Interview réalisée par Alexandre Daumur-Smith.

Salut Matthieu, merci de l’intérêt que tu nous portes. C’est avec plaisir que nous acceptons de travailler avec toi suite à ta demande.
Salut, merci à vous.

Peux-tu rapidement te présenter pour nos lecteurs qui ne te connaitraient pas ?
Matthieu Missonnier, 17 ans, né à Chalon sur Saone et a grandi à Macon, basketteur pour la 8eme année!

Tu commences le basket assez jeune, en poussin, dans un petit club aux alentours de Macon. Pour le choix de ce sport plutôt qu’un autre ?
Le basket n’est pas une histoire de famille, mon père était handballeur et ma mère danseuse. Je me suis initié à plusieurs sports comme le foot, le rugby et le tennis auparavant.. Je changeais donc régulièrement et c’est par hasard que j’ai eu envie de faire du basket, suite à un match vu à la télé des États-Unis, forcément ça donne envie.. Puis j’ai tout de suite accroché !

Très rapidement, tu changes de club pour te diriger vers le plus gros club de Macon. Tu joueras en benjamin région, minime France et cadet France. Toujours au meilleur niveau possible dans chaque catégorie. Comment se sont passées tes années « jeunes » au sein de ce club ? Tes meilleurs souvenirs ? Tes moins bons ?
Mes années jeunes à Prissé ont été vraiment enrichissantes.. J’ai refusé l’entrée au pôle espoir de Bourgogne, ce qui ne m’a forcément aidé pour les sélections etc, mais je savais que je travaillais bien dans mon club et que ça me serait bénéfique au final.. Mes 4 années de minimes et cadets ont été importantes, toutes avec un même coach qui m’a beaucoup apporté! Mes meilleurs souvenirs et les pires ont été sur une même saison, la dernière de cadet, où nous sommes aux portes du final four mais nous perdons à la dernière seconde d’un petit point.. Ce fut une année déterminante qui m’a beaucoup fait grandir!

Après les cadets France, tu intègres très vite le groupe de la Nationale 2. Tu es très jeune, comment s’est passé ton intégration dans un groupe plus professionnel, plus mature et plus âgé que celui des cadets ?
Mon intégration a été assez facile, puisque j’avais déjà fait une dizaine de matchs avec eux pendant ma dernière année cadet. De plus, l’équipe était en pleine reconstruction, dont je faisais partie. Tout de suite, les plus âgés m’ont pris sous leur aile et m’ont énormément apporté. Bien sûr, il y a eu des moments difficiles au début car ils te font connaître le métier et sont parfois durs, mais c’est là que nous voyons si nous sommes réellement déterminés.

Comment décrirais-tu le championnat de NM2 ? Quel a été le joueur que tu as rencontré qui t’a le plus impressionné ?
Le championnat de N2 est vraiment sous évalué je pense.. Énormément d’anciens pros y évoluent, c’est vraiment intéressant. On y gagne beaucoup en maturité, il faut être malin et ne pas se laisser prendre par le jeu des anciens qui essaient de te sortir de ton match! J’ai eu droit à quelques “tacles” verbales parfois dont je rigole maintenant! Les ambiances sont incroyables, c’est une atmosphère à part, c’est vraiment chaud. Un joueur qui m’a marqué, il y en a beaucoup, je vais donc rester sur mes coéquipiers. Je dirais Julien Doreau, ancien pro qui m’a beaucoup apporté en termes de maturité et de mental, et Alan-Michael Thompson qui était notre meilleur joueur.

Après plusieurs années dans cette association sportive, tu en retiens quoi ? Choisis 3 mots pour définir ce club selon toi ?
Familial est celui qui le défini parfaitement, je dirais en suite fidèle par rapport au public et enfin respectueux par rapport au choix de mon départ.

Pour la saison qui arrive, direction Chalon-sur-Saône en Espoir Pro A et Pro A. Pourquoi le choix de ce club professionnel plutôt qu’un autre ? Pour la proximité ?
J’avais plusieurs propositions, mais Chalon était la meilleure selon moi, d’une part effectivement car il y a cette proximité, et aussi car je suis natif de cette ville comme je l’ai dit plus haut. C’est donc une belle histoire de revenir jouer à 800 mètres de là où nous sommes nés.. Les supporters et dirigeants ont d’ailleurs porté une attention particulière à ce détail, c’est touchant! Et puis c’est une école de basket vraiment reconnue avec un palmarès jeune et de belles infrastructures, il y a de belles valeurs de vie!

Tu vas alors découvrir la catégorie Espoir. Tu en attends quoi de plus que la Nationale 2 ?
Le jeu entre N2 et espoir est totalement différent, les impacts sont moins importants, il n’y a pas ce côté roublard mais ça va vite, la dimension athlétique est plus importante je pense. Je suis venu ici avec des objectifs bien précis!

D’après toi, comment vont se passer tes premières minutes en Pro A ?
Elles vont se passer comme mes premières minutes en N2, à une échelle différente, mais ce sera la même adrénaline, je sais comment gérer ça désormais. Je travaille et j’attends de saisir ma chance!

Le coach de l’effectif professionnel est bien connu dans l’Hexagone, puisqu’il s’agit de Jean-Denys Choulet. Ancien coach de Roanne avec qui il fut champion de France notamment. Il est réputé pour être un coach plutôt offensif, on se rappelle de ses systèmes pour envoyer Marc Salyers en finission alley oop, ainsi qu’un coach assez dur avec ses joueurs. Comment se sont passés tes premiers contacts avec lui ? Comment le définirais-tu ?
Beaucoup de gens m’ont parlé de lui effectivement comme quelqu’un de très droit, ce qui est le cas. Il sait ce qu’il veut et a une certaine prestance, mais il est également ouvert, on peut facilement échanger. Pour le moment, je n’ai pas encore eu droit à son côté plus dur avec les joueurs, peut être qu’il me laisse un temps d’adaptation avant de me piquer ahah !

Tu te sens à l’aise dans ce club ?
Je suis parfaitement à l’aise oui, les joueurs en espoirs comme en pro sont vraiment agréables, les dirigeants aussi, il y a de belles valeurs de famille et de politesse, et les supporters sont proches de nous, c’est bien de pouvoir échanger avec eux! Je pensais perdre ça en partant de Prissé pour un club pro, mais pas du tout!

Quelles sont tes relations avec les équipes de France jeunes ?
Mon refus du pôle m’a vite écarté de ces sélections, mais bien sûr que ça a toujours été dans un coin de ma tête comme source de motivation. Rentrer dans un centre comme celui de l’élan me permettra peut être de renouer avec, ça fait partie de mes objectifs!

6 ans que tu participes au Kameet Basketball Camp, c’est beaucoup. Pourquoi ce camp ? Tu peux nous en parler ?
Ce camp est beaucoup plus qu’une semaine que je fais comme ça l’été pour m’entraîner. C’est vraiment une manière de penser  basket. Cette motivation, cette détermination que j’ai, viens principalement de ce camp. Vincent MBassi, le coach personnel du camp, arrive à trouver les mots pour te transmettre cet amour du basket qu’il a. Il faut le voir pour comprendre ce qu’il se passe là bas. C’est une véritable usine à champions, il sort constamment des joueurs élites, en NBA, à l’INSEP, Pro A, partout.

Tu as participé au Charity Game à Bordeaux. Tu nous en parles ? Quels joueurs étaient présents ?
Ce Charity game day était quelque chose de super! Un match de gala organisé par Boris Diaw pour son association! Être le coéquipier de Nico Batum, Ali Traoré, etc.. le temps d’un match, c’est toujours des bons moments!

Comment tu vois ton avenir dans ce sport ?
A quel niveau je le vois, seul l’avenir nous le dira, mais je souhaite vivre cette carrière pleinement, qu’elle puisse enrichir ma vie d’une manière globale. Je veux partager le plus possible, et vivre des moments forts. C’est ce pourquoi chaque jeune pratique ce sport!

Les études comment ca se passe ? Tu en es où ?
J’ai décroché mon bac ES cette année, et pour cette nouvelle saison j’ai décidé de me consacrer une année spécialement au basket puisque les joueurs de mon âge à Chalon passent leur bac seulement cette année avec le centre de formation. On verra par la suite quand est ce que je reprendrai!

Ton pronostic pour l’Equipe de France A lors de cet Euro à domicile ?
Je ne vois rien d’autre que la plus haute place du podium!

Récemment, Toni Kukoc a raconté la fois où Phil Jackson lui a confié le potentiel tir de la victoire alors que Michael Jordan n’était pas présent sur ce match. Scottie Pippen a refusé de jouer sur la fin, il a dit que c’était lui qui devait prendre ce tir en l’absence de Jordan. Tu en penses quoi de ce comportement ?
Je ne comprendrai jamais ce genre de comportement. Certes, une superstar telle que Scottie veut prendre ses responsabilités en l’absence de MJ, mais c’est un manque de respect total envers Kukoc et ne lui donne aucune confiance dans ce type de moments chauds.. Il faut savoir accepter une décision du coach pour le bien de l’équipe parfois, c’est ça aussi être un champion.

Il y a peut être 3 ou 4 ans, l’INSEP a donné une conférence en se posant la question de si le basket était un sport individuel très collectif ou alors un sport collectif très individuel. D’après toi ?
Deuxième option selon moi.. Le basket est tout d’abord un sport collectif auquel s’ajoutent des individualités. C’est en effet le sport collectif qui laisse le plus de créativité aux joueurs, c’est les individualités qui subliment ce sport mais la preuve reste que sur les dernières années, ce sont les équipes qui ont remporté les championnats (San Antonio et Golden State), des clubs aux fortes qualités individuelles mais qui étaient avant tout une équipe.

Space Jam 2 avec LeBron James, content ou déçu ?
Déçu! Space Jam, c’est Jordan , personne d’autre.. C’est une erreur je pense d’en faire un autre, ça perd de son mythe! LeBron n’est pas assez charismatique que Michael.

Tes modèles dans la vie quotidienne ? Dans le basketball ?
Dans la vie de tous les jours, c’est sans aucun doute ma mère, c’est elle qui me transmet toutes les valeurs que je porte. Sur le terrain, c’est Kobe Bryant, son éthique de travail et son mental doivent être une source d’inspiration pour tout le monde.

Quelques une de tes paires de chaussures préférées hors et en dehors du terrain ?
Ahah les chaussures! Un de mes pêchers mignons! A porter tous les jours, les incontournables sont les Jordan 3 et les Jordan 11. Ensuite sur le terrain, les Kobe 6 sont mes préférées, impossible d’en retrouver malheureusement!

Si tu as le choix entre partir aux USA ou dans un pays de l’Est pour le basket, tu choisis quelle formation et pourquoi ?
Mon choix serait de rester en Europe. Jouer en Grèce, Serbie ou encore Russie est beaucoup plus excitant selon moi que les États Unis car les ambiances sont juste dingues. Il n’y a rien de plus fort que de jouer avec des publics aussi déchainés! En NBA c’est différent, le mode et ses condition de vie sont forcément attirants mais au niveau basket je choisi l’Europe.

Une de tes citations préférées ? Quelle soit en rapport avec le sport ou non.
J’en ai deux qui m’ont marqué oui… “Don’t fight the hype” qui est d’ailleurs une citation que je me suis faite tatouer, c’est Vincent MBassi, coach à Kameet qui me l’a transmise, qui signifie qu’il ne faut pas combattre cette folie, cet amour pour le jeu, mais au contraire se laisser guider par celle ci.. Et la deuxième “the only limit Is the one you set yourself” … Elle me permet de toujours rêver plus grand!

Si tu souhaites remercier des personnes, ou encore faire passer un message tu peux le faire ici.
Pour finir, je vais donc remercier mes 3 coachs, Alexis Sangouard de minimes et cadets, ainsi que Vincent MBassi, puis pour finir David Thevenon qui m’a donné une confiance incroyable en N2 et m’a laissé m’exprimer. Enfin, je remercie ma mère pour être constamment derrière moi!