupations mais surtout entamer une formation professionnelle extérieure au basket pour pouvoir vivre en attendant son retour sur les parquets. « Pour m’occuper, c’était vraiment dur. Je ne sortais pas du tout, je réfléchissais à longueur de journée sur la situation qui me troublait. J’avais mes proches qui étaient là pour moi donc ça allait, j’ai même eu des visites de pas mal de potes chez moi ! Finalement, je me suis engagé dans le métier de vtc (chauffeur) pour avoir un salaire, pour me débrouiller », témoigne-t-il.
Lionel n’en a assurément pas terminé avec la balle orange, et il compte bien retrouver un club dès la rentrée prochaine. « J’ai repris le basket il y a tout juste un mois. J’ai pas mal bougé, je me suis surtout bien entraîné à Saint-Vallier avec mon frère depuis des années, Jean-Dieudonné Biog, qui joue en Nationale 1. Il m’a beaucoup aidé, surtout pour retrouver des bonnes habitudes alimentaires donc je le remercie et l’encourage pour l’année prochaine ! Me concernant, mon programme dans les mois à venir sont dans un premier temps de continuer à retrouver la forme, perdre un maximum de kilos en alternant avec 1 jour de basket et 1 jour de footing : je fais tout ça le matin car je travaille ensuite de 16h à 4h… Pour le moment, au niveau de mes ambitions pour l’an prochain, je veux juste rejouer, retrouver des sensations, me sentir à ma place dans une équipe. Je reprendrai sûrement à un petit niveau mais je sais pourquoi j’en suis là aujourd’hui, donc je garde toujours en tête q’un jour j’aurai une place au plus haut niveau français, c’est-à-dire la Pro A ».
En définitive, ses pépins physiques sont aujourd’hui derrière lui et l’ont fait grandir en tant qu’homme à un moment où sa carrière professionnelle dans le basket aurait dû décoller. « Au début, je pense avoir eu un peu de mal à gérer ma blessure car elle est survenue à un moment où tout allait bien pour moi. Je venais de signer un contrat pro à Cholet Basket et la galère a alors commencé. Je n’en retiens pas que du négatif car cette blessure m’a fait mûrir, prendre mes responsabilités et m’a fait apprendre à mieux écouter et connaître mon corps ».

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