La vie d’un basketteur pro dans un club ne ressemble rarement à un long fleuve tranquille. Entre la distance le séparant de sa famille, une dizaine de coéquipiers avec qui partager le ballon ainsi qu’une vie de groupe par forcément souhaitée, en plus d’un staff technique et médical donnant des consignes au quotidien, un sportif peut parfois dévier de ses obligations.

Lors de la signature de son contrat avec une équipe professionnelle, l’athlète s’engage à respecter un certain nombre de règles inscrites dans le règlement intérieur de son nouvel employeur, mais aussi dans les règlements de la compétition au sein de laquelle il s’apprête à évoluer.

Parmi les règles les plus populaires, on retrouve le respect des autres, coéquipiers et adversaires notamment, l’obligation d’être ponctuel lors d’un rendez-vous organisé par l’employeur et ses partenaires, ou encore la nécessité d’être en forme physique pour disputer les matchs.

Dans la plupart des championnats et des contrats, le non-respect des règlements prévoit logiquement des sanctions. Il existe différents types de sanction dans l’univers du basket. La plus répandue est une amende financière. Celle-ci peut être est appliquée par le club pour une arrivée tardive à l’entraînement ou bien à un point de rendez-vous par exemple, notamment à l’occasion d’un départ en groupe pour effectuer un déplacement à l’extérieur.

En NBA, aux États-Unis, les sanctions financières connues du grand public ont le plus fréquemment lieu lorsque des brouilles mineures entre plusieurs acteurs (joueurs, entraîneurs, arbitres, public) ont lieu, et que le vocabulaire employé par ces individus n’est pas politiquement correct. Si elle est jugée critiquant, une déclaration d’un membre de la NBA dans les médias peut aussi mener au versement d’un gros chèque aux instances en guise de remontrance. Des excuses publiques sont aussi souvent exigées ou fortement recommandée pour tenter de faire oublier un mauvais comportement nuisant à l’image du sport.

En France, où les sportifs pro embauchés ont une obligation de moyen et non de résultat, les possibilités pour un club de pénaliser un joueur sont plus limitées que dans certains autres pays du Vieux Continent, notamment ceux de l’Europe de l’Est. Là-bas, les structures sportives n’hésitent pas à effectuer des retraits sur salaire en raison de résultats et performances jugés insuffisants par exemple. Ou encore à dégrader les conditions de vie de leurs joueurs.

« En tant que joueur, vous pouvez recevoir une amende si vous êtes en retard à l’entraînement ou à une réunion, ou si vous manquez un entraînement. La pire sanction que j’ai reçu était quand je jouais en Roumanie. On a perdu deux matchs consécutifs et le président nous a retiré 20% de nos salaires », confie Jeremi Booth, arrière américain.

« Quand j’ai joué dans l’Est de l’Europe, c’était difficile. C’est différent parce que tu n’es pas autant protégé là-bas. Tu y vas, tu signes un contrat, mais tu ne sais pas quand tu vas recevoir ton argent. Peut-être que tu vas perdre un match et ils vont prendre une partie de ton salaire. Ils peuvent aussi enlever les lumières dans ta maison parce que tu as eu un mauvais match. Ce sont des choses comme ça. », ajoute de son côté Terry Smith, l’actuel combo guard de Nantes en Pro B.

Vous l’aurez compris, certains dirigeants de club dans des championnats moins bien encadrés par la loi n’ont aucun scrupule lorsqu’il s’agit de malmener leurs salariés basketteurs. En agissant de cette manière, ils font tout pour les faire craquer mentalement et ainsi les persuader de partir d’eux-mêmes pour les remplacer à moindre prix.

Néanmoins, les dérives parviennent aussi parfois des joueurs. En fonction de la gravité des actes commis (propos irrespectueux, bagarre, séchage d’un évènement obligatoire, etc.), cela peut aller d’un simple rappel à l’ordre accompagné ou non d’une suspension sans salaire, à une mise à pieds menant le plus souvent à un licenciement. Dans la plupart des cas, la seconde option est appliquée si l’athlète venait à ne pas présenter d’excuse pour son comportement nuisible pour le groupe, et à être récidiviste en n’ayant pas assimilé les règles. S’il s’agit d’un élément majeur dans une équipe, il peut effectivement être très difficile de lui trouver un remplaçant de même calibre au niveau sportif en un claquement de doigts, le tout sans bouleverser la hiérarchie mise en place.