On constate que la majorité de ces anciens basketteurs évoluaient au poste stratégique de meneur de jeu. Basket-BallWorld fait le point sur les meilleurs d’entre eux. Voici 5 basketteurs stars reconvertis en coach :
Steve Nash
Double MVP de la saison régulière NBA, Steve Nash a livré de grandes batailles en playoffs avec notre français Tony Parker. A l’époque, l’un évoluant avec les Phoenix Suns. Et l’autre avec les San Antonio Spurs. Doté d’un QI basket élevé, Nash était un fantastique passeur. Il compensait son physique de Monsieur tout le monde avec une vision de jeu et une qualité de passe nettement au dessus de la moyenne. L’ancien relai de l’entraîneur Mike D’Antoni a particulièrement bien réussi sa reconversion professionnelle. Il fait partie de ces basketteurs stars reconvertis en coach.
Jason Kidd
Invaincu à chaque fois qu’il a porté le maillot de l’équipe nationale américaine, Jason Kidd est une légende du basket US. En NBA, cet ancien meneur de jeu reconverti en coach a fait parler sa science du jeu. Intronisé au Hall of Fame, Kidd a été sacré champion NBA avec Dallas en 2011. Il en est désormais l’entraîneur principal. Au cours de sa carrière de joueur, il a également été 10 fois All-Star. Cet ancien spécialiste du triple-double a aussi terminé meilleur passeur du championnat à cinq reprises. Contrairement à Russell Westbrook, il faisait gagner des matchs à son équipe grâce à son altruisme. Quelque soit son rôle, Jason Kidd dispose d’une vision du basket extraordinaire. Fin stratège, il possède toujours un coup d’avance.
Chauncey Billups
Après une première expérience en tant qu’assistant coach sur le banc des Los Angeles Clippers, Chauncey Billups est devenu l’an dernier l’entraîneur principal des TrailBlazers. L’ancienne vedette des Detroit Pistons, avec qui il a été sacré champion NBA et MVP des Finals en 2004, a rapidement gravi les échelons dans cette industrie. A défaut d’y avoir fait ses preuves sur la durée… Cette année, Portland éprouve des difficultés à remporter des matchs. La star de son équipe, Damian Lillard, connaît une baisse au niveau de ses statistiques. Il faut dire que l’égérie d’Adidas est diminuée physiquement. Difficile donc pour elle d’évoluer à son meilleur niveau… et pour Billups de tirer un premier bilan positif de son expérience en tant que coach. Son avenir en tant qu’entraîneur dans la Grande Ligue ne semble néanmoins pas compromis.
Steve Kerr
Steve Kerr n’était pas vraiment une vedette en tant que basketteur NBA. Mais plutôt un joueur de devoir et redoutable shooteur à trois-points. Néanmoins, il a soulevé trois trophées de champion avec les Chicago Bulls. Puis deux autres avec les San Antonio Spurs… Avant de remporter le titre à trois reprises en tant qu’entraîneur principal des Golden State Warriors. Cet ancien coéquipier de Michael Jordan est l’un des coachs du moment le plus couronné de succès. A partir de l’été 2022, il va succéder au légendaire Gregg Popovich à la tête de Team USA.
Šarūnas Jasikevičius
Traversons l’Océan Atlantique qui sépare les États-Unis de l’Europe. Après avoir réalisé des exploits avec le Zalgiris Kaunas, permettant au club lituanien d’accéder au Final Four de l’Euroleague malgré un budget moindre comparé aux écuries les plus puissantes de la compétition, Jasikevičius a cédé aux avances du FC Barcelone. L’institution catalane n’est pas une destination inconnue pour ce basketteur légendaire. Il y a effectivement évolué en tant que joueur pendant trois saisons. Le temps de remporter deux fois le championnat d’Espagne. Ainsi que l’Euroleague à une reprise ! Son ambition désormais est de rééditer une telle performance. Et ce, en étant le décisionnaire de l’équipe depuis le banc de touche.
Quand les stars raccrochent les baskets pour prendre le tableau : cinq reconversions marquantes
Passer du statut de superstar adulée à celui d'entraîneur exigeant n'a rien d'évident. Sur le parquet, on compte sur son talent individuel ; sur le banc, il faut savoir transmettre, gérer des ego, construire un collectif et encaisser la pression des résultats. Beaucoup de très grands joueurs ont échoué dans l'exercice, incapables d'accepter que leurs protégés ne soient pas aussi doués qu'eux. D'autres, au contraire, ont réussi une seconde carrière brillante. Voici cinq stars de la NBA qui ont franchi le pas, avec des fortunes très diverses.
1. Bill Russell, le pionnier joueur-entraîneur
Impossible de commencer ailleurs. Bill Russell, pivot légendaire des Boston Celtics et onze fois champion NBA, a été le premier grand entraîneur afro-américain de l'histoire de la ligue. À partir de 1966, il cumule les deux casquettes : joueur et entraîneur en chef des Celtics, une prouesse impensable aujourd'hui. Sous sa double direction, Boston remporte deux titres supplémentaires (1968 et 1969). Russell a ainsi prouvé qu'un immense compétiteur pouvait aussi diriger un vestiaire tout en restant sur le terrain. Sa reconversion dépasse le simple cadre sportif : elle a une portée historique et symbolique majeure dans l'Amérique des droits civiques.
2. Larry Bird, du MVP au Coach of the Year
Larry Bird est l'une des rares légendes à avoir tout réussi : joueur, dirigeant et entraîneur. Triple champion et triple MVP avec les Boston Celtics dans les années 1980, « Larry Legend » prend en 1997 les rênes des Indiana Pacers, sa franchise de cœur régionale. Le résultat est immédiat : il mène l'équipe jusqu'à la finale de conférence Est dès sa première saison, puis en finale NBA en 2000, et surtout il est élu Coach of the Year en 1998. Bird devient ainsi le seul homme de l'histoire à avoir été à la fois MVP, Coach of the Year et Executive of the Year. Une reconversion aussi brève que fulgurante, puisqu'il quitte le banc après seulement trois saisons, fidèle à sa promesse.
3. Jason Kidd, le meneur devenu stratège
Meneur de génie, dix fois All-Star et champion NBA en 2011 avec les Dallas Mavericks, Jason Kidd s'est reconverti presque immédiatement après sa retraite de joueur en 2013. Nommé coach des Brooklyn Nets sans aucune expérience, il rebondit ensuite aux Milwaukee Bucks, où il pose les bases de la culture qui mènera plus tard la franchise au titre. Assistant lors du sacre des Los Angeles Lakers en 2020, il revient à Dallas comme entraîneur en chef en 2021 et emmène les Mavericks jusqu'en finale NBA en 2024. Sa vision du jeu, héritée de son intelligence de meneur, en fait l'un des techniciens les plus respectés de sa génération.
4. Steve Nash, le double MVP au banc de touche
Double MVP de la saison régulière avec les Phoenix Suns, magicien de la passe et architecte du « Seven Seconds or Less », Steve Nash a surpris tout le monde en 2020 en acceptant de diriger les Brooklyn Nets, alors bardés de superstars, sans la moindre expérience de coaching. L'aventure fut compliquée : blessures, départs et tensions internes ont eu raison de son projet, et il fut remercié en 2022. Sa reconversion illustre la difficulté de passer directement du statut d'icône à celui d'entraîneur en chef d'un vestiaire d'egos, sans avoir gravi les échelons. Un rappel que le génie du jeu ne se transmet pas toujours facilement depuis le banc.
5. Chauncey Billups, « Mr. Big Shot » sur le banc
Meneur au sang-froid légendaire, Chauncey Billups a été élu MVP des finales 2004 lors du sacre historique des Detroit Pistons face aux Lakers. Cinq fois All-Star, il incarnait le leadership et la maîtrise dans les moments chauds. Après une transition par la télévision et un poste d'assistant, il devient en 2021 entraîneur en chef des Portland Trail Blazers. Chargé d'accompagner la reconstruction et la formation des jeunes talents de la franchise, il applique la même exigence mentale qui faisait sa force de joueur. Sa reconversion illustre une nouvelle génération d'anciennes stars qui misent sur la pédagogie et la relation humaine plutôt que sur la seule aura.
Réussir sa reconversion : un art à part entière
Ces cinq trajectoires montrent qu'il n'existe pas de recette unique. Certains, comme Bill Russell ou Larry Bird, ont réussi grâce à un charisme et une intelligence de jeu hors du commun. D'autres, comme Steve Nash, ont buté sur la dure réalité du management. Plusieurs constantes se dégagent pourtant. Les meneurs de jeu réussissent souvent mieux la transition que les autres postes : habitués à lire le jeu, à diriger leurs coéquipiers et à prendre des décisions sous pression, ils possèdent déjà une part du logiciel d'un entraîneur. Doc Rivers, Tyronn Lue ou encore Isiah Thomas confirment cette tendance, la fonction de meneur constituant une véritable pépinière de futurs coachs.
De la gloire individuelle au projet collectif
Le principal défi reste psychologique. Une superstar a construit sa carrière sur ses performances personnelles ; un entraîneur doit s'effacer pour mettre en valeur les autres. Accepter que ses joueurs ne réussissent pas ce qui lui semblait si naturel, apprendre la patience, déléguer, bâtir un staff : autant de compétences nouvelles à acquérir. Dans une ligue où les New York Knicks viennent de décrocher le titre 2026 grâce à une alchimie collective remarquable, l'importance du coaching n'a jamais été aussi évidente. Les anciennes gloires qui embrassent cette carrière rappellent que le basket est un sport de transmission, où le talent d'hier peut, s'il sait se réinventer, façonner les champions de demain.