Pour devenir basketteur professionnel, le passage par un centre de formation d’un club de Pro A ou de Pro B est devenu une étape quasiment obligatoire pour un jeune joueur. Même s’il existe toujours quelques exceptions qui parviennent à se hisser en LNB en ayant grandi et progressé en dehors de ce cadre, ce genre de cas sont extrêmement rares de nos jours…

La première étape, faire partie des meilleurs potentiels de sa région

Pour commencer, l’intégration d’un centre de formation est, en outre, la suite plus ou moins logique pour un jeune adolescent ayant par avant connu les sélections départementales mais surtout régionales. Aussi, il est indéniable que les pensionnaires du Pôle Espoir de chaque région ont de grandes chances de poursuivre leur formation dans les infrastructures d’un club pro. Être membre entre 11 et 14 ans des dix ou douze meilleurs éléments de sa catégorie d’âge au niveau de son département et de sa région permet à un adolescent de participer à des stages et tournois où peuvent être présents des recruteurs de clubs professionnels. La participation aux tournois inter-départements et surtout inter-régions offre l’opportunité aux jeunes de se confronter et ainsi de se jauger face à d’autres talents évoluant dans une zone géographique différente.

A la suite de ces compétitions, une sélection est composée pour chacune des huit « zones » recensées (Ouest, Sud-Ouest, Sud-Est, Est, Nord, Nord-Est, Ile-de-France, Guymargua). A noter qu’arrivés à cette étape, les membres de ces effectifs ont une place quasiment garantie dans un centre de formation. Et ce,  s’ils désirent poursuivre dans cette voie bien entendu.

Être invité au camp national, réunissant le gratin du basket français U15

Puis, au terme d’une semaine de stage, les 30 meilleurs jeunes potentiels âgés de 14 ans sont convoqués au camp national. Bon nombre de coachs de centres de formation y siègent en tribunes. Et ce, afin de repérer puis éventuellement recruter les jeunes qui seront ensuite recalés juste avant ou au terme des tests d’entrée au Centre Fédéral. Des internationaux français actuels, tels que Rudy Gobert ou encore Axel Bouteille, ont respectivement intégré le centre de formation de Cholet Basket et de l’Élan Chalon-sur-Saône de cette manière. D’ailleurs, ces deux structures font partie des cinq meilleurs centres de formation de clubs pros en France.

S’il est vrai que les joueurs ayant participé au camp national sont ceux qui ont le plus de chance d’intégrer le monde du basket professionnel plus tard, rien n’est acquis dans ce milieu comme dans la vie. Tout peut arriver. A cet âge là, la croissance et le développement physique ne sont pas terminés chez les athlètes. Un potentiel dominant et se reposant sur ses capacités physiques et athlétiques en équipe de jeunes peut complètement s’écrouler au moment d’affronter des adultes. A l’inverse, un jeune à la croissance tardive et aux meilleures qualités techniques peut éclore chez les pros quelques années plus tard.

Les autres alternatives pour intégrer un centre de formation

Il existe donc d’autres chemins pour intégrer un centre de formation. Les clubs professionnels de Pro A et de Pro B sont chaque année en quête de nouveaux jeunes joueurs. Et ce, pour alimenter à la fois leur équipe évoluant en U18, mais aussi dans le championnat de France Espoirs U21 (Pro A) ou Nationale 3 (Pro B).

1 – S’inscrire à des détections

Pour recruter, des journées de détection sont organisées. Ces dernières ont lieu en principe dans les infrastructures des clubs souhaitant recruter. Ou alors en région parisienne, où est présent un vivier important de joueurs. C’est l’un des quatre moyens les plus efficaces pour se faire repérer au basket.

2 – Effectuer une candidature spontanée

Des tests individuels ou collectifs peuvent également être mis en place à la suite de candidatures spontanées de jeunes athlètes âgés entre 14 et 20 ans, et qui souhaitent rejoindre un centre de formation.

3 – Faire partie de l’association sportive support du club pro

Les adolescents appartenant à la catégorie minimes France ou région de l’association support d’un club professionnel de Pro A ou de Pro B ont également plus facilement l’opportunité d’intégrer un centre de formation à partir de leur 15 ans.

Le cas spécifique des jeunes étrangers

Concernant les joueurs étrangers des championnats de France U18 et Espoirs, les JNFL (joueurs non formés localement, que cela soit les cotonous ou européens, sont souvent recrutés dans l’Hexagone par l’intermédiaire de leur agent/représentant respectif. Les centres de formation des clubs de Pro A en comptent de plus en plus. Ces joueurs apportent souvent une plus valu indéniable sportivement. Sur le plan financier, ils peuvent aussi rapporter beaucoup d’argent en cas de sélection à la draft NBA. Mais les coachs des centres de formations se déplacent également parfois eux-mêmes en Afrique et à travers l’Europe lors de camps ou autres événements afin de repérer des potentiels qui pourraient les intéresser.

Quid du niveau scolaire ?

Avoir des bonnes notes à l’école est important. La plupart des pensionnaires des centres de formation ne deviendront pas basketteur professionnel au plus au niveau. Il est donc primordial d’effectuer des études et d’obtenir un diplôme. De plus, les sportifs ne sont jamais à l’abri d’une grave blessure. Ce genre d’aléas de la vie est difficile à prévoir. Et peut mettre un terme à une carrière d’athlète de haut niveau… Avoir un plan B est une nécessité pour tous les jeunes qui rêvent de devenir une star du basket-ball.

Aussi, il faut avoir conscience qu’à niveau de jeu et potentiel égaux, deux candidats à l’intégration d’un centre de formation seront départagés sur le niveau scolaire dans la majorité des cas. L’école n’est donc nullement à dénigrer. Lors de l’étude des candidatures, les directeurs des centres de formation accordent une grande attention au double projet sportif et scolaire présenté par le jeune athlète.

Zoom sur une méthode de recrutement de Cholet Basket

Pour conclure cet article, on peut se pencher sur une méthode spécifique à succès de détection et de recrutement de Cholet Basket.

Pour engager bon nombre de ses joueurs anciens et actuels de son centre de formation, le club des Mauges s’appuie sur son camp d’été de deux façons. Premièrement pour tester en Métropole les pépites que les dirigeants du centre de formation sont allées dégoter dans la France d’outre-mer (principalement en Martinique, Guyane, Guadeloupe). Et deuxièmement pour scruter des participants autres qui pourraient les intéresser.

Même si tous les talents recrutés par la formation choletaise n’ont pas forcément participé aux stages estivaux du club comme Rodrigue Beaubois ou Mickaël Gelabale, on remarquera que Nando De Colo, Kévin Séraphin mais aussi Christophe Léonard y ont quant à eux pris part.

On notera que Cholet Basket n’est pas le seul club LNB à posséder son propre camp d’été. Participer à ce genre de manifestation organisée par un club de basket professionnel peut également être une opportunité pour un jeune souhaitant être exposé dans l’objectif d’intégrer un centre de formation.