L’intérieur américain du Paris Basketball raconte son parcours et sa nouvelle vie depuis son arrivée dans le club de la capitale française en 2018.

Peux-tu te présenter ?
Dustin Sleva : Je m’appelle Dustin Sleva et je viens de Pittsburgh en Pennsylvanie.

Quand et où as-tu commencé à jouer au basket ?
Dustin Sleva : J’ai commencé à jouer au basket l’âge de quatre ans. Mon père a été celui qui m’a fait débuter.

Peux-tu nous parler un peu plus de ton parcours jusqu’à présent ?
Dustin Sleva : Mon parcours dans le basket est vraiment différent de beaucoup de joueurs professionnels. J’ai percé sur le tard et ai pris 10 centimètres durant ma deuxième année à l’université. Je n’étais pas une grande recrue au lycée et je crois que ça m’a aidé à développer un meilleur ensemble de compétences lorsque je suis devenu plus costaud et plus athlète plus tard dans la vie. Ensuite, je suis devenu le meilleur rebondeur et scoreur de tous les temps de l’Université Shippensburg avant d’atterrir à Paris.

En venant d’une école de deuxième division à l’Université, à quel point a t’il été difficile de trouver un contrat en Europe ?
Dustin Sleva : Venir de Division 2 est plus difficile pour les joueurs souhaitant devenir pro parce que vous serez toujours considéré comme moins bien que des joueurs de première division. Mais il y a tellement de grands joueurs qui sont allés en Europe ou en NBA et qui ont réussi. Nous avons dû faire plus avec moins de ressources, ce qui est un avantage en venant en Europe car les joueurs de D2 ne se font pas chouchouter autant que les joueurs de D1. Si vous devenez All-American au niveau de la division 2, il est beaucoup plus facile de trouver un chemin vers l’Europe. Mais beaucoup de gars sont négligés par rapport à des joueurs de D1 moyens.

Comment décrirais-tu ton jeu ? Quelles sont tes principales forces sur le terrain ?
Dustin Sleva : Mon jeu est un mix entre du jeu intérieur et extérieur. Je suis fier de mon jeu de jambes, en particulier au poste. Et je vis sur les « jumphooks », que je répète religieusement à l’entraînement. Shooter à trois-points est aussi très important dans mon jeu. Ce sont les deux aspects incontournables de mon jeu. Je me considère comme un basketteur plutôt que de me restreindre à un poste de jeu. J’essaye de tout bien faire. Je crois que je me suis également amélioré pour attaquer le panier.

En tant que joueur étranger, rester plus de deux saisons consécutives avec la même équipe en Europe est quelque chose de très rare. Encore plus en étant un américain et un rookie. Comment peux-tu expliquer que tu portes toujours le maillot de la même équipe trois ans plus tard ?
Dustin Sleva : Rester dans le même club pendant trois ans est un grand signe de mon caractère et de mon éthique de travail. Tous les jours, je viens tôt et pars tard pour shooter, m’entraîner et travailler avec les jeunes gars. J’apprécie le « grind » et j’aime aussi enseigner le basket-ball. Cela me procure beaucoup de joie de voir un joueur améliorer certaines choses que je lui apprends.

Quel est votre point de vue sur ce mode de vie consistant à changer de domicile presque chaque année en tant qu’athlète professionnel ?
Dustin Sleva : Je suis habitué au style de vie maintenant. C’est un peu comme aller à l’université et revenir l’été, même si vous voyez moins votre famille en étant professionnel à l’étranger. C’est la partie la plus difficile pour moi qui vient d’une grande famille avec quatre petits frères et sœurs. Mais cela me fait apprécier les moments que je passe avec eux en été.

Il y a deux équipes engagées en Jeep Elite et en Eurocup en région parisienne : Nanterre et Levallois. Es-tu allé voir quelques matchs là-bas ? Es-tu un grand fan de la balle orange quand tu ne joues pas sur le terrain ?
Dustin Sleva : Je dirais que je suis fan de basket en dehors de quand je joue. Je crois que j’ai vu un match. C’est difficile parfois de regarder beaucoup de basket-ball en direct avec notre calendrier. Mais j’adore regarder les highlights des joueurs de ma taille et de mon poste de jeu à des niveaux plus élevés pour essayer de prendre un petit peu de tout le monde.

As-tu analysé les aspects de ton jeu que tu dois travailler pour signer avec une équipe évoluant au niveau supérieur ?
Dustin Sleva : Ma main gauche et ma défense en un contre un sont les plus gros aspects de ma progression. J’ai une main gauche décente mais je reste bloqué en utilisant ma droite parce que c’est celle avec laquelle je suis le plus à l’aise. Je m’entraîne sur les finitions et les hooks avec ma main gauche. Je suis devenu un peu obsédé par mon alimentation, mon sommeil et ma routine quotidienne pour maximiser mon niveau de forme physique, ce qui améliorera mes capacités défensives.

« Tous les jours, je viens tôt et pars tard pour shooter, m’entraîner et travailler avec les jeunes gars » Dustin Sleva

Florian Leopold (3) - Saint-Chamond

Quelles sont tes ambitions quant à ta carrière de basketteur à l’étranger ? As-tu réalisé un plan de carrière avec ton agent et ta famille ?
Dustin Sleva : Mes ambitions sont de jouer au plus haut niveau. Je n’ai pas de plan direct pour cet objectif, mais j’ai de petits objectifs quotidiens et de saison que j’accomplis. Je mets la récompense dans l’effort et non dans le résultat.

Paris Basketball possède deux prospects NBA dans son effectif : Juhann Begarin et Ismael Kamagate. Que penses-tu à propos d’eux en tant que coéquipiers et par rapport à leur progression depuis l’année dernière ?
Dustin Sleva : La progression de Juhann et d’Ismael de la première à la deuxième année a été incroyable à regarder. Le staff a fait un super travail avec eux durant l’été. J’adore travailler avec Ismael après l’entraînement sur différents mouvements au poste et son hook shot. Les deux seront de grands joueurs.

Paris est connu comme étant l’une des plus belles villes au Monde. Est-ce que es d’accord avec cette affirmation ? Aussi, quels sont tes endroits favoris pour te balader, manger et tout simplement apprécier la vie dans la ville des Lumières ?
Dustin Sleva : Paris est magnifique. J’adore le 18ème arrondissement et me promener autour du Sacré Coeur. Une de mes activités préférées est de marcher ou de faire du vélo autour de Paris et de ses magnifiques parcs.

As-tu pris le temps de visiter d’autres villes ou pays en Europe ?
Dustin Sleva : J’ai été en Espagne, en Belgique, en Angleterre et au Liban, même ce n’est pas situé dans l’Union Européenne. Je suppose que la Grande-Bretagne n’en fait pas partie non plus maintenant.

Pour conclure, as-tu quelque chose d’autre à dire à tes fans et aux personnes qui vont lire cette interview ?
Dustin Sleva : Alors, en ce moment j’apprends le français. C’était l’un de mes objectifs pendant le covid d’apprendre à parler français. Maintenant, je peux tenir une conversation pendant environ 20 minutes. J’y travaille 2 à 3 heures par jour. Je fais aussi un peu de travail en tant que stagiaire pour une entreprise de marketing sportif, pour essayer et acquérir de l’expérience dans ce domaine tout en jouant au basket à l’étranger. J’adore me tenir occupé, surtout quand le covid s’est produit parce que je peux me retrouver à m’ennuyer très vite sans grand chose à faire.